Billets de Forums

Changer de république : Pourquoi ?

01 Mai 2010

Dans la ligne de mes posts précédents sur  l’intérêt ou non d’une nouvelle constitution et sur la prétendue inculture politique des gasy, j’ai trouvé intéressant de publier cet échange tiré d’une mailing list restreinte … les noms de Sahondra R et Maurice B. ont été masqués, vu que je ne leur pas (oh honte ! ) demandé leur avis avant publication …

Quant à moi,, je l’ai dit : par principe je suis opposé à l’idée d’une nouvelle constitution sparadrap … 4 présidents élus (Tsiranana, Ratsiraka, Zafy, Ravalomanana) et 4 constitutions : Ca va aller, là .!!! ..  faut arrêter de croire que le problème sera résolu par un texte à la mords-moi-le-noeud pondu en 3 réunions et 4 colloques …

From: sahondra.r
Subject: Pensées- Changer de République: Pourquoi?
Date: Sun, 25 Apr 2010 11:16:05 +0300

Je suis depuis le début laissée perplexe par la légèreté avec laquelle certains ont auto-proclamé et d’autres ont ratifié l’idée d’une 4ème République à Madagascar.  Car changer de Constitution ne veut pas forcément dire changer de République.  Serait-ce le désir de se démarquer dans l’histoire : le couronnement triomphal (« crowning achievement ») de sa révolution ? Ou serait-ce le désir de battre un autre record mondial (il y en a de bons comme de mauvais) : la France n’étant qu’à sa 5ème République après 221 ans, nous à notre 4ème en 50.

J’ai été élève au Collège Saint Antoine où je n’ai rien appris de l’histoire de France, ni d’ailleurs –Révolution oblige— de l’histoire de Madagascar. Mais mon tome de Droit Constitutionnel me dit que la France a remplacé sa Constitution 17 fois depuis 1789 en contraste avec les USA qui ont quasiment le même texte depuis 1787, avec comme modifications (à tire d’exemples) l’abolition de l’esclavage et de l’apartheid à l’américaine (ségrégation), le droit de vote des non-blancs, et des femmes…  Durant la première République française (1791 à 1848), à elle seule, la Constitution a changé 7 fois pour accommoder entre autres la Terreur, le 1er Empire (Napoléon Bonaparte) et la Restauration de la Monarchie (Louis XVIII, Charles X et Louis Philippe).

Je lis ce tome parce que j’essaie de comprendre quels ingrédients sont nécessaires à la création d’une nouvelle République.  Car, de ce qui précède, de la Terreur à l’Empire à la Monarchie Restaurée, il me semblerait y avoir des changements constitutionnels majeurs mais pas de nouvelle République. Je vous épargnerai les détails mais il semblerait que le parcours constitutionnel français est caractérisée par la ténacité de la tension entre la souveraineté du peuple (représentée par l’Assemblée Nationale) et le pouvoir du Monarque ou Empereur ou Président absolu.  Par conséquent, toute nouvelle République en france, grosso modo, correspondait au « triomphe » de l’un ou de l’autre, souvent après une sorte de « révolution », avec les périodes les plus stables correspondant à l’Exécutif fort (Second Empire- l’autre Bonaparte et 5è République).

Après tout, la révolution de 1789 a renversé 600 ans de monarchie française, progressivement centralisée, très fortement hiérarchisée et déjà très bureaucratique [2ème découverte ! Le Conseil du Roi était composé du Conseil des parties (l’ancêtre de la Cour de Cassation), le Conseil des finances (dont la Cour des Comptes est successeur) et le Conseil d’en Haut et le Conseil de dépêches (qui jouaient le rôle du Conseil d’Etat et du Conseil des Ministres d’aujourd’hui)]…  Cette monarchie, assistée de 130 000 membres du clergé et 400 000 personnes de la noblesse régnait sur un tiers état de 23, 5 millions de français (97 à 98% de la population).  Il leur a fallu jusqu’en 1958 pour trouver l’équilibre (plus ou moins) entre la démocratie représentative et un pouvoir exécutif fort.

Inutile de vous dire que j’espère qu’il ne nous faudra pas aussi 169 ans pour trouver le juste milieu.  Nous n’avons pas le luxe de la France, avec une économie robuste où, péripéties politiques à part, la machine administrative et le marché fonctionnaient, et le pays était fort prospère. Mais il est important de constater que trouver le juste milieu prend du temps, de la pratique et de la réflexion.

