Gouvernance et corruption … vous avez bien dit « Fahamarinana» et « Fihavanana » ?

9 novembre 2009

Enoncer « nos politiciens sont des corrompus qui appauvrissent de manière criminelle le pays », pour malheureuse et scandaleuse que soit la réalité de cette assertion, ne doit pas nous faire oublier que la corruption est un mal qui touche profondément toutes les couches de notre société. Il est aberrant qu’on se RESIGNE même, en la matière, à une certaine forme de « normalité ». Selon le rapport de Casals & Associates de 2005 « Evaluation de la lutte contre la corruption à Madagascar » présenté au CSLCC (Conseil Supérieur de Lutte Contre la Corruption, devenu depuis CSI), 60 à 67% des ménages interrogés et 45 à 48% des agents de l’Etat considèrent que la corruption est monnaie courante pour obtenir des services, ou pire pour changer une décision de justice. Il ne s’agit pas ici seulement de perception : 41 % des ménages interrogés dans l’enquête déclarent avoir subi OU EMIS un pot-de-vin !

Enjeu d’envergure dans la meilleure gestion des relations d’une administration avec ses administrés, le sujet est crucial : « Pourquoi, moi artisan ou petit commerçant sortirai-je de l’informel, pourquoi, irai-je prendre des risques à me lancer dans une entreprise si je dois au passage engraisser quelques agents indélicats et incompétents ? » … L’idée peut paraître insoutenable à beaucoup.

Analyse inquiétante. Quand par extrapolation, l’étude Casals estime que les populations à faible revenu ou les populations à revenu plus élevé dépensent respectivement 7% et 2,5% de leur revenu en pots de vin, pour un montant annuel évalué 3,2 milliards d’ariary (16 millions de US$), on est confrontés là un fléau qui s’avère un obstacle majeur au développement
1) parce qu’il freine l’initiative des usagers refusant d’avoir accès aux services publics de peur d’avoir à subir la contrainte d’un bakchich : « je préfère ne rien faire plutôt que d’aller affronter des agents de l’Etat qui ne sont pas à mon service et vont me vampiriser » …
2) parce qu’elle obère les possibles recours et la confiance des citoyens dans leur système judiciaire qui les saigne au lieu de les protéger : « et en plus, je ne peux même pas me retourner vers la réglementation et une action de justice pour obtenir réparation ».
3) parce qu’il tue le respect des institutions politiques : « pourquoi devrais je faire confiance à un système politique incapable de mettre en place les institutions qui me protègeraient, moi citoyen, dans mon quotidien ?» … Et pire, « quelle ambition puis je insuffler à mes enfants ?».

Ces phénomènes de corruption au quotidien sont donc bien plus pervers qu’on ne le voit, parce qu’ils obèrent profondément et durablement les capacités d’initiatives des individus et des organisations et brime le développement de la démocratie.

Dans ses formes multiples,
- service rendu de manière « bénigne » à une relation familiale (népotisme, délit d’initié ou favoritisme … ) ,
- « petite » corruption administrative au quotidien (i.e pour obtenir un permis ; pour le pour boire du «mangatsika aho ry sefo »),
- corruption de « haut » vol ( prébendes et cadeaux nécessaires à l’obtention d’un marché),
- ou « grande » corruption politique (détournement de budgets publics, aménagement de la loi pour favoriser des intérêts particuliers…),
cette perversion des échanges sociaux est un phénomène qui doit être combattu et éradiqué pour que l’on puisse espérer un réel progrès de notre société dans le cadre d’un DEVELOPPEMENT VERITABLEMENT DURABLE.

Il nous a paru intéressant de tenter une approche synthétiste des phénomènes de corruption, afin de pouvoir apporter aux uns et aux autres des éléments, d’une part, d’appréciation du phénomène et, d’autre part, d’évaluation des axes de vigilance et d’intervention possibles.

Approches théoriques …
Evaluée comme Cause ou comme Effet de l’insuffisance des institutions, la corruption fait l’objet de trois approches théoriques. On laissera de coté une quatrième approche neo-marxiste, qui voit dans l’essence même des échanges capitalistes l’origine de la corruption : on ne va quand même pas revenir aux schémas socialistes de la période Ratsiraka pour résoudre le problème.

