Malagasy Investment Fund …Un fond d’investissement par des malgaches pour les malgaches …

Posted on 2 mars 2017

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Une première levée de fonds de 5 M€ pour soutenir le développement des PME-PMI de Madagascar.

Interview de Thierry Rajaona, Associé-Gérant du cabinet FTHM Consulting à l’initiative de la création du Malagasy Investment Fund (par Patrick Rakotomalala)

Monsieur Thierry Rajaona, vous allez présenter à la diaspora, dans les jours qui viennent,  le projet  de fond d’investissement « Malagasy Investment Fund ». Quelle est la genèse de ce projet ?

On part d’abord d’un constat, même s’il parait relever de la plus grande évidence: les PME-PMI, à Madagascar en particulier,  ont en règle générale un problème : alors qu’elles ont besoin de fonds propres pour soutenir leur croissance, les PME-PMI les plus prometteuses de la Grande Ile  ont des difficultés à trouver des fonds qu’elles s’épuisent à chercher. D’autant qu’elles n’ont pas accès au crédit bancaire, en général faute, justement, de garanties et de fonds propres.

Un fonds d’investissement pouvait dès lors aider ces entreprises à grandir. Il s’agit d’abord, non pas de prêter de l’argent à ces entreprises identifiées comme des pépites, mais de s’introduire dans leur capital par des prises de participation. Il s’agit ici de leur apporter les moyens de développer leur activité en développant leurs capacités d’investissement.

N’interviendrez-vous en soutien que sur le seul volet financier ?

Les dirigeants de ces PME-PMI  n’ont pas toujours les compétences techniques et les savoir-faire en termes de gestion qui puissent leur permettre de pérenniser leur activité et de rassurer les investisseurs potentiels.  Il s’agit donc d’aider ces entreprises à améliorer leurs capacités de gestion en leur apportant des services d’assistance technique et de conseil.

Le projet Malagasy Investment Fund est né là.

Cette prise de capital restera-t-elle permanente ?

A priori le fonds devrait se dégager du capital de l’entreprise au bout de cinq à six ans au profit de l’entrepreneur dirigeant ou au profit d’autres investisseurs.

Pourquoi s’adresser à la diaspora ?

Il y a d’abord la volonté de constituer un outil de financement de l’économie qui soit majoritairement aux mains de malgaches.  Il y a par ailleurs ici, une très bonne opportunité pour que les membres de la diaspora de Madagascar puissent investir de manière sécurisée dans des entreprises prometteuses. Mais, en revanche, ce projet de fond d’investissement malgacho-malgache se veut symbole : il s’agit d’affirmer notre engagement pour le pays.

Vous avez dit sécurisée ?

Il est probable que la préoccupation du plus grand nombre quand il s’agit de parler d’investir au pays reste la sécurisation de son investissement. Quand il s’agit d’investir, de manière isolée,  sur un territoire donné dans quelque domaine que ce soit, la prudence face aux risques de spoliation ou autres risques fonciers doit être la plus grande. Qui ne connait pas des histoires de sommes perdues fautes de compétences, faute de capacités de suivi ou faute de probité des acteurs ? Il s’agit ici de se porter garant du sérieux des projets et du sérieux de leur réalisation.

Mais cette sécurisation peut-elle être garantie ?

Il ne peut y avoir de garantie absolue. Il peut y avoir des échecs. Mais il y aura des succès. Le fondement même de l’activité relève d’une gestion raisonnée du risque. Ce que nous garantirons c’est le sérieux dans l’évaluation et dans le suivi d’exécution.

Quelle serait la rentabilité de ce fonds ? Comment pensez-vous attirer l’épargne des acteurs de la diaspora ? 

Là encore, il ne faut pas promettre des retours sur investissements phénoménaux. Nous restons toutefois convaincus que nous pourrons rétribuer cette épargne au moins à la hauteur des meilleurs taux d’intérêt des placements dits sécurisés.

Et quid du risque de change ?

Une chute de l’ariary viendrait remettre en effet en question la sécurisation de l’investissement. Il faut toutefois prendre en compte que les diasporas africaines investissent de plus en plus dans leurs pays d’origine et que ce phénomène est désormais essentiel dans les échanges Nord Sud et les flux d’IDE. Les gouvernements des pays développés sont désormais de plus en plus sensibles à préserver les investisseurs issus des migrations de ce risque de change.

Mais il faut le répéter, en termes d’investissements, à part des produits tels que le livret A, il n’y pas de produit sans risque.

(Propos recueillis par Patrick Rakotomalala).

Thierry Rajaona a débuté sa carrière professionnelle en tant qu’analyste sur les marchés financiers à la Banque Populaire (4 ans). Il a ensuite été Consultant en Organisation et Stratégie dans le secteur Banque/Finance (4 ans) au sein du Cabinet Accenture (anciennement  Andersen Consulting). Rentré à Madagascar, il occupe le poste de Directeur Financier du Groupe Bolloré-branche Tabac. Il Intègre en 1997 pour un an le Comité Indépendant à la Privatisation en tant que Secrétaire Technique.
Thierry Rajaona a créé en 1995 le Cabinet FTHM consulting qui emploie 80 consultants et qu’il rejoint en 1998.  1er Cabinet de Conseil en organisation et Stratégie de Madagascar et Cabinet Leader en Afrique, FTHM Consulting dispose de bureaux à Port-Louis, Abidjan, Moroni, Paris et bientôt Douala. 50% du C.A de FTHM Consulting est réalisé à l’exportation.En 2009, il investit dans la SIPEM dont il devient le président du Conseil d’administration. SIPEM, banque de soutien des PME PMI, est la seule banque territoriale détenue majoritairement par des Capitaux malgaches. Thierry Rajaona, est diplômé de HEC Paris (majeure Finance), titulaire d’un master en Gestion des Organinismes financiers et bancaires de Paris-Dauphine et d’une maîtrise en Droit International décernée par la faculté de Paris-Assas.

thierry

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