Nous sommes à notre 3ème République.  La première (1960 à 1975) accompagne un pays nouvellement indépendant qui cherche à donner à ses citoyens ce que la colonisation privait aux « indigènes », sans pour autant réussissant à se démarquer juridiquement comme politiquement de son ancien maître.  La Deuxième République coïncide avec la guerre froide et le non-alignement, et comme beaucoup, à l’exception notable de Maurice, préconise le parti unique et la nationalisation de la production.  La 3ème République voit le jour en 1992, et encore (suivant les temps) introduit le multi-partisme électoral, des élections rapidement maîtrisées par ceux au pouvoir et (au moins sur papier) la séparation des pouvoirs.  Maintenant, en 2010, la nôtre n’est point la seule démocratie qui s’écroule, et les thèmes à la mode sont la faiblesse des institutions, l’organisation des élections par des corps indépendants, la lutte contre la corruption et la recherche de la bonne gouvernance.

Personnellement les amis, je ne crois guère en une 4ème République dans l’immédiat, et encore moins si elle est, soit fédéraliste, soit monarchiste, soit mise en place par une assemblée constituante souveraine dans l’espace de quelques semaines.  Certes, notre Constitution actuelle mérite d’être modifiée (pour dé-concentrer et dé-personnaliser le pouvoir exécutif, par exemple) mais avant qu’il y ait refonte totale, j’aimerai que quelqu’un (anybody !!) me justifie une entièrement nouvelle république. Car une nouvelle république implique :

–            Soit changement majeur de l’organisation de l’Etat (Empire, Monarchie, Parlementaire, Présidentiel, Fédéraliste, Parti Unique)

–            Soit changement majeur de l’organisation de l’économie (communiste, socialiste, capitaliste asiatique, capitaliste libéral, protectionniste…)

–            Soit changement majeur des droits humains et civils des citoyens (suffrage censitaire (seuls les payeurs d’impôts votent), suffrage masculin, suffrage indirect….)

Changer l’une de ces trois rubriques impliquerait sans doute des changements aux deux autres.

Aussi française soit-elle, notre Constitution contient DEJA tous les ingrédients d’une démocratie républicaine solide, mais c’est dans son application « sur terrain » que nous avons failli.  Par ailleurs, et il faut le dire haut et fort, nous n’avons pas les moyens financiers comme humains de faire table rase du système juridico-administratif que nous connaissons depuis 100 ans et plus, pour créer quelque chose de radicalement nouveau.  Vous connaissez ma position : gardons mais améliorons la Constitution existante, entre autres, en

–            décentralisant efficacement le pouvoir ;

–            renforçant de manière significative (meaningfully) les institutions existantes ;

–            identifiant les lignes directrices de valeurs fondamentales et de droits individuels inaliénables sur lesquelles tout projet politique et socio-économique devra se conformer.

Telle est ma position.  Avant que la poudre vous soit à nouveau jeté aux yeux, quelle est la vôtre ?

Sahondra R.  25 avril 2010

De : B. Maurice
Envoyé : dimanche 25 avril 2010 21:04
Objet : RE: Pensées- Changer de République: Pourquoi?

Chère Sahondra,

Si vous me permettez cette familiarité, puisque nous ne nous connaissons pas !

Tout d’abord, merci pour les lumières « juridiques » que vous nous apportez. Je dois le reconnaître, je ne suis qu’un tout petit architecte, donc et fatalement, je n’y connais rien : les précisions que vous apportez sont importantes pour tous ceux qui s’intéressent à la vie publique et participent à la résolution de à ce que subit le pays.

Je ne veux pas marquer ici une susceptibilité de mauvais aloi, puisque je suis certainement un de ceux qui ont, en premier, parlé de 4ème république. Croyez-moi, nous ne l’avons pas « décidé » par légèreté, comme vous le pensez.

La constitution de la troisième république a été écrite, en son temps, pour être plus précis, en 1991, pour finaliser la lutte contre le pouvoir de l’amiral, avec comme souci d’éviter essentiellement que le président de notre pays puisse garder entre ses seules mains le maximum de pouvoir et rester longtemps à cette fonction. Je me souviens des discussions que nous avions eues à ce sujet et mon désappointement face à ce constat. Ainsi, depuis 1992, cette constitution a été « manipulée » par les pouvoirs successifs, elle a déjà subi trois référendums, pour qu’elle colle le plus à leurs désirs qu’à des soucis de trouver un texte qui correspondrait le mieux possible aux besoins de ce pays.