La corruption est vue selon certains théoriciens du développement comme résultante d’une faiblesse endémique des institutions : la faiblesse de l’Etat de droit caractérisée par l’incertitude du régime des contrats, les carences du système judiciaire, l’inadéquation des procédures de marchés publics et leur approximation et enfin l’absence de contre-pouvoirs institutionnels, laisse de fait encore part trop belle aux procédures informelles. La solution politique serait ici de s’attaquer fermement à la mise en place d’institutions stables et dotées de moyens ad hoc et à la mise en œuvre de réels contre-pouvoirs institutionnels.

Une deuxième approche théorique, ancrée dans le paradigme néolibéral, pose le postulat suivant : la nature pléthorique des administrations, dans laquelle les agents administratifs et politiques agissent en véritables agents économiques rationnels exploitant le système à leur propre avantage et « manipulant les politiques macroéconomiques à des fins pécuniaires et à des fins de promotion de divers types d’activités génératrices de rentes », est la cause structurelle des phénomènes de corruption de nos pays. Les voies de la lutte contre la corruption vue selon ce modèle théorique seraient une politique de restructuration drastique et de réduction de l’Etat.

La troisième approche théorique défend une thèse (choquante, mais …) selon laquelle les valeurs, l’organisation sociale, les moeurs même, définissent des caractères culturels qui favorisent la corruption. Les modes traditionnels de relations sociales, castiques, familiales, claniques, la relation à l’autorité font le berceau du népotisme et de l’appropriation du pouvoir politique au service de la famille ou du clan. Selon cette approche, l’implication des masses dans le sens d’une modernisation des valeurs fondatrices traditionnelles, pour les appliquer à des valeurs modernes de bonne gouvernance, définirait l’axe d’une intervention politique contre la corruption.

Culturel dites vous … ?
On s’attache en fait trop souvent aux effets et aux mécanismes de la corruption quand notre problème reste avant tout la dilution des valeurs fondamentales qui bâtissaient traditionnellement une société malgache sur le Fihavanana (solidarite/respect), le Rariny (juste) et le Marina (vérité) , sur la valeur spirituelle de l’humain et sur l’intérêt communautaire.

L’inscription du « famaharinana » comme valeur fondamentale dans la Constitution de la République, valeur reprise dans le serment du personnel du Bianco, grave dans le texte le vœu d’une évolution des comportements, le vœu d’un retour à des valeurs fondamentales, dans une société où ce principe d’intégrité s’est historiquement peu à peu dilué et où notre Fihavanana a perdu son sens premier.

Patrick Rafolisy, dans son très beau travail de thèse, corrèle ainsi dans une étude d’histoire du droit pénal malgache depuis le XIXème à nos jours, l’évolution (généralisation) de la corruption dans la société malgache avec l’évolution du droit pénal, des pouvoirs judiciaires et des relations sociales. Son étude énonce en particulier que depuis le XIXème, la dilution des pouvoirs du Fokonolona, la perversion du Fihavanana et du Mifandefitra – quand sur ces valeurs se sont appuyées les « relations de parenté et de clan et d’alliance avec le souverain» des détenteurs de pouvoir – ont développé l’impunité de l’acte de corruption, au lieu de défendre l’intérêt communautaire et ont fondé la généralisation de la corruption.

Concernant la population victime des abus, des comportements induits par le Fihavanana la rendaient vulnérables face à ces tenants de pouvoir. En respect et de la préservation du Fihavanana envers son entourage, y compris les tenants de pouvoir qui sont souvent des mpiara-monina (co-habitants), le malgache est enclin à être tolérant, par le biais d’une valeur aussi essentielle, le mifandefitra. Cette vertu qui pousse à ne pas blesser son semblable peut être une cause de tolérance des malversations, même si au fond il ne les approuve pas du tout. Enfin, pour l’entretien du Fihavanana, kolokolo, le malgache favorise la culture des échanges de présents et d’avantages[…]. Lesquels pouvaient se muer facilement en contrepartie de transactions corrompues.(Rafolisy. 2008)

En l’occurrence, parce que la résignation des populations à l’autorité prédatrice (« baah … ça a toujours été comme ça, on doit se résigner à ce que les gens qui ont un peu ou beaucoup de pouvoir se sucrent … », est un phénomène mortifère dans notre société, l’éducation et l’information des masses doivent faire l’objet d’une attention particulière.

Qu’avons nous fait jusque là … ?
La lutte contre la corruption et pour la transparence des transactions (Gouvernance et transparence, l’initiative EITI dans “Pétrole à Madagascar : la taille, l’âme et la manne ) est une priorité des instances internationales, des gouvernements et des agences de développement et fait l’objet de programmes spécifiques dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. (Gouvernance dans le monde). Mais ces enjeux relèvent avant tout de notre propre responsabilité.

