Après l’affaire du BANI … Inquiétudes …

Posted on 22 novembre 2010

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« Si vous y allez et si vous ralliez suffisamment de monde, je vous rejoins » … C’est certainement sur ce genre de pseudo-engagement de la part d’improbables complices que des bidasses adversaires avant-hier et alliés aujourd’hui se sont lancés dans une entreprise hasardeuse en croyant que leur seule aura et une annonce bateau suffirait pour propager l’incendie et permettre tous les ralliements nécessaires … En Mars, c’est une cascade de trahisons / défections qui se sont succédées sur une quinzaine qui a permis le putsch de 2009.  C’est l’opportunisme qui fait la réussite des révolutions et des coups d’Etat. Il n’en a pas été question ici … Pétard mouillé…

Les règlements de compte risquent d’être violents au sein de la HAT, parce qu’il est probable que ces bidasses se soient engagés avec l’espoir (la promesse ? ) d’un certain nombre de défections au sein du pouvoir en place … Ceux là ne doivent se sentir pas très rassurés aujourd’hui, dans la perspective de règlements de compte et d’épuration  …

Et l’espoir rapidement déçu des légalistes de voir se confirmer la thèse d’une implosion endogène de la HAT, devrait leur faire comprendre que les choses ne seront certainement pas aussi faciles et que les stratégies de pourrissement ne serviront qu’un seul résultat : l’enfoncement du pays dans l’anarchie …

Je qualifiais l’affaire du BANI  de « non-évènement » parce que j’étais convaincu de l’inanité de l’opération. Ce putsch raté n’est toutefois pas anodin, parce que sa résolution bâtie sur des arrangements, sur un « arrosage » financier de certaines parties et sur la répression  risque encore d’accentuer la déliquescence de l’Etat. La conclusion de la crise du BANI risque de conférer encore plus de poids à certains groupes (armés ou non) et certains réseaux, en sachant que ceux là même  n’ont aucun  intérêt à un retour à l’ordre. D’autant que l’affaire va bien évidemment servir à décrédibiliser l’opposition et asseoir encore plus les radicalismes et l’unilatéralité du pouvoir.

Ce « pouvoir » s’avère contrôlé par des groupes d’individus essentiellement  préoccupés de leur enrichissement et rétifs à toute normalisation qui les mettrait en péril non seulement en termes de remise en cause de leurs intérêts financiers mais en péril aussi sur le plan judiciaire.  Ce sont ceux là qui, improvisant au gré des opportunités et des urgences à défendre, dictent « l’action » et « la politique » du pouvoir avec une seule logique : « le retour à l’ordre, pourquoi faire ? »… et ils  préparent déjà probablement leur échappatoire.

Il est difficile d’imaginer comment en sortir … parce que ça peut durer encore longtemps … et parce que cette déliquescence généralisée (politique, administrative, économique et sociale)  peut mener à une explosion d’une violence démesurée. On devrait tous rejeter absolument cette hypothèse et tout faire  pour que ce scénario cauchemardesque ne devienne pas réalité.  Il n’est plus lieu de s’accrocher à nos frustrations passées. Il y a urgence.

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