Cette constitution doit présenter des lacunes pour que de telles manipulations aient pu avoir lieu.

Ceci étant, je reconnais ma profonde méconnaissance des tomes de droit constitutionnel. Très sérieusement et naïvement, j’ai pensé que les changements que les malgaches semblent appeler de leurs vœux concernant la constitution de la 3ème devaient fatalement nous faire changer de république. Car faut-il le rappeler, notre troisième république a présenté des dysfonctionnements tels que, pour les incultes en droit constitutionnel comme je peux l’être, il est impensable de ne pas changer de république.

Vous en parlez vous-même, cela pourrait expliquer le changement de république; le plus grand sujet de débat concernant la future constitution concernera l’organisation de l’état. Je suis de ceux qui disent que le débat entre un état unitaire ou un état fédéral est mal posé. En effet, et seule ma réflexion m’a emmené à le penser puisque je n’ai rien lu de spécial à ce sujet, pour créer un état fédéral, il aurait fallu rassembler des états qui existaient auparavant. A moins de revenir à Madagascar au temps des royautés d’avant la volonté d’Andrianampoinimerina et la colonisation, je ne vois pas quels sont les états à fédérer. Pour moi, il s’agira de demander à ceux qui le réclament, ce que renferme vraiment cet « état fédéré » pour nous rendre compte qu’il s’agira de, comme vous l’écrivez si bien, décentraliser réellement et efficacement le pouvoir en, je fais du plagiat, renforçant de manière significative les institutions existantes.

Ceci dit, nous pensons que la nouvelle constitution doit faire l’objet d’un très large débat à travers tout le pays. N’oublions pas que de tas de récriminations et des frustrations, je l’ai déjà invoqué, ont accompagné le fonctionnement de la troisième république. Si nous voulons vraiment la stabilité politique définitive dans notre pays, on ne devrait pas louper cette occasion pour sortir un texte qui pourrait nous garantir une suite plus sereine pour notre pays. Est-ce que, ne serait-ce que psychologiquement, il n’est pas mieux pour tout le monde que nous repartions sur des bases qui sembleraient pour tous, nouvelles, même si dans le fond, elles n’auraient pas tellement changé ; pour moi, comme pour beaucoup de mes amis politiques, cette transition doit nous donner la possibilité de construire la nation malgache, car elle n’existe pas encore et de refonder la république, car elle est tellement malade. Oui, seulement malade des incompétences des différents dirigeants, mais avec des conséquences que nous ne pourrions oublier ou ignorer parce que, en France ou aux Etats-Unis, cela ne s’est pas passé ainsi.

Cette transition, enfin, doit être le moment pour chaque malgache de se remettre en question, personnellement et, à tout le peuple, collectivement, ne serait-ce que pour affirmer, enfin, une volonté commune de vouloir vivre ensemble. Beaucoup de nos compatriotes l’ont crié, plus personne ne veut vivre une crise politique. Je suis de ceux qui l’ont dit, avant que cette dernière ne survienne. Malgré les efforts consentis, même si ces derniers sont mal connus ou carrément inconnus de la plupart de nos concitoyens, la crise a quand eu lieu. Croyez-moi, ce n’est pas faute d’avoir essayé de l’éviter. Mais nous y sommes, quand même.

Aussi je vous demande d’accepter nos « envies » de politiciens, un mot tellement galvaudé, de changer de république. Si mes raisons ne peuvent pas vous convaincre, parlez-en autour de vous et à travers l’île. Les gens en ont marre de cette troisième république. Oui, nos raisons ne sont pas « juridiques » mais elles sont importantes pour nous.

A vous relire, avec plaisir,

Maurice B.

From: sahondra.r
Subject: RE: Pensées- Changer de République: Pourquoi?
Date: Mon, 26 Apr 2010 12:19:32 +0300

Bonjour Maurice et merci pour ces commentaires.  Je pense, qu’au fonds, nous cherchons un même objectif : un vrai débat sur ce qu’est cette Nation et comment cette définition commune devrait se traduire dans la Constitution, mais que nous avons des idées différentes sur le timing et la mise en œuvre de ce projet.  Beaucoup vont se lasser si nous nous échangeons longuement par email, mais je liste ci-après quelques observations, qui expliquent peut-être la motivation derrière ces pensées :

–            Il ya besoin de dissocier la création du « cadre », d’une part, et la mise en œuvre d’un programme politique d’autre part.  On mélange trop, en partie car la motivation pour changer le cadre est souvent pour se débarrasser d’un politique.   Si on lit la Constitution actuelle, on voit qu’elle ne prévoit pas sur papier, du moins, un Exécutif dictateur, mais c’est ce que nous avons eu.  Je conclus alors que ce n’est pas la faute du cadre, mais la manière dont il a été appliqué.