Chez nous, les sources du mal sont reconnues, mais les enjeux de survie et la perception populaire sont tels que les discours politiciens s’attachent en général d’abord, en privilégiant la voie pénale, aux effets du mal et à sa répression.

A contrario, les structures de contrôle mises en place ne devraient pas être seulement répressives, parce qu’en ce sens, elles ne s’attaqueraient pas aux racines du problème à savoir : les défauts organisationnels des institutions, le manque de visibilité et d’information des règles et des procédures, la transparence caractéristique de la bonne gouvernance, et le retour de valeurs fondatrices.

C’est STRICTEMENT sur la base de ces principes que le gouvernement Ravalomanana, avec le soutien du Royaume de Norvège en particulier, avait défini son programme de lutte contre la corruption, à travers un cadre législatif : loi anti corruption, création du CSLCC puis du CSI (dont le libellé Conseil pour la Sauvegarde de l’Intégrité n’est pas anodin), création du Bianco, décret sur la déclaration de patrimoine. Ce cadre mettait en place les institutions et les structures ad hoc ainsi que les axes d’intervention : Prévention, Education, Conditionnalité, Investigation et Sanction.

Que le dernier rapport d’activité du BIANCO publié date du DEUXIEME TRIMESTRE 2008 (!!!), doit nous interpeller : pourquoi l’a-t-on quasiment démantelé (faire contrôler par le Bianco des épreuves d’examen le baccalauréat !!!) ? Mais l’évaluation de la réalité de la portée de son action et de ses limites est un autre sujet.

Les outils, les structures sont là. Les principes fondateurs sont établis, les valeurs ont été institutionnellement posées. Que nous manque t il donc : les conserver, les respecter ? Il est ainsi une autre évidence à énoncer : la lutte contre la corruption ne doit pas relever que de la seule rhétorique politicienne.

Et, en l’occurrence, si un nouveau projet politique doit prendre en compte une réelle stratégie de lutte contre ce fléau, nous ne devrons jamais perdre de vue qu’il ne faut pas le limiter aux mécanismes des hautes sphères de l’Etat, mais chercher à s’attacher à résorber l’expression de la corruption dans toutes les couches et tous les secteurs, tant du domaine public que du domaine privé, de notre société… et retrouver nos valeurs fondatrices, dont notre fameux Fihavanana, aujourd’hui perverti.

Et le « fahamarinana », principe d’Intégrité qui définit la préservation de l’intérêt général, est une valeur qui doit régir nos comportements citoyens.

Notes
• CSI (ex CSLCC) : Conseil pour la Sauvegarde de l’Intégrité. Rôle : Pilotage de la composante Intégrité du Programme National de Bonne Gouvernance.
• BIANCO : Bureau Indépendant Anti-Corruption. Rôle : coordonner la mise en œuvre de la Stratégie Nationale par l’Education, la Prévention et l’Investigation
Sources
• Je recommande la thèse de doctorat de Patrick Noël Rafolisy. « Protection juridique de l’intégrité morale et développement durable : le cas de Madagascar» – 2008
• DIAL (Lavallée, Razafindrakoto, Roubaud) : « Les mécanismes à l’origine de la corruption : une analyse sur micro-données africaines » – 2008
• Transparency International : « Rapport Mondial sur la corruption 2009 »
• Transparency International : « Rapport Mondial sur la corruption 2007 »
• Casals & Associates : « Evaluation de la lutte contre la corruption à Madagascar » – 2005
• Dr Jacky Talonto : « Corruption en Afrique »
• Le site du Bianco

(c) Patrick Rakotomalala (lalatiana pitchboule)-Novembre 2009


Mes trois premiers billets ….

8 novembre 2009

Troublante synchronicité …

Dimanche, 5h00 du mat … Petit vélo dans la tête … je suis un peu sous adrénaline avec le projet fédé, le dernier papier sur la corruption qui ne me satisfait pas et la thèse de Rafolisy à finir de lire, mon planning et mes déplacements de la semaine à venir… insomnie …

… Surf sur les liens référencés de madagoravox … « tiens ça fait longtemps que chuipas allé voir ce qu’a écrit Solofo sur son Maudigascar… titre de l’article « mes trois premiers billets » … ??? … sympa de raconter son histoire, faudrait que je le fasse aussi … il cite NJ’s … normal ….

