Sortie de crise : le rapport de l’OIF et les élections …

Posted on 27 avril 2011

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Je m’étais promis de vous proposer le (volumineux) rapport de l’OIF sur la tenue des élections. Il est assorti ici d’un commentaire de Sahondra Rabenarivo, tel qu’elle seule est capable de nous l’offrir.

Sur le rapport de la OIF, qui est divisé en deux grandes parties : (1) analyse du contexte juridique des élections à Madagascar et (2) analyse de cette question des listes électorales ; j’émets les remarques suivantes :

  1. A part le fait que ce rapport expose à quel point notre cadre juridique sur les élections est brouillon (avec contradictions internes, clauses non conformes à la Constitution, formulations hors normes…), le rapport soulève la question d’adoption du « Code électoral » (qui en plus d’englober la loi électorale propre, devrait aussi inclure la loi sur la communication, les partis politiques, le financement des élections, portant création de la CENI) par une assemblée non représentative car non élue du peuple.  Après tout, selon la Constitution, le « Code électoral » est une loi organique, de deuxième rang après la Constitution.  En tous les cas, le rapport confirme que le Code ne devrait être adopté par ordonnance et ratifié par la suite, comme le prévoit la feuille de route.
  2. La lecture du rapport, ainsi que celui de l’expert des Nations Unies, explique beaucoup les agissements de la CENI autour de la liste électorale, et le contentieux d’aujourd’hui concernant la rémunération des chefs fokontany et les « agents électoraux » (dont les attributions et compétences, càd les critères de sélection sont peu clairs et me laisse dans le doute quand à leur impartialité et aussi leur professionnalisme éventuel.  Les chefs fokontany ont apparemment la très lourde responsabilité de confectionner nos listes électorales, mais comme vous le savez peut-être ce sont des bénévoles, quasiment, qui en principe devraient percevoir des indemnités de 20.000 à 40.000 Ar par mois, mais que l’Etat a du mal à payer.
  3. Je suis surprise par le manque de dissémination des informations contenues dans ces rapports par la presse et les médias… on ne peut plus se demander pourquoi l’opinion publique est si manipulable, il est clair que les médias font fort mal leur devoir de sensibilisation de l’opinion sur ces points tellement importants. 
  4. Je constate à quel point nous, malgaches, ne faisons que réagir aux commentaires ou « suggestions » des autres.  Qui oserait ne pas parier qu’ « ils », nos éminents parlementaires et gouvernants de la transition, ne feront que copier coller ces recommandations, sans réflexion ni compréhension ?  Qui oserait me dire que nous écrivons nous-mêmes nos lois et pas la francophonie ou la COI ou autres ?

Tout cela étant dit, je suis de ceux et celles qui appellent à la tenue d’élections, les plus crédibles, transparentes et honnêtes que possible, car continuer dans la situation actuelle devient insupportable…. Mais comme beaucoup je constate que la tâche est herculéenne. Je crains fort que, tel que cela se profile, nous nous dirigions vers des élections qui ne seront pas reconnues par la communauté internationale.

Si on a beau croire que nous pouvons en passer, le monde s’est globalisé et nous ne pourrons survivre bien longtemps sans respecter un minima de normes internationales…La reconnaissance est donc indispensable. Mais la transition mène t elle les efforts nécessaires pour l’obtenir ?  Apparemment, rien n’est moins sûr ….

En même temps, je conclus à cette lecture

1) qu’attendre la solution parfaite et équilibrée avant la tenue des élections n’est pas réaliste

2) que dans le court terme, chacun pourrait essayer de faire un effort au lieu de se borner sempiternellement à la critique et à la contradiction;

b) que chacun, dans sa spécialité (média, société civile, citoyens lambdas), devrait, d’une part, essayer de limiter les méfaits que le régime de transition envisage pour gagner les élections qu’il organise et, d’autre part, laisser au long terme l’assainissement de la situation. 

Plus on attend la solution miracle, plus on risque la bagboisation du régime de transition. Et quelle en sera l’issue au bout de 10 ans ?

Bien qu’on « rejette » cette « communauté internationale », elle seule, me semble t il, peut taper sur les doigts des kleptomanes au pouvoir et redresser notre contexte juridico-légale actuellement complètement détruit.

Bonne lecture à tous.  Et pour ceux qui ne prennent pas le temps de lire, no complaining par la suite…

Sahondra Rabenarivo

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Rapport de la mission d’évaluation Francophonie à Madagascar (fév. 11) (2)

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