Sommes nous tous des moutons ou des fanatiques…?

Posted on 11 juillet 2009

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Par Lalatiana Pitchboule

L’emprise d’un politique sur son public, quel que soit le système de valeurs sur lequel elle se bâtit – c’est-à-dire que son discours et sa stratégie fassent l’objet d’une inversion de valeurs ou pas – s’appuie TROP SOUVENT sur une vision du monde simplifiée et manichéenne. L’individu est ainsi fait que sa paresse naturelle le poussera naturellement vers le message politique le plus simpliste … C’est là le populisme

Ainsi le discours l’homme politique est il caractérisé par une monstrueuse et scandaleuse hypocrisie : si l’unique finalité de l’action politique n’est que la prise de pouvoir (ou la conservation du pouvoir), l’homme politique ne peut exister qu’en NIANT de manière MORTIFERE son adversaire.

Ceci est d’autant plus grave que, si son projet, faute de moyens et contraint par l’environnement n’offre pas d’alternative, ou si pire encore l’adversaire lui ressemble, la stratégie auquel il se fixe est nécessairement suicidaire. Mais comment peut il en être autrement, s’il doit justifier de son existence même pour prétendre à un minimum de légitimité auprès du public des partisans prêts à le suivre.

… L’enfer est toujours l’autre, la lumière est toujours au dessus de nous …

Mais si le tribun de talent et doté de charisme n’a pas lui-même de vision définie, si son action ne s’appuie sur aucune forme d’éthique que celle de la conquête du pouvoir, et si l’environnement masque sa capacité de nuisance, sa DANGEROSITE est alors EXTREME parce que ses enjeux ne sont pas de faire adhérer les masses à un discours et à des valeurs mais d’endoctriner les masses. Cet endoctrinement s’avère alors crucial pour sa survie politique.

Pour les individus qui se seront ralliés ou identifiés à sa cause et à ses discours, si le monde est tel que l’autorité politique le définit, les actes changent de signification. Dans ce sens, toutes les actions qui s’inscrivent dans le respect du discours deviennent légitimes. Toutes ces actions se caractérisent désormais par la perte du sens de la responsabilité.

Le sens de l’éthique et le sens critique ne disparaissent pas, mais s’adaptent à ce nouveau référentiel. Et la responsabilité ou la notion de responsabilité disparaît au profit de l’appartenance.

On rencontre là un véritable processus d’aliénation qui voit l’individu devenir étranger à lui-même (je ne te reconnais plus…, je ne te comprends plus, …) en perdant sa propre parole pour s’attacher à un référentiel accroché à sa propre angoisse.

A l’exception de ceux qui peuvent, parce que c’est leur métier et leur rôle (d’ailleurs le rôle du VRAI journalisme est là : se documenter, enquêter) peu de citoyens disposent réellement d’éléments consistants sur lesquels fonder leurs choix politiques. Il ne restera aux autres citoyens que l’émotion, l’évaluation spontanée de l’évènement et de l’image pour fonder leur sympathie pour un candidat ou un parti ?

Si les attitudes, les préférences et les comportements socio-politiques des citoyens peuvent résulter de processus rationalisés, ils découleront très souvent de processus émotionnels et affectifs inconscients.

La prise de conscience de ces éléments s’avère fondamentale si on veut sortir de l’hystérie actuelle (*) … Parce qu’il va bien falloir un jour qu’on se parle … et que les partisans « fanatisés » de TGV cohabitent de nouveau avec les partisans « fanatisés » de Ra8.

… pour que vive Madagascar …

Lalatiana Pitchboule

(*) je le redis haut et fort : Je suis un anti HAT/TGV profond et un pro-Ra8 séduit par l’entrepreneur et sa vision, déçu par l’homme. Mais notre intérêt n’est pas de guerroyer à long terme sur la valeur morale de nos engagements respectifs.*

Posted in: opinions