… Hohohoho, il parle de Citoyenne Malgache … génial, elle prend sa place dans la blogsphere, la petite. Normal, avec son talent …

… Tiens, c’est qui cet Achille et son reflexiums ? … Hon hon … pas mal, faut que je le mette dans mes blogrolls … C’est quoi cet article « mes trois premiers billets » j’ai déjà vu ce titre il me semble … rrrrrr … je suis lourd là, chuis perdu … Et puis lui aussi il cite Citoyenne … décidemment ;-)

… Sur le site de Citoyenne, un titre là encore « mes trois premiers … » … aaaaahhhhhh ouiiiii … C’est une chaîne, imbécile !!!!

… en première référence : Rota et son Mon madagascar à moi … Mon netchineur préféré qui s’échine et qui rêve avec ses idéaux et son engagement… elle aussi je l’aime … Et bien sûr : le maître incontesté et incontestable Ndimby et son fijery. … Chapeau bas, camarade … Et en dernière référence … MOI ??? … MOI !!!! … pété de rire .. La boucle est bouclée … Citoyenne, j’ai enfin compris le sens de ton dernier mail … Mort de rire !!!

Bon …. Allez, comme l’exercice est intéressant je vais un peu parler de Madagoravox …

A l’origine un groupe de gens très en colère qui se se sont reconnus sur les forums de Madagascar Tribune et qui ont commencé à échanger par mail réunis autour de Citoyenne : « révoltés izahay » et fédérés par les éditos de M.T … et c’est sur une idée de Ragasy que le nom madagoravox a germé avec le besoin de créer un blog pour fédérer et échanger …

Mon premier papier … sais plus très bien … vu que j’en ai perdu une grande partie lors de l’interdiction de mon premier blog hébergé par canalblog pour d’obscures et imbéciles raisons … mais qui m’ont apporté une audience inespérée … :-)

Je relis les plus anciens de ceux que j’ai récupérés … fou rire … quand je revois ce billet sur le démantèlement de Tiko « 1975-2009… mêmes errements idéologiques ». Ou mes premiers coups de gueules sur le traitement de la crise malgache par les médias français « AFP, France Monde, Quai d’Orsay … C’est une conjonction lunaire, ou quoi ? »…

Quel chemin parcouru avec mes amis … depuis mon billet sur l’affaire Daewoo, depuis mes premiers articles et dossiers publiés sous l’impulsion de Patrick A., editorialiste de Madagascar Tribune et (encore et toujours lui) de Ndimby … depuis mes guéguerres avec Ramambazafy et Newspress qui m’ont ouvert des portes inattendues … que de pages dévorées, que de clics fiévreux et de frappes énervées la nuit, sur ces premiers posts très en colère, pour arriver à sortir, plus analytique et constructif, mes ultimes papiers sur la diaspora …lesquels portent désormais de nouveaux projets …

Curieuse page que cette année 2009… Malgré la violence des évènements qui ont frappé notre pays … Ils auront aussi permis d’éveiller la conscience citoyenne et l’engagement politique de beaucoup… dont moi … et de tisser sur le net, un réseau de réelles amitiés à la richesse surprenante … Merci à tous, du fond du coeur …

… Dans cette chaîne, je passe le relais à Sylvain Rakotoarison , qui, lui aussi, m’a alimenté de choses intéressantes … Bien à lui …

(c) Patrick Rakotomalala (lalatiana pitchboule)-Novembre 2009


Diaspora malgache et co-développement ( chap 3)

23 septembre 2009

Coopération, Aide Publique au Développement, co-développement …

Les politiques de coopération et d’aide au développement se sont définies au cours des précédentes décennies en reflétant les enjeux stratégiques des pays donateurs et l’évolution des théories économiques prônées par les institutions financières. Les modèles de l’aide massive (« Industries Industrialisantes », « Pôles de croissance »), ont ainsi évolué en modèles du « rééquilibrage des finances publiques » (PAS : Programmes d’Ajustement Structurels). Les années 90, confrontées à la question enfin devenue primordiale de la réduction de la pauvreté et de la satisfaction des besoins essentiels, ont vu apparaître de nouveaux archétypes préconisant la mise en place de stratégies de coopération équilibrée. Se sont mis ainsi en place d’une part l’articulation d’acteurs non gouvernementaux (ONGs locales) et, d’autre part, la diversification des canaux bilatéraux d’aide au développement.

