Et hop … toujours à propos du pétrole

Posted on 28 avril 2010

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pétrole mouette

La France n’a pas de pétrole, mais elle a des idées, c’est bien connu

Le reste du monde a du pétrole, mais aussi beaucoup d’idées sur la façon dont on peut trafiquer les chiffres des réserves mondiales…

En fait, ces dernières sont exagérées de 30%. Parce que les pays producteurs mentent et que les agences internationales qui compilent les statistiques sont inefficaces, voire pire. Vous pensiez que vos petits-enfants auraient accès à un pétrole abondant et pas cher ?

C’est le moment d’ouvrir les yeux
Jusqu’ici, la pensée unique partait du principe que la planète abrite entre 1 150 milliards et 1 350 milliards de barils d’or noir. De quoi faire le plein assez souvent, me direz-vous. Au rythme de consommation actuel — quelque 80 millions de barils par jour — cela nous fait une bonne quarantaine d’années de consommation.

Les réserves sont exagérées de 30%
Le problème, c’est que l’université d’Oxford vient de révéler que les réserves mondiales seraient plutôt dans une fourchette de 850 à 900 milliards de barils, soit un bon tiers de moins. Cela correspond au maximum à 30 ans de consommation actuelle, sans compter l’inévitable augmentation de la consommation en Chine ou en Inde.

Le compte à rebours va commencer…
Dès 2014, poursuivent les chercheurs d’Oxford emmenés par Sir David King, la demande sera supérieure à l’offre. En clair, nous taperons alors dans les stocks, qui se réduiront à la vitesse grand V.

Tic-tac : cela commence dans quatre ans…

Comment en est-on arrivé là ?
Les mensonges des pays producteurs, en particulier ceux appartenant à l’OPEP, ne sont pas une nouveauté : chacun a surévalué ses réserves dans les années 80 alors qu’il s’agissait d’obtenir des parts de marché.

Le raisonnement était simple : davantage de parts de marché = un quota de production plus important au sein du cartel = davantage de revenus pour le pays. Alors, face à cela, un petit mensonge par-ci par-là, hein…

Sauf que…
Sauf que les institutions internationales qui étudient le marché du pétrole ne prennent pas en compte cet aspect politique des estimations. Pas plus l’Agence internationale de l’énergie (IEA) que l’Agence d’information sur l’énergie (l’Energy Information Administration ou EIA, supposée indépendante du Département de l’énergie américain).

Les cartes sont biaisées
C’est un peu comme si un institut de sondage savait que toutes les personnes qu’il interroge mentent systématiquement, mais qu’il fait comme si de rien n’était…

Pour en finir avec ces erreurs soi-disant statistiques, l’étude d’Oxford regrette également que le pétrole non conventionnel – les sables bitumineux du Canada par exemple – soit inclus dans les calculs publics. « L’AIE est financée par ses membres et elle doit faire en sorte qu’ils soient des clients satisfaits », résume Sir David King, qui fut le conseiller scientifique du gouvernement de sa Gracieuse Majesté…

Oui, je sais : on vous a déjà fait le coup…
Oui, je sais : on vous a déjà fait le coup du pétrole rare dans les années 70, et pourtant rien n’a changé. Alors, les théories du complot à la Mayor, ça vous laisse de marbre.

N’empêche qu’en septembre dernier, selon le Wall Street Journal, les spécialistes interrogés par Dow Jones s’attendaient à un recul des stocks américains de 2,5 millions de barils la semaine du 11 septembre. Dans les faits, la baisse a atteint 4,7 millions de barils. Or une « correction » bienvenue des stocks à Cushing, Oklahoma (la plus importante plateforme de stockage commercial aux Etats-Unis) a été passée dans les chiffres officiels, pour équilibrer les choses. Résultat : les cours ont bondi de 2,2% quand même.

Un sévère krach énergétique est inévitable…
« Un sévère krach énergétique est inévitable sans une expansion massive des capacités de production et de raffinage », avance le dernier rapport du Joint Forces Command, une émanation du Département de la défense américain chargée de réfléchir aux crises futures.

Ces gens, passablement occupés, estiment que le pétrole et le charbon demeureront les principales sources d’énergie jusqu’en 2030. Mais pour cela, il faudra trouver l’équivalent des réserves saoudiennes tous les sept ans. Bonne chance !

Les compagnies pétrolières vont manquer d’ingénieurs, de plateformes de production et de raffineries, conclut le JFC.

Certains vont se mettre à prier que le volcan islandais Eyjafjöll continue à cracher ses cendres jusqu’à la nuit des temps, cela permettrait déjà de réduire la consommation de kérosène…

Le baril est à 84$ aujourd’hui … à combien devait il être déjà,  pour que les gisements de Bemolanga soient intéressants ???

source : Marc Mayor, Edito matières Premières et Devises


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