Le nouvel essor des relations entre la Chine et Madagascar

Posted on 12 juin 2011

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Pour ceux qui ne le connaissaient pas, ce rapport de Mathieu Pellerin (IFRI) qui fait un point sur les relations historiques et actuelles entre la Chine et Madagascar …

Au sommaire (résumé)

– Aux racines des relations sino-malgaches

– Les « nouveaux Chinois » :une classification globalisante et imparfaite

– L’intensification progressive des relations bilatérales

– Les relations sino-malgaches durant le régime de transition

Introduction

« La Chine est la solution à tous nos problèmes ». Cette phrase, prononcée par un haut responsable du régime de transition à Madagascar1, illustre à merveille l’esprit qui habite la plupart des dirigeants malgaches. Au lendemain de la chute du régime de Marc Ravalomanana, Madagascar s’est retrouvée mise à l’index de la communauté internationale, gelant de facto les aides publiques qui alimentaient près de 70 % du budget d’investissement de l’État malgache.

Dès lors, Andry Rajoelina, président de la HAT (Haute Autorité de Transition), crée en 2009 une commission chargée de réfléchir à des « financements parallèles », et l’idée de se tourner vers des bailleurs moins regardants en termes de gouvernance s’impose très rapidement. Le régime songe alors à renouer avec la compagnie minière chinoise Wisco2, qui avait répondu à un appel d’offres international lancé par le président Ravalomanana et qui avait même été choisie par ce dernier, avant qu’un problème d’ordre financier ne vienne bloquer les négociations. Wisco se voit alors attribuer le permis d’exploration du gisement de fer de Soalala par le régime de transition et annonce un volume d’investissements de huit milliards de dollars. Conformément au cahier des charges, la compagnie verse un « droit de mise à disposition » de 100 millions de dollars, officiellement destiné à renflouer les caisses de l’État malgache.

Le pari de trouver des financements alternatifs semble alors réussi et depuis, les délégations étrangères se sont succédées à Antananarivo, qu’elles soient koweïtiennes, saoudiennes, turques, pakistanaises, thaïlandaises, hongroises ou encore russes. Mais c’est essentiellement l’empire du Milieu qui retient toutes les attentions et alimente tous les fantasmes des dignitaires du régime de transition.

L’acuité de la question chinoise à Madagascar nous offre l’occasion de dresser un état des lieux, inexistant à ce jour, des relations sinomalgaches. Après un rappel de la profondeur historique des relations qui lient Madagascar à la Chine, nous nous focaliserons sur le développement de ces relations au lendemain de la reconnaissance malgache de la République Populaire de Chine (RPC), notamment d’un point de vue économique, avant d’analyser la nature des relations qui lient la Chine à Madagascar depuis le début du régime de transition, le 17 mars 2009. [….]

© IFRI

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Mathieu Pellerin est chercheur associé au programme Afrique subsaharienne depuis juin 2010. Il est chargé de mission au Club des Directeurs de Sécurité des Entreprises et travaille comme consultant en risque pays, sûreté et intelligence économique.

 

 

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