–            Je m’effraie vraiment vivement (et, comme ceux en ligne qui me connaissent personnellement le savent, je suis de nature nerveuse et soucieuse) qu’au lieu du débat dont nous avons besoin, nous en serons encore aux platitudes et aux assises ou conférences vraiment (comment dire autrement ?) puériles, juvéniles.  Vu les délais qui sont proposés, je ne vois pas comment nous allons vraiment pouvoir créer quelque chose de logique et durable…  Tout ce barratin sur la France, c’était pour dire, aza atao maimaika loatra izy ity.  En Afrique du Sud, le processus a pris 3 ans, en partie parce qu’il y avait une grande campagne d’éducation d’abord. Ce qui m’emmène au point suivant…

–            Comment débattre les pours et les contres de la Constitution « de la 3è République » quand personne ne connaît son contenu ?  La référence à St Antoine était pour dire que je suis de la génération de la malgachisation, totalement perdue et largement ignorante en ce qui concerne la Constitution.  Ce qui m’emmène à mon dernier point…

–            Il nous faut avant tout la stabilité, et la stabilité requiert un débat sain, ouvert, coopératif, dénudé du personnel et du politique.  Je pense qu’il vaut mieux vraiment expliquer la Constitution actuelle, identifier et débattre ses lacunes et essayer de les remédier avant de tout jeter.  Déjà, il ya une confusion et incompréhension profondes, pour ne pas dire aussi quelque part, une méfiance.  Ce que j’essaie de faire c’est expliquer aux « laïques juridiques » ce qui existe avant qu’ils ne décident de le changer.  Il s’agit encore dans mon cas, du cadre, et pas de la politique, et cette distinction, peut-être difficile à cerner, est très importante.

En fermeture, j’espère sincèrement que vous ne me prendrez pour trop directe ou insolente.  J’apprécie beaucoup le feedback et espère que nous aurons l’occasion de discuter davantage de ces sujets.  Je ne suis pas architecte mais j’apprécie les beaux immeubles et je sais généralement qu’une habitation digne a une cuisine et des toilettes etc…  Je suis loin d’être experte en droit constitutionnel, mais sors mes « tomes » pour apprendre avec vous, et encourage vraiment la participation de ceux qui se croient en marge de ces questions.  Ce sujet n’est pas réservé aux experts, au contraire, tous sont concernés, l’enjeu étant tellement important.

Sahondra

De : B.Maurice
Envoyé : jeudi 29 avril 2010 10:02
À : Sahondra R.

Objet : RE: Pensées- Changer de République: Pourquoi?

Bonjour

Tout d’abord, rassurez-vous, je ne vous trouve pas du tout trop directe ou insolente ; au contraire. Malgré ce que certains disent de moi, j’aime débattre et apprécie les gens qui parlent ouvertement. Je suis toujours très content d’apprendre. Malheureusement, même si je lis beaucoup, les textes juridiques comme les écrits philosophiques sont très « barbants » pour moi ; contrairement aux beaux immeubles, qui sont comme un beau tableau. En un seul coup d’œil, on aime, ou on n’aime pas. Aussi je profite des commentaires, comme vous nous l’avez fait. Encore merci, donc.

Ce que je relève, essentiellement, dans cette suite que vous avez  donnée à ma réponse, c’est la nécessité d’un réel débat pour cette future constitution, en le faisant dans la stabilité donc dans la sérénité ; quelle soit la troisième « toilettée » comme le disent certains, ou carrément une nouvelle.

Comme je l’ai dit, je suis comme beaucoup d’entre nous, je voudrais que cette crise soit la dernière, définitivement. Donc, fatalement, je pense que nous devrions commencer par le commencement ; cela concerne la constitution, évidemment, avec tout ce que nous en avions déjà débattu.

