L’exigence d’une nouvelle page à écrire

Posted on 1 septembre 2013

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 legitimite

Par Tsilavina Ralaindimby

Mon ami Tsilavina s’est commis à un post sur FB, que j’ai jugé intéressant de vous faire partager …  Bien à vous tous

Il semble que le pays avance vers la tenue des élections suivant les nouvelles dates annoncées par la CENIT. Il semble, car des courants d’idées contraires se font toujours entendre et il faut les admettre dans le respect du pluralisme. C’est Madagascar en crise aujourd’hui : une solution trouvée, mille nouveaux problèmes qui surgissent. La meilleure solution aurait été en 2009 de laisser le tenant du pouvoir finir son mandat et tenir les élections aux dates normales. On en aurait déjà largement fini.

Certes, aujourd’hui les élections ne représentent pas la solution à tous les problèmes auxquels le pays devra faire face dans les mois et années à venir. Mais les élections sont la première étape pour revenir à l’ordre constitutionnel bafoué par le Coup d’Etat, terme admis par tout esprit  empreint d’un minimum de sens éthique.

Si la dureté des effets de la crise pour l’écrasante majorité des malgaches pouvait au moins nous faire admettre que le résultat du suffrage universel est quelque chose de sacré dans l’exercice de la démocratie, dans la préservation de la paix sociale et la continuité du développement socioculturel et économique, ce serait déjà un grand pas de fait. Plus jamais ce que l’on vit maintenant.

Ce caractère sacré du suffrage universel repose toutefois sur un minimum de critères. Le premier critère se situe bien en amont du scrutin. Si le suffrage universel est sacré c’est parce que l’opinion exprimée par le choix du citoyen est sacrée. Mais comment avoir un véritable choix si on ne dispose pas de l’intégralité des informations ? Le droit du citoyen à l’information est un droit humain, fondamental. Question : quelles sont les dispositions prises pour que le droit à l’information du citoyen, de l’électeur soit respecté ? Comment sera assuré l’accès équitable des candidats aux médias publics en particulier ? Sachant aujourd’ hui que les médias privés dominants sont ancrés à des candidats, les prix du temps d’antenne risquent d’y être  prohibitifs. Est-ce que la réouverture des médias privés fermés pour des raisons plus ou moins valables n’était pas parmi les mesures d’apaisement préconisées par la Feuille de route ?

Les autres critères d’un suffrage universel transparent, juste et acceptable par tous sont aussi importants. Le droit au vote signifie que les conditions sont réunies : l’information du public sur l’utilisation correcte du bulletin unique, la liste électorale crédible, la présence du dispositif de vote dans tous les endroits prévus, le contrôle de la sincérité du vote par la retranscription exacte et inviolable des résultats. La CENIT doit maintenant s’exprimer sur ces différents points pour ne pas paraître comme juste un organisme suspendu aux spasmes des politiciens alors que son véritable client, qui le jugera, est l’ensemble des électeurs, des citoyens.

Ne rêvons toutefois pas de conditions idéales et respectées. Nous avons empilé tellement de couches de complexités dans nos façons de penser et de faire qu’appliquer des idées justes et simples est devenu compliqué. Mais si ces diverses conditions sont remplies dans la majorité des lieux de vote et qu’au travers de leurs représentants dans les différentes régions, les candidats en compétition l’admettent, sont-ils d’accord pour signer un document commun où ils s’engagent à respecter les résultats et à donner une nouvelle chance à la démocratie à Madagascar ? Avant le scrutin. C’est la première exigence d’une nouvelle page à écrire et au-delà d’une compétition normale, cela grandira tous les candidats à la Magistrature suprême.

Tsilavina Ralaindimby
FB. 1er Septembre 2013

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