Nosy be, l’île aux parfums … de pétrole ?

Posted on 16 février 2014

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Nosy Be, l’île aux parfums …de pétrole ?

DeepWater2010

Incendie de la Plate Forme BP DeepWater Horizon – mai 2010

 

Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) – Février 2014

Réunion ministérielle à Iavoloha du 12/02 : il faut sauver le soldat Tourisme à Nosy Be …

Un Conseil des Ministres s’est tenu ce Mercredi 12 Février 2014. Des initiatives y ont été définies semble-t-il pour atteindre un objectif légitime et cohérent : « relancer le tourisme de façon intensive », redonner à ce secteur, et prioritairement à Nosy Be, toute la place et toute l’image qu’il mérite auprès des voyagistes et des touristes étrangers

Les ministères de l’Intérieur et de la sécurité, des Forces Armées,  le secrétariat d’Etat à la Gendarmerie Nationale ont ainsi été priés, aux cotés du Ministère du Tourisme, de prendre toutes les mesures nécessaires pour veiller « à la restauration de l’Etat de droit, à la sécurité et à la relance du tourisme sur l’île de Nosy Be […] actuellement classé zone orange». [i]

Notre Ministère de la Communication s’est lui-même engagé à la mise en place en 72 heures d’un site web officiel « Destination Nosy Be Madagascar 2014 » et à la définition  d’un plan de communication musclé pour « fracasser » et contrer la malfaisance de ce NET qui monte en épingle de manière irresponsable des « faits futiles ». Non, mais… Il est temps de montrer que l’ordre règne à Nosy Be. Exhiber des kalachnikovs et des uniformes dans les spots télé devrait bien évidemment faire revenir le touriste bourgeois européen en quête de sensations fortes.

Bref, foin de digressions, les moyens et la volonté sont au moins déclarés pour mettre un terme à l’hémorragie de réservations des Tours Opérateurs qui programment Madagascar. Il y a urgence en effet, les catalogues de l’hiver 2014-2015 sont d’ores et déjà fixés.  Louable initiative que de se préoccuper en urgence d’un secteur  pourvoyeur de devises et d’emplois mis à mal par ces 5 années de crise …

Mais qui donc a eu l’idée saugrenue de mettre Nosy Be au milieu du bloc d’exploration pétrolier « Ambilobe » 

Mais … dans le même temps, le 14 Janvier 2014 le site Offshore Magazine SiloBreaker.com  annonçait le lancement par Exxon Mobil d’une nouvelle étude sismique sur le bloc Ampasindava[ii]. Exxon avait, il faut le dire bénéficié d’un décret d’extension de ses 3 permis signé le 17 juillet 2013 par Andry Rajoelina, l’autorisant à la reprise de ses activités d’exploration sur les permis Ampasindava, Majunga, Cap Saint-André.

BlocsAmbilobeAmpasindavaMajungaSterlingExxonEt Sterling Energy, opérateur pétrolier titulaire du bloc « Ambilobe », annonçait en même temps qu’il pouvait, selon les résultats des nouvelles analyses sismiques à lancer, planifier les premiers forages d’exploration en 2015/2016 sur le bloc « Ambilobe » qui jouxte le précédent. Les programmes d’acquisition 3D devant permettre de confirmer le potentiel des sites de forage identifiés.

Au beau milieu géographique de ces blocs et de cette zone  bloc d’exploration pétrolière : Nosy Be, icône de notre tourisme Sea Sun & Sun, dont la réputation « d’Île aux Parfums » lui a valu de voir son nom  détourné par une franchise de parfumeries.

Un deuxième cheveu sur la soupe pétrolière : le parc national Marin de Sahamalaza à la lisière du bloc Ampasindava

Mais au royaume de l’absurdie, on n’a pas tout vu. A 100 kms au sud Nosy be, on trouve l’un des DEUX SEULS Parcs Nationaux Marins malgaches[iii], à savoir le parc national Sahamalaza. ». A la lisière de cette réserve marine : le Bloc « Ampasindava » . Et au cœur de ce bloc Ampasindava détenu par Exxon Valdez, le champ SIFAKA aux réserves (de pétroles cette fois)   estimées à 1,2 Milliards de barils…. RéserveDePétrole et RéserveNaturelle sont dans un Bateau. ReserveNaturelle, tombe à l’eau … qui reste t il ?

parc national marin sahamalaza_grand radamaLa gageure d’un développement touristique et de la sauvegarde environnementale au regard des risques

On se demande bien, de fait, si l’attrait touristique de notre Ile aux Parfums ne risque pas d’être remis en question par autre chose que des logiques de sécurité.

Les boulets de mazouts sur les plages immaculées blanches, les pollutions huileuses dans les lagons turquoise, les pestilences de SO2 au lieu des senteurs d’ylang Ylang, la puanteur des torchères à la place de la vanille et l’ombre des plate formes sur nos cocotiers et nos couchers de soleils flamboyants vont difficilement séduire le touriste venu du Havre ou de Fos en mal d’exotisme.

