CHRONIQUE DE VANF – 14/10/03 – Le ministère de l’économie d’énergie

Posted on 4 octobre 2014

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J’aime bien mon ami VANF, de son vrai nom NASOLO-VALIAVO Frédéric Andriamihaja, éditorialiste à l’Express de Madagascar. Abonné à sa chronique, je ne suis pas toujours d’accord avec certaines de ses positions, à mon goût parfois trop entachées d’élitisme  …. mais il a aussi de jolis coups de gueule…Ca lui vaut largement une place ici.

Le ministère de l’économie d’énergie

Le mythe du «rahoviana no ho ritra ny ala atsinanana» (les Anciens considéraient la forêt de la falaise orientale comme inépuisable) a vécu. Il nous faut désormais décider d’une gestion enfin rationnelle de la couverture forestière. Le bois est parfaitement exploitable, c’est une ressource dont l’approche ne doit pas rester contemplative, seulement, pour chaque arbre abattu, il aurait déjà fallu en avoir planté trois ou cinq autres. On peut espérer que la reconstitution des forêts malgaches et la création de réservoirs boisés sur l’ensemble du territoire nous assure un régime de précipitations qui ne nous fera certes pas rejoindre l’humidité des zones tempérées, mais, au moins, nous éloignera le spectre du désert sahélien. Que nos sources, que nos rivières, que notre nappe phréatique, viennent à s’assécher, et nous serions condamnés à importer autant de bouteilles d’eaux minérales que de pétrole.

La couche d’ozone se serait reconstituée, vingt ans après l’apparition du fameux sigle sur les flacons et autres tubes de notre société de consommation. Rien donc ne semble irréparable, sauf à laisser se perpétuer des comportements suicidaires et irresponsables. Rien de plus triste que de voir ces milliers de sacs de charbon le long de la Route Nationale 2, vers Toamasina et l’Océan Indien. Tout ce charbon, c’est notre forêt réduite en cendres.

Le grand problème du moment concerne la Jirama (eaux et électricité de Madagascar) : cette société d’État n’a toujours pas opéré sa révolution culturelle. Pour nous faire de l’électricité, la Jirama recourt à la solution antédiluvienne des groupes thermiques. Tout le pétrole de Tsimiroro n’y suffirait pas indéfiniment. Malgré de multiples recommandations, les solutions de l’énergie éolienne, de l’énergie solaire, ou du mouvement de la marée, n’ont jamais été sérieusement envisagées. Une totale aberration pour une île qui revendique 5000 kilomètres de littoral, au taux d’ensoleillement optimal, et dont certaines régions sont battues par un vent constant.

Un autre triste spectacle est celui de nos rivières, boueuses à force d’étiage. Elles semblent tarir à vue d’oeil. L’Ikopa ou le Betsiboka ne sont pas le Danube, ni le Mékong, ni le Nil (cf. Chronique VANF,  21.03.2014). Axes naturels de communication, sembables larges voies d’eau nous auraient également mis à disposition leur potentiel hydroélectrique. Une forêt reconstituée, de la pluie supplémentaire, une évaporation atténuée : rêver à de multiples lacs artificiels de retenue, autant bassins de régulation que réservoir d’eau.

J’avais pu déjà le dire : un Ministère de l’énergie aura d’abord à en faire l’économie. Et privilégier les sources renouvelables. On a longuement discouru sur le «fahavitan-tena ara-tsakafo» (autosuffisance alimentaire), nous découvrons aujourd’hui que l’autosuffisance énergétique n’est pas moins vitale.

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