Même s’il s’inscrit désormais dans une tendance à la hausse, le niveau mondial de l’Aide Publique au Développement reste encore très loin de l’objectif des 0.7% De plus, cette augmentation certes méritoire laisse perplexe quand les besoins évalués pour satisfaire les objectifs du millénaire se chiffrent à 250 milliard de $ par an. Quand bien même les pays du Nord honoreraient leurs engagements, ces sommes ne satisferaient qu’à moitié les besoins des pays en développement. La nécessité de trouver de nouveaux moyens de financements s’impose donc avec force à l’heure où les ressources mobilisées peinent à rendre viable à long terme le développement des pays du Sud
(« Rapport sur le co-développement ». GODFRAIN / CAZENAVE 2007)

C’est dans le sens de cette diversification que les institutions internationales et les pays donateurs ont pris en compte les apports potentiels des diasporas dans le développement.

Le terme de co-développement définit ainsi une approche qui – impliquant A LA FOIS les institutions étatiques, les organisations internationales, les associations de migrants et les sociétés civiles locales – veut faire des migrants des acteurs effectifs de la croissance de leur pays d’origine (mais aussi de leurs pays d’accueil respectifs !). (*)

Dans le cadre de la politique de participation des sénégalais de l’extérieur à l’effort national de développement, le Gouvernement de la République du Sénégal a organisé en 2001, à l’initiative de Son Excellence Maître Abdoulaye WADE, Président de la République, le “Symposium sur le partenariat entre l’Etat et les Sénégalais de l’extérieur”, rencontre qui a permis de mobiliser tous les acteurs pour mener une réflexion sur l’implication de la diaspora sénégalaise dans le développement économique et social de notre pays, mais également pour définir les conditions et les appuis nécessaires. http://www.codev.gouv.sn/

Cette approche (voir notre article) définit les buts et moyens suivants :
- La mise en place de structures financières et inter-bancaires Sud/Nord/Sud ainsi que de mesures incitatives (bonification des taux, fiscalité favorable, moyens de paiement et de transfert assouplis, etc …) pour :
- Structurer les transferts de fonds informels pour des apports en devises plus profitables à la balance des paiements (crédits, échanges électroniques ; …),
- Attirer l’épargne des migrants vers des produits de placement locaux,
- Attirer les capacités de financements des migrants vers des investissements véritablement productifs et porteurs de croissance dans l’économie locale,
- Favoriser l’entreprenariat du migrant dans son pays d’origine.
- L’incitation au retour des migrants (qu’ils soient experts ou non) en leur offrant en termes d’accueil, d’investissement, de revenus (subventions d’aide au retour, fiscalité aménagée, prêts d’emménagement, prêts d’investissements, …), des conditions propres à les inciter à un retour sans attendre de satisfaire l’ambition d’une retraite au pays bien méritée …
- La mise en place de mesures incitatives et de structures, d’outils (i.e NTIC) et de modalités de coopération et d’échanges entre les groupes de techniciens, d’experts, de chercheurs, d’universitaires de la diaspora et des pays d’origine. On voit là, en particulier, un moyen de mieux impliquer les natifs du pays plutôt que de coûteux experts étrangers sur des projets de recherche, d’études et développement dans les domaines juridiques, scientifiques, agricoles, économiques, financiers, éducatifs , etc …
- La fédération des associations des migrants de la diaspora et la mise en place de structures d’échanges avec les tissus économiques locaux, les sociétés civiles et les ONGs locales, afin de caractériser, identifier et réaliser les projets de développement et d’intervention les plus pertinents.
- Le développement des synergies ONGs et / OSIM (Organisation de Solidarité Internationale Issue des Migrations : i.e Vonjy Madagascar).
- La mise en place de structures étatiques jouissant d’une couverture interministérielle pour assurer l’accompagnement et l’interface de ces différentes mesures au niveau local, national et international.

Les formes d’applications seront nombreuses, reflétant évidemment les nuances de pays à pays en termes de culture, d’histoire, d’économie, de finance, et surtout de volonté politique.