Parce que soyons en sûr les enjeux financiers sont suffisamment forts pour que les opérateurs ne s’embarrassent pas de considérations qui préserveraient le tourisme. IllustrationRisquesPollution

Et que ceux qui croient que 100 kms d’éloignement permettront de préserver nos joyaux du Nord Ouest, tels que les réserves naturelles de Lokobe (Nosy Be) ou le Parc National Marin de Sahamalaza[iv] se remémorent les surfaces polluées par les catastrophes d’ Ixtoc (600 000 tonnes de pétrole brut – 1979), du Torrey Canyon (119 300 tonnes – 1967), de l’Amoco Cadiz (228 000 tonnes – 1978), de l’Exxon Valdez (avec 40 000 tonnes -1989), l’Eagle Otome (17 millions de litres de pétrole libérés – Août 2009)… En février 1980, le naufrage du pétrolier malgache le Tanio, déverse face à l’ile de Batz en Bretagne ses 17 000 tonnes de brut et souille 200 kms de côte bretonnes. [v]

Des impacts désastreux : L’exemple Deepwater

Les conséquences écologiques sont, on le sait,  désastreuses: en 1999, lors du naufrage de l’Erika, pour  18 000 tonnes de fioul lourd à la mer, c’est 400 kms de cotes qui sont souillées. On comptera 300 000 cadavres d’oiseaux.

Et nous avons récemment en mémoire l’accident de la station BP DeepWater Horizon située à 400kms des côtes de Louisiane : 5 semaines après l’explosion de la plate-forme Deepwater c’était 4,9 millions de barils déversés dans l’océan, 100 kms de côtes et de marais souillés, 200 000 km² de mer interdits à la pêche (soit l’équivalent en surface de 1/3 de Madagascar), 400 espèces animales et 8 parcs naturels touchés.

Imaginons qu’un accident de ce type survienne sur le champ Sifaka : aurons-nous des moyens à la hauteur des 743 km de barrages flottants, 33 000 personnes et 6 300 bateaux mobilisés pour réduire les dégâts  de l’accident de DeepWater  à l’époque ?

Aujourd’hui, les conséquences de la marée noire ne font que commencer : dégradation de l’écosystème par asphyxie du milieu, destruction des fonds marins et de l’habitat de nombreux animaux, dévastation de la faune et la flore des pollution2zones côtières terrestres. Le pétrole englue, étouffe, et intoxique les animaux, perturbe l’équilibre des écosystèmes en diminuant la concentration en dioxygène (O2) et en favorisant le développement de bactéries et donc la mort du phytoplancton et donc d’une partie de la chaîne alimentaire.

BP a provisionné en tout 32 milliards de dollars pour faire face à l’ensemble des coûts. Somme en soi conséquente. Mais en face de lui, il avait d’une part l’administration Obama et d’autre part la puissance des « class actions » à l’américaine pour l’étrangler si nécessaire. Que pourrait avoir Madagascar comme moyens de pression face à ce genre de majors capables de payer 1 milliards $ pour en économiser 20 ?

L’accident Deepwater relevait de contradictions de l’OMNIS de la MMS de l’administration etatsunienne.

L’accident de Deepwater relevait, on le sait, d’un relâchement et de conflits d’intérêts de la Minerals Management Service,  agence fédérale américaine, pendant de notre OMNIS nationale, en charge de la gestion des ressources pétrole & gaz. Que la même agence OMNIS MMS assure, dans l’ambiguïté la plus totale,  à la fois la gestion ET LA PROMOTION A OUTRANCE de l’exploitation pétrolière offshore, et en même temps le contrôle de conformité et de sécurité ne pouvait que mener à une catastrophe.

Il faut souligner que dans son  étude d’impact nécessaire à l’obtention de son autorisation d’exploitation, BP estimait qu’en cas « improbable » (sic !!!) d’un déversement accidentel, la « qualité de l’eau serait temporairement affectée ». Le projet ne devrait engendrer « aucune activité contraire à la pêche » ni aucun danger pour les mammifères marins ou les oiseaux. Tu parles … !!!

L’incitation et la recherche à outrance d’investissements ne peuvent pas faire bon ménage avec la préservation durable de l’environnement.

Le code pétrolier malgache énonce en préambule  « […] Madagascar se doit de disposer un cadre ou un dispositif légal le plus incitatif possible sans pour autant léser les intérêts supérieurs de la nation, notamment la souveraineté de l’Etat malgache sur ses ressources naturelles…. » Dans un monde concurrentiel, ils s‘agit de faire venir les investisseurs en masse. Certainement pas de leur imposer trop de contraintes… Que ces contraintes soient environnementales ou pas … Et on y parle plus d’intérêt de souveraineté que de sauvegarde des intérêts des populations et de l’environnement.