Je reviens donc, au timing, qui vous semble être notre pierre d’achoppement. Et bien, justement, et à ce sujet, sur beaucoup d’autres, je partage votre avis. Aussi, je tiens à préciser que vouloir organiser une consultation dans les trois mois est une ineptie, que cela soit pour une assemblée constituante, une constitution ou autre chose. J’ai eu l’occasion de l’expliquer à un membre de l’ambassade de France qui y tenait, évidemment. Je lui ai précisé que j’ai été candidat deux fois, pendant la présidence de Ravalomanana, je sais de quoi je parle. Nous n’avions jamais eu de véritables élections dans notre pays. Tout simplement. J’ai parlé de désignation de député, mais pas d’élection. Telle a été ma conclusion après la législative du 5èùè arrondissement de Tana, à laquelle j’ai participée, le 23 septembre 2007. Je ne vais pas trop m’étendre sur cette évidence. Les élections ont été la source principale de toutes les crises politiques de notre pays. Mais elles ne sont que les conséquences de textes fondamentaux malgaches, mal écrits ou mal interprétés ou trop bien manipulés par certains experts dont les intentions ne sont pas celles qui devraient animer des personnes qui veulent le bine du pays. Suivez mon regard.

Je suis un des partisans d’une transition sereine ; je l’ai dit, souvent, cette transition doit être un moment unique et « masina » pour les malgaches pour enfin créer le cadre global nécessaire afin d’installer définitivement notre pays dans la stabilité politique indispensable pour son développement et l’émancipation de son peuple. Comme l’a dit Eric Ramahandrisoa, que je salue au passage, au risque d’irriter quelques uns, moi aussi, je suis pour le rallongement de la transition pour vraiment changer ce système malgache obsolète.

Cette transition sera l’occasion de l’organisation de vraies conférences régionales puis nationales. Pourquoi en avoir peur ? Comme si ce pays n’a pas assez d’experts pour les organiser comme cela devrait l’être. Mais sachons « débusquer » les vrais experts et faisons leur confiance. J’en connais, et vous tous aussi, j’en suis persuadé. Mais cela doit évidemment passer par plus de confiance entre malgaches.

C’est pour cela qu’il est inconcevable pour moi que l’on puisse penser que nous pourrions faire l’économie d’une réconciliation nationale. Voilà un deuxième « truc » qui fait peur. Pour moi, comme pour mes amis politiques, la réconciliation nationale est un outil. Il devrait nous permettre de réconcilier le malgache avec lui, avec son entourage immédiat et avec son pays.  C‘est pour cela que je vous ai parlé d’introspection individuelle puis collective. Mais pour cela, nous aurions besoin de temps et d’experts !!!

Il devrait aussi nous donner la possibilité, au risque de me répéter, de faire écrire, enfin, l’histoire de notre pays et de créer notre nation à travers la volonté de vouloir « vivre ensemble » puis de refonder notre république qui n’en peut plus.

Mais cette réconciliation fait peur ; parce que, je le crois, certains pensent que cela ne renferme qu’une volonté de déballage et de règlement de compte ou comme la mise en place définitive d’une culture d’impunité.

Je pourrais vous en écrire plus ; mais comme vous l’aviez dit, je pourrais vous lasser. Mais en un mot, pour sortir notre pays de ces crises cycliques, comme en cent, nous devrions nous faire plus confiance entre nous. Et cela ne pourrait arriver que si nous nous connaissions mieux à travers des échanges, directs ou par mail. C’est un bon début et les réactions ne font que confirmer cette impression.

C’est pour cela, que j’ai été un des initiateurs de la création d’un espace de débat entre les hommes politiques. Cela a abouti à la signature de deux textes « dina politika » et « sata ny antoko politika », en 2006. Cette dynamique a été arrêtée par la série d’élections, en 2006 – 2007 puis les différents mouvements de 2008 qui nous ont amenés à cette crise. Nous avons déjà annoncé la suite par l’organisation « d’un conclave des politiciens ». Malheureusement, nous sommes pour l’instant bloqués par la situation. Mais croyez-moi, nous ne lâcherons pas parce que nous pensons que cela est essentiel pour notre pays.

Maurice

Extrait des Chroniques de Vanf

Vendredi 16 Avril 2010


Je dois devenir fainéant …  Je n’écris plus …  j’alimente de la production (de qualité) des uns et des autres … Et en plus, j’ai même pas honte.

Ci après un extrait d’ échanges sur le fil de la mailing liste de Vanf …

ratsimandrava ramanantsoa

vendredi 16 avril 2010 05:14

CHRONIQUE DE VANF

Gros ventre de capitaines, grosse tête de généraux

Pendant longtemps, l’armée malgache a constitué ce qu’on pourrait appeler un « rempart républicain ». Ces mal-faiteurs de politiciens pouvaient commettre les pires bêtises, on savait pouvoir compter sur les meilleurs éléments issus de Saint-Cyr, puis de l’Académie Militaire (ACMIL) d’Antsirabe. Sa meilleure période reste la parenthèse du général Ramanantsoa, qui s’est refermée sans prolongations inutiles. C’est cette confiance qui a volé en éclats dans la crise de 2009.

