Je suis venu, Zebu, j’ai vaincu …

Posted on 9 juillet 2019

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but barea

Pourquoi quand on me parle des Barea, ai-je donc la larme à l’oeil ?

Cette aventure est fabuleuse. Je l’avais pressenti quand Lova Ramisamanana (qu’on ne félicitera et remerciera jamais assez pour son rôle essentiel dans ce projet) nous l’avait présentée. Elle représente, en termes de valeur et de résultats, tout ce qu’on aime et sur lequel on rêve de bâtir : le courage, la générosité, le désintéressement, l’amour du pays, le collectif, la foi, la persévérance, la simplicité, l’engagement, le sérieux, le plaisir, la joie, l’oubli de soi … et l’oubli des différences …  pour la réalisation d’un objectif commun : donner le meilleur à l’équipe et au pays . Quel meilleur exemple à offrir en termes de management et de mobilisation ?

Dans la ferveur levée, le malgache si chatouilleux d’habitude sur ce sujet, ne semble plus « basher » ni la présence d’un entraineur français, ni la prééminence dans l’équipe des expatriés et des binationaux. Miracle du football.

Cette aventure est fabuleuse dans sa narration renouvelée du Petit Poucet, dit-on. Mais derrière l’histoire délicieuse de la toute petite équipe inattendue qui « tape » les plus grosses, on a une autre charge autrement plus symbolique.

Symboliquement, le petit poucet, c’est évidemment notre pays qu’on a envie de voir : petit pays, petits moyens et pourtant capable des plus jolies choses … derrière la misère la plus noire et la violence latente. Il ne nous reste plus, à l’instar des Barea, qu’à aller chercher à affronter et aller « taper » les plus gros sur leur terrain… en nous appuyant sur les mêmes valeurs d’engagement, de solidarité et d’ouverture.

Mais symboliquement, comme le Petit Poucet, nous avons là des « héros »  qui ont répondu à l’appel de l’aventure…  qui ont répondu à la nécessité intérieure d’accomplir une quête. Et comme ces héros, ils ont vécu leurs initiations, leurs épreuves et rencontré l’adversité. Il n’y a pas de fortuité en la matière. Ils nous ont ouvert un monde inconnu, inattendu, radicalement différent de tout ce qu’on a pu vivre jusqu’ici. Ils nous ont ouvert des joies, des égrégores insoupçonnés … que nous vivions par procuration sur d’autres équipes avant … J’assume, de fait, pleinement ici le sens du mot « héros » quand j’en qualifie nos Barea.

Et si je devais me poser la question quant à ma malgachitude (malagasyté ?), le niveau d’émotion que je vis là dans cette fusion et cette ferveur nationale, m’a donné une réponse.

Cette histoire se finira, évidemment … Pour leur plaisir et pour notre plaisir, on voudra qu’elle dure le plus longtemps possible. Et quoi qu’il en soit, il faudra leur être profondément reconnaissants de tout ce qu’ils nous ont apporté. Et garder en mémoire que ce qu’ils ont fait à l’échelle d’un tournoi de foot, pourrait se reproduire à l’échelle du développement du pays.

La France a vécu aussi sa passion fusionnelle Black Blanc Beur en 98 … Ca n’a pas empêché le FN de monter après. Pourvu qu’on soit plus intelligents.

Bien à vous tous …

Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule)
09/07/2019

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Posted in: opinions