Bien évidemment on pourra toujours arguer que ces programmes de prospection et d’exploration font l’objet de la plus grande vigilance (hum !) … Que les contrats précisent des études et programmes d’impact environnemental doivent être soumis à avis de l’ONE (Office National de l’Environnement) pour délivrance d’un permis environnemental …

Il existe bien, produit par l’Office National de l’Environnement, un guide sectoriel pour la les EIE (études d’impact environnemental) des projets pétroliers « amont » [vi]. Il préconise bien la définition par le promoteur d’une « démarche de planification visant à minimiser les effets environnementaux négatifs dès l’étape de la conception […] devant considérer la protection des zones sensibles et à forte bio diversité,  favoriser les impacts socio-economiques positifs auprès des populations riveraines, éviter la perturbation des processus écologiques et éviter la contamination et les conflits d’utilisation des eaux de surface et souterraines … » … en bref, ce genre de dossier relève de la déclaration de bonne intention .. Peu de contraintes sur ce qui devraient incomber au pollueur dans le cas d’une pollution.

Mais pas de visibilité sur les indicateurs, les seuils, les exigences, les éléments de mesure, les normes … Et puis « favoriser les impacts socio-économiques directs positifs auprès des populations riveraines » reste une incongruité du sous développement : on va se satisfaire d’engagement de retombées directes, miettes sociales distribuées par les opérateurs au lieu de laisser l’Etat assumer son rôle régalien et  s’occuper de fiscalité et de redistribution.

Parce qu’on ne peut qu’avoir des doutes sur l’engagement environnemental réel de ces opérateurs, vue l’omerta générale. En cas de dégâts de toutes façons, les assurances et réassurances (qui s’en seront mis plein les poches au passage) devront assumer … au prix de longues, longues, longues procédures judiciaires …

Un arsenal juridique approximatif quand à l’offshore pétrolier malgache.

Parce que, à Madagascar, le droit pétrolier et les contrats proposés aux opérateurs sont bien lacunaires sur le sujet, bien évidemment, l’opacité sur ces dossiers ne nous rassure pas quand au respect des logiques de préservation de l’environnement.  Sterling lors d’une réunion devant des opérateurs de Nosy Be tenue le 12 février annonçait avoir confié l’Etude d’Impact Environnemental à Artelia, pour une présentation de l’étude en Mars avril à l’Office National de l’Environnement (ONE). Il faut préciser qu’à l’actif de Sogreah du groupe Artelia, il y a les études d’environnement de Bemolanga et Tsimiroro. Que ceux qui en sont satisfaits se lèvent[vii].

Et quand, dans le contrat modèle offshore passé entre l’OMNIS et un opérateur, on lit « au cas où une où une partie du périmètre est située dans une zone de réserves naturelles, l’Opérateur fournira tous ses efforts pour minimiser les impacts négatifs sur ces réserves naturelles … », on croit rêver : « roooo … vous avez vu que vous êtes borderline là par rapport à la réserve marine ? … ah … vous nous garantissez que les éventuelles marées noires s’arrêteront juste à la limite de la réserve et des zones d’essaim … »… wep … Dans un autre temps, on a voulu nous faire croire que le nuage radio actif de Tchernobyl s’était arrêté à la frontière française.  » ah … c’est passé de l’autre coté ? Mais vous avez fait tous les efforts, alors on va vous pardonner « …. C’était quoi d’ailleurs la limite du « minimiser » ? »

Moi qui croyais que l’instauration d’une réserve marine, mieux d’un Parc Naturel National Marin, bénéficierait d’une zone d’exclusion de toutes activités polluantes, ou de prélèvement halieutique… Non …  chez nous, on définit le parc pour préserver l’intégrité du site, sa biodiversité, la limpidité de ses eaux  et on vend un permis de prospection pétrolière sur le territoire juste voisin …

Il ne s’agit pas de sombrer dans le catastrophisme, l’obsession du complot, le rejet angélique de toute source de revenus miniers et pétroliers sous prétexte de la défense du risque zéro. Il ne s’agit pas plus de tomber dans l’écologisme primaire. Mais face aux potentiels de nuisance du matériau fossile en question, qu’il s’agisse des sables de Bemolanga, ou des huiles de Tsimiroro, du pétrole de Juan de Nova Belo profond (celui là est malgache), il reste une question fondamentale : sommes nous bien prêts à prendre en compte le problème dans sa complexité profonde ?

Il s’agit de se préoccuper de cohérence. Le hiatus entre les deux informations (développement du Tourisme VS développement de l’exploitation du pétrole) est inquiétant en terme de gouvernance, de cohérence de l’action politique, de vision moyen long terme qui ramène au premier plan une interrogation en suspens : quelle politique environnementale, quelle vision mettre en œuvre, quelles priorités établir, quels principes poser pour que le développement de l’exploitation de ces ressources en général et OffShore puisse garantir, ENTRE AUTRES,  la sauvegarde durable de nos ressources, la préservation de l’intérêt de nos populations … ?