On ne ruminera jamais assez, parce que la pédagogie ne doit pas se lasser d’asséner ses vérités, le scandale d’un camp militaire qui entre en rébellion à Soanierana, le spectacle d’officiers supérieurs perdant self-control et toute mesure dans la cour de l’épiscopat d’Antanimena, l’humiliation d’un officier général malmené par des sous-officiers à Ampahibe. Un prolongement lointain aura été le défi lancé par le général-ministre des armées, limogé à l’insu de son plein gré. Qui est le Ramanantsoa des années 2000 ? Mais, existe-t-il seulement, déjà ?

Les inquiétudes sur la pyramide d’un gros effectif de sous-lieutenants sortant de l’ACMIL passèrent longtemps inaperçues. Puis il y eut un gros ventre d’innombrables capitaines et commandants. Et l’affreux goitre d’une grosse cohorte de colonels réduits à veiller au garde-à-vous la dépouille du professeur Albert Rakoto-Ratsimamanga, à Mahamasina. Depuis 2009, on assiste à la grosse tête d’une pléthore de généraux.

En l’état, il faut plaindre tout Chef d’État, théoriquement chef suprême des armées, qui siégerait à Ambohitsorohitra. L’armée malgache, dont théoriquement un détachement devrait défiler sur les Champs-Élysées, à Paris, le 14 juillet, représente-t-elle toujours les principes de la discipline, de la hiérarchie, de l’ordre, du sens de l’honneur, de la parole d’officier ? Le prochain Président de la République, quel qu’il soit, aura-t-il la sérénité nécessaire à l’exercice de sa fonction sans devoir craindre un caprice de ces grands enfants gâtés par les millions qui font la Une des journaux ?

L’armée malgache ne recherche pas un héros, elle est juste orpheline d’un vrai soldat. Des vocations d’aînés doivent s’éveiller. Un noyau de professionnels se constituer. Pour retrouver une âme au prix d’une prise de conscience.

VANF
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De : P. Didier

Cher Vanf

Les forces armées (y compris la gendarmerie) sont malades. A la veille de la nomination imminente du futur patron d’Ampahibe, les responsables de ce pays doivent réfléchir au moins dix fois avant de promulguer son nom. Ce futur homme fort de ce régime doit avoir une vision de l’armée républicaine de la 4ème République même si nous sommes dans un régime transitoire. La question qu’on doit se poser est : allons-nous créer une armée d’élite ou voulons –nous garder l’armée populaire ? A partir de ce questionnement, nous allons bâtir notre Armée. Un ami et frère d’armes a même suggéré au dernier Président élu de notre pays de poser la question aux malgaches par voie référendaire : « as-tu encore besoin de l’Armée ? »( Mbola ilaina ve ny miaramila eto Madagasikara). Si oui l’emportera, L’Etat mettrait tout ce qu’il faut pour l’entretenir, sinon, on la dissoudrait et les « la quille bordel » seront transformées en garde forestière ou en préposée de douanes ou pourquoi pas en policier.

Si nous continuions à recruter par rafales de 180 élèves- officiers par an (cette année 60 direct pour les bac+2, 60 Peloton –interarmes , 60 peloton des spécialistes, les maîtrisards, médecins et ingénieurs) et , sans planification de carrière, et sans concours entre les échelons , avec des renouvellements de contrat (c’est une idée chère à mon ami et frère à laquelle je me souscrits entièrement ; le pays comme le Sénégal l’applique efficacement), notre armée restera une armée de Bourbaki où tout le monde commande tout le monde.

J’espère que ce ministre soit déniché au milieu de notre troupeau d’officiers car parmi eux, il y des Ramanantsoa, Ranjeva, Ratrimo… Il suffit de chercher, de bien chercher et notre Armée sera moderne

Didier P.

