Les chroniques de Ragidro … les pathos du pouvoir …

Posted on 28 novembre 2010

0


Mais quelle mouche les pique donc, pour qu’ on ait le sentiment que tous ces hommes, une fois au pouvoir, perdent la raison, l’éthique, la rationalité, l’écoute, le sens des réalités et le sens de l’intérêt collectif? C’est effectivement la question que l’on peut se poser, perplexes devant les comportements, les initiatives ou les décisions que l’on voit prendre des uns et des autres et qui à notre sens ne relèvent ni du plus élémentaire sens politique, ni même du bon sens commun … Quelle folie les saisit donc une fois au pouvoir ?

Séduisant par les gains qu’on peut espérer quand on l’atteint (notoriété, prébendes, accès à l’information, …), le pouvoir a un intérêt d’une évidence immédiate. Mais quels en seraient les mécanismes ? Quels en seraient, pour la compréhension de la psychologie du dictateur, ses ressorts primordiaux, ses enjeux ?

On sait  caractériser, de fait, les dérives de ceux qui nous paraissent évoluer inéluctablement vers des postures de dictateurs : unilatéralisme, répression, manipulation, désinformation, corruption … le constat est établi et on n’a malheureusement plus grand-chose à y rajouter. Mais quid de ce qui se passe dans la tête de l’individu en posture de pouvoir ? Petit essai de décorticage pour tenter de comprendre ces gugusses  …

On peut sans se tromper beaucoup identifier des effets « psychotropes » du pouvoir, comme il existe des effets psychotropes de l’alcool ou des drogues).

1) désinhibition. Adolf Hitler serait l’exemple de l’effet désinhibant du pouvoir. Décrit comme une personnalité, en privé, timide, une fois mis en position de diriger une foule, Hitler se muait en une sorte de surhomme en transe extatique, sous l’effet d’une sorte de fantastique psychotrope face à une foule délirante (désirante ?).  humm … suivez mon regard …

2) anxiolytique. Dans  un milieu surexigeant qui aurait mis l’individu en situation anxiogène face à des enjeux d’ambition ou de réalisation sociale, l’atteinte du pouvoir se révèle être vecteur de soulagement. Ce soulagement, promu au niveau d’objet morbide de désir, s’avère indispensable à la survie psychologique du dictateur… re Hhummm …

3) aphrodisiaque. Facilitant le désir, le pouvoir vient potentialiser un fantasme de puissance sexuelle. Napoléon, dont l’enfance l’orientait vers l’ascèse et le refoulement, une fois empereur, s’étonnait lui-même de cette conséquence du rang, en écrivant :  » A la longue, trop de pouvoir ne peut que dépraver l’homme, même le plus honnête.  » …re re hummm …

4) addictif. « La manie de régner sur les esprits est la plus puissante de toutes les passions « . « Ce qui intéresse l’homme politique (…) ce n’est pas l’argent. C’est le pouvoir. Il ne pense qu’à ça tout le temps, jour et nuit. ».

Ces deux formules, respectivement attribuées à Napoléon et Mitterand, caractérisent une dépendance psychique, un irrésistible désir de l’objet, une réelle addiction au pouvoir. Cette addiction, perversion narcissique en soi, s’exprime alors par :

a)     une quête effrénée et incessante des symboles (médailles, 4X4, gardes du corps, palais) dans une forme d’érotisme anal,

b)     une mégalomanie, folie des grandeurs comparable au fantasme de toute-puissance de l’éthylique.

c)     un contre-étayage où l’homme de pouvoir a besoin qu’on s’oppose à lui, qu’on se plaigne, parce que c’est dans l’écrasement de l’opposition que sa jouissance s’établit.

 Re re re re hummm … Wep … Ca parait évident … Si vous avez reconnu certains dans ces lignes, dites vous donc bien que les mettre dehors et les guérir ainsi de leur addiction et de leur névrose sera le meilleur service à leur rendre …

Posted in: opinions