Il ne faut en effet pas oublier que les intérêts sont énormes et que l’engagement des opérateurs pétroliers et gaziers sur l’offshore est désormais « total », sur cette zone, comme sur d’autres. La part de l’offshore est de 25% de la production mondiale pour le pétrole et 30% pour le gaz. En 2016, 30% de la production offshore sera assurée par des puits en profond et très profond (de 500 à 1500m de profondeurs d’eau). Et L’essentiel du développement des 1 300 puits sous marins programmés entre 2011 et 2015 est envisagé sur les trois régions Afrique, Brésil et Golfe du Mexique.

C’est dans cette logique que le chairman de Sterling annonçait, en Juillet 2013, l’octroi par le gouvernement malgache de la prolongation de ses licences d’exploration. Cela laisse à Sterling le temps de forer en 2015 un puits d’exploration sur le champ « SIFAKA » et ses 1,2 milliards de barils d’ores et déjà précisément identifié.

Qui peut croire que ces potentiels feront véritablement cas de contingences environnementales,

En Conclusion

Mais ces logiques, ces enjeux et ces préoccupations ne doivent pas s’attacher  au seul domaine du pétrole OffShore. Dans l’ensemble, il  s’agit de fixer globalement les lignes directrices du développement de Madagascar en termes d’exploitation de nos ressources.

Au-delà des enjeux de « simple » gouvernance et de lutte contre la corruption, quels doivent être nos choix ? Les capacités de gabegie prouvées jusque là par nos dirigeants successifs, le manque de vision, la pratique du court terme illustrée par ce hiatus « Incitation Tourisme contre Incitation Pétrole »  ne doivent elles pas nous inquiéter ?

La définition de ce cadre est urgente. Et ce d’autant qu’il ne faut pas escompter d’un droit international balbutiant qu’il puisse régler à travers des textes tels que la convention d’Abidjan les problèmes de la responsabilité, de l’évaluation et de l’indemnisation des dommages et de règlement des différends en la matière.

Déjà qu’on aurait tout à craindre de cette fameuse « malédiction du pétrole » (cf Le pétrole à Madagascar … il y a manne et manne … ) qui risquerait d’appauvrir encore plus le pays faute d’une gestion responsable de cette ressource pétrolière et de ses revenus… Sans une vision réelle, sans une politique fixée sur des exigences et des moyens en terme de développement durable et de préservation de l’environnement, on se rend compte qu’on court à la catastrophe plus vite qu’on ne le croit.

Mais, surtout … il est urgent de réaliser que les seuls Investissements Directs Etrangers IDE ne sauraient satisfaire au développement. Sans l’élaboration d’une véritable stratégie nationale de développement, pris isolément, on ne peut pas faire de l’incitatif à outrance : les IDE ne peuvent constituer une fin en soi. Ils doivent s’inscrire dans une vision de l’économie nationale.

Quelle est la vision que vont nous proposer nos dirigeants de demain ?

Il faut seulement espérer qu’elle sera digne, vigilante et responsable.

Mais il nous incombe à nous, individuellement, de nous en assurer.

Bien à vous tous

Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule)

Février 2014


[i] Il est vrai que les candidats au tourisme qui voulaient apprécier la chaleur de nos tropiques ont été passablement refroidis par l’idée de ces funestes grandes « flambées » sur la plage que l’on connait.

[iii] Le 1er parc est le Parc National Marin de Mananoro Nord, dans l’Est de l’île.

[iv] Sahamalaza : Le Parc National Sahamalaza Iles Radama, est situé dans le Nord Ouest de Madagascar, entre les Baies de Narindra et de Mahajamba au Sud et les Baies d’Ampasindava et Nosy Be au Nord. La Baie de Ramanetaka – Sahamalaza en fait partie. C’est une réserve riche en écosystèmes à 100 km au Sud de Nosy Be/Hellville

[vi] « guide sectoriel pour la réalisation d’un étude d’impact environnemental des projets d’opérations pétrolières « amont » » http://www.pnae.mg/index.php?option=com_docman&task=doc_download&gid=2&Itemid=2

[vii] Sur les seules annonces officielles de Madagascar Oil (certainement et naturellement revus sur des scénarios optimistes : 300 barils d’eau pour produire 253 barils de pétrole, contredits par les estimations de l’Alliance Voahary Gasy), les objectifs de production de 10 000 barils/jour exigeraient la consommation quotidienne de 1850 m3 d’eau. Quand on sait que dans le grand sud, le seau de 20 litres d’eau décantée est vendu 100 ariary…

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