Jeudi 15 Avril

Il ne s’agit pas ici d’un billet de Forum, mais d’un Billet de VANF que j’ai souhaité précieusement conserver

CHRONIQUE DE VANF

Une seule lettre vous manque…

L’autre jour, à l’Alliance Française, je lançais un plaidoyer pour d’authentiques retrouvailles amicales franco-malgaches au Cercle dédié franco-malgache d’Anosy. Je disais en substance que le sigle CFM est aujourd’hui orphelin de sa lettre « F ». Ce 13 avril, la France lançait aux Invalides le « 50ème anniversaire des indépendances africaines » en rendant ostensiblement hommage aux tirailleurs de la « force noire », créée par le général Faidherbe dès 1857. Comme Antananarivo figure parmi les étapes de rencontres entre les anciens combattants, les forces armées, les chercheurs, les étudiants et scolaires, avec l’ambassade de France et Radio France Internationale, je suggère fortement que la lettre « M » ne soit jamais oubliée : « indépendances africaines et malgache ».

Un simple coup d’œil sur la carte de ces quatorze anciennes colonies françaises accédant à l’indépendance en 1960 montre le caractère acquis de la fraternité entre notre île de Madagascar et les lointains territoires français de l’AEF (Afrique Équatoriale Française) et AOF (Afrique Occidentale Française), ensemble géographique d’un seul tenant qui pouvait se parcourir de part en part à dos de méhari ou… en raid Citroën, depuis Brazzaville jusqu’à Dakar en passant par Ndjamena et Cotonou ou Lomé. Jusqu’alors, c’est-à-dire avant la conquête française de 1895, selon la loi de la géographie et de la traite négrière, les Malgaches ne connaissaient d’Africains que les esclaves mozambicains, les seuls Africains à figurer dans le lexique malgache : les « Masombika » émancipés par Ranavalona II en 1877.

Ce n’est que bien plus tard que débarquèrent chez nous les tirailleurs sénégalais des troupes d’occupation. Outre de travaux d’historiens, dans un désormais classique « devoir de mémoire », il faudra démêler la complexité de la place des Malgaches entre avoir été victimes desdits tirailleurs sénégalais et s’être retrouvés troupes d’occupation de la Ruhr allemande, en attendant d’être à leur tour « supplétifs des conquêtes », au Tchad ou en Algérie. Les panneaux de l’exposition affichent des chiffres quasiment officiels : 41.355 Malgaches mobilisés pour la Première Guerre Mondiale, 29.072 envoyés en Europe et en Afrique du Nord, 2.471 tués ou disparus.

Dans ce devoir de mémoire collective, au nom d’une certaine histoire en partage, Madagascar doit s’inventer un droit d’inventaire, au nom de son exception culturelle. Celle d’un État indépendant reconnu par la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Italie, la Norvège, les États-Unis et la France, selon des traités internationaux signés entre le 23 octobre 1817 et le 17 décembre 1885.

VANF
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Mardi 6 Avril

« The winner Takes It all »
Sur Editorial de Tribune du 7 Avril par Patrick A.

Lalatiana :

Bonjour Patrick,

La désinstitutionnalisation est telle, et les repères et valeurs sont tellement démolis, qu’il est largement illusoire d’imaginer qu’une simple élection ou une constitution bricolée qui plus est SOUS L’EGIDE des institutions internationales puisse donner miraculeusement naissance à une opposition organisée, responsable et lucide

J’ai le sentiment qu’on se plante d’enjeux quand on dit « les institutions nous donneront la démocratie » … Ce ne sont pas des institutions seules qui suffiront à redonner de l’espoir aux gens à court terme … la méfiance est telle …

« […] le monde sera ce que vous en ferez. Vous avez le pouvoir de responsabiliser vos dirigeants et de bâtir des institutions qui servent le peuple. Vous pouvez servir vos communautés et mettre votre énergie et votre savoir à contribution pour créer de nouvelles richesses ainsi que de nouvelles connexions avec le monde. Vous pouvez conquérir la maladie, mettre fin aux conflits et réaliser le changement à partir de la base. Vous pouvez faire tout cela. Oui, vous le pouvez. Car en ce moment précis, l’histoire est en marche.

Mais ces choses ne pourront se faire que si vous saisissez la responsabilité de votre avenir. Ce ne sera pas facile. Cela exigera du temps et des efforts. Il y aura des souffrances et des revers.[…] . Cependant, le progrès ne viendra de nulle part ailleurs, il doit découler des décisions que vous prendrez, des actions que vous engagerez et de l’espoir que vous porterez dans votre cœur […]

[…] la liberté est votre héritage. À présent, c’est à vous que revient la responsabilité de bâtir sur cette fondation de liberté. Si vous le faites, nous pourrons, bien des années plus tard, […] nous dire que c’est à ce moment-là que la promesse s’est réalisée, que la prospérité s’est forgée, que la douleur a été surmontée et qu’une nouvelle ère de progrès a débuté.  » …

c’est kikadit ça ???

Jeudi 1er Avril

Pour des sanctions renforcées contre Madagascar
rubrique Politique de Tribune du 31/03

en réponse à
Basile :

Pour ne pas déplaire à louis michel

le conseil des ministres des affaires étrangères de l’u.e en avril 2010 a d’autres chats à fouetter que de penser aux pseudo-sanctions de MADAGASCAR par les afros-anglos-saxons.

Il y a les problèmes de l’espagne,du portugal et de cette Grèce antique,sans oublier la discussion sur l’avenir de la « Politique Agricole Commune » (P.A.C.) que la FRANCE se dit capable de…….

Une occasion pour moi de penser à nos 109 Femmes et Hommes Malgaches Responsables et Patriotes.

Les pseudo- sanctions des « afros-anglos-saxons »ne sont que des pétards mouillés.

Basile RAMAHEFARISOA

Lalatiana

Basile,

Vous allez finir par vous faire mal à vous mettre le doigt dans l’oeil aussi profond … Vous, et un certain nombre d’excités (particulièrement inconscients) qui continuent à hurler au scandale des sanctions internationales et à ne voir derrière ça que manigances et corruptions de Ra8 … victimisation d’adolescent … « c’est pô juste … personne ne m’aime »

En termes de GEOPOLITIQUE (il y a encore des irresponsables à la HATe qui ne savent pas ce que veut dire ce mot) la causalité d’une action ou d’une déclaration ne se lit jamais au premier degré.

La communauté internationale ne RECULERA PAS parce qu’elle NE PEUT PAS RECULER … l’UA, l’ACP, bientôt l’UE, puis l’OIF, l’ONU s’aligneront sur les sanctions parce que les jeux de politique internationale d’aujourd’hui exigent de faire front sur certains sujets pour mieux en négocier d’autres.

C’est CRIMINEL de ne pas le comprendre et de ne pas l’accepter, pour ENFIN se mettre à négocier …

Et c’est parce que M/car est « quantité négligeable » (Eh oui …😦 ) qu’ils peuvent se permettre de faire front sur un sujet qui n’est pas crucial …

Il y a actuellement à règler des choses plus importantes telles que la Palestine, l’Iran, la crise financière, la politique monétaire chinoise, etc …

Et si Joyandet vient en courant, c’est parce que Sarko et Obama sont en train de se faire des courbettes …

Reny malala est en train de lâcher le TGV … et vous ne le voyez pas …

Et quelque part on s’en moque …

Réveillez vous, bon sang …

en réponse à
Mpitily :

Lalatiana

Mpitily,

Voir mon post ci dessus .. il s’adresse aussi à vous … Louis Michel influencé par les mensonges de Ra8 et de ses sbires …😦 n’importe nawak

je complète …

Heureusement qu’il reste les Andry et les Alain et les Norbert et les Augustin pour SAUVER le monde et l’ECLAIRER de leur intelligence, de leur sagesse, de leur sens absolu de la vérité et de leurs hautes valeurs morales … Eux qui ont anticipé avec raison la catastrophe sociale dans lequel le PEUPLE malgache est en train de plonger …

Ces menaces, qui s’accélèrent, planaient depuis le mois de Septembre, avant Addis … Mais non …. « ça ne voulait rien dire … On est tellement importants qu’ils n’oseront pas … » … C’était imbécile de ne pas l’avoir vu.

Et aujourd’hui, oh curieux hasard, oh surprise (! !!???), le gouvernement vient de décider de réduire les voyages et le train de vie de l’Etat … c’est vrai les voyages du patron sont faits en jet privé prêté qui ne coute rien … sauf à celui qui prête … Y’en a qui ont du faire la tête à voir afficher le coût du voyage de Joyandet …

On nous prend pour des C.O.N.S.

On a perdu 6 mois … et on va encore perdre quelque semaines … pour de toutes façons arriver à des négociations pour une solution véritablement consensuelle acceptée par tous … CA AURA SERVI A QUOI tout ça ????

On mérite mieux que ça … on mérite mieux que ça …

Et en dernier ressort, il est toujours insupportable de voir certains monopoliser le mot « peuple » … utilisez le que quand vous saurez prendre en compte ceux qui n’ont pas le même avis que vous, sans les renier et sans décider à leur place …

Il n’est pas pire fou que celui qui croit que TOUS les autres le sont … (évangile selon pitchboule)

Avril 2010 – Archive Billets de Forum
avril

Mars 2010 – Archive Billets de Forum

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