Mise en place d’un ministère des Guinéens de l’extérieur
La Guinée se dote d’un ministère chargé des questions relatives à ses ressortissants vivant à l’étranger. Un décret présidentiel portant sur les attributions et le fonctionnement du ministère des Guinéens de l’extérieur vient en effet d’être publié le 26 août 2009. Le texte donne pour mission à ce ministère “la conception, l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation de la politique du gouvernement en matière de gestion des Guinéens de l’extérieur”. Il s’agit donc “d’élaborer et de promouvoir les politiques et stratégies visant l’implication réelle et la participation effective et soutenue des Guinéens de l’extérieur à l’effort du développement national”. Sam 29 août 2009

Pays en illustration : 1) le Maroc …

Selon l’Office Marocain des changes, les transferts des migrants du Maroc représentent annuellement une moyenne de 4,7 milliards de dollars (données 2004), soit 9,5% du PIB.
En termes de financements, 70% des investissements des migrants marocains ont pour destination leur pays d’origine, contre 23% pour le pays d’immigration… Quand, en dernier ressort, on apprend que 30% des dépôts des banques marocaines sont détenus par ces expatriés, on s’assied …. et on réfléchit.

Il n’est donc pas anodin, dans ce sens, que le gouvernement marocain témoigne suffisamment d’intérêt à sa diaspora pour lui dédier un ministère délégué auprès des Affaires Etrangères et de la Coopération chargé des Marocains Résidant à l’Etranger… Cause ou effet des flux, ci-dessus ?

Les transferts effectués par les migrants vers leur Maroc natal, sont facilités par un réseau bancaire de proximité développé par les banques marocaines à l’étranger qui ciblent particulièrement leurs ressortissants. Ce réseau qui s’est imposé face aux banques des pays d’accueil, a en particulier accompagné une évolution de la part des transferts dans le PIB du Maroc de 5,5% en 1999 à 9,5 % en 2004.
Sur un autre plan illustrant simultanément les thèmes du retour au pays, de l’investissement, de l’entreprenariat, du développement local, de la coopération avec les autorités nationales et internationales, le cas de l’ONG marocaine Migrations et Développement (M&D http://www.migdev.org/) s’avère significative d’une expérience réussie en termes de co-développement.

Le fondateur de M&D, licencié de son entreprise de sidérurgie, réussit dans les années 90 à convaincre un groupe de marocains dans la même situation de rassembler leurs primes de licenciement et de départ (cf mesures d’aides de retour au pays) pour un projet de retour et de développement durable.
En s’attachant à impliquer sur un mode participatif les bénéficiaires villageois, les migrants et les acteurs locaux mais aussi des acteurs internationaux, sur des actions à moyen et long terme de développement de zones aux infrastructures rudimentaires, M&D a ainsi porté à son actif des réalisations probantes :
- La conduite d’un vaste projet d’électrification décentralisée de 116 villages dans quatre provinces du sud du Maroc (lequel a fini par pousser les autorités marocaines à investir dans la région une fois désenclavée),
- l’irrigation et l’adduction en eau potable de 350 ha de terres arables,
- Le lancement, avec les élus et administrations locales, d’infrastructures qui a permis la mise en place de construction de 603 Km de routes pour accéder sur la zone aux 39 communes rurales non encore reliées au réseau routier national.
- Le développement e 26 ’Ecoles « Non Formelles » (ENF), accueillant dans une classe unique, et avec des horaires et modes éducatifs adaptés aux villageois, des jeunes de 6 à 18 ans.
- La réalisation de programmes d’échanges bilatéraux de M&D promouvant des rencontres pouvant déboucher sur des jumelages entre les régions. Une centaine de Chantiers Echanges de jeunes ont dans ce sens eu lieu mobilisant plus de 1000 participants, associant des groupes de jeunes aux villageois pour des travaux de construction, d’irrigation, etc … En leur offrant d’une part l’occasion de vivre ainsi une rencontre avec une culture différente (parfois celle de leurs parents)et, d’autre part, une sensibilisation aux enjeux du développement.
- le développement d’investissements économiques relatif à la valorisation de produits locaux (safran, huile d’olive, huile d’argan … ) et au développement du tourisme rural.

A l’image du Maroc, différents pays africains se sont depuis engagés dans cette démarche d’intégration et d’implication de leurs diasporas. Les gouvernements de pays tels que le Nigeria, le Ghana, la Guinée, le Kenya, le Mali, la Cote d’Ivoire, le Sénégal, l’Ouganda, le Soudan, énumérés ici de manière non exhaustive, ont ainsi formellement reconnu la nécessité de mettre en place des structures étatiques pour favoriser et développer les échanges des émigrés avec leur pays. Ce développement s’est établi sur la base de coopération structures officielles – fédérations d’associations tournées vers le développement, tout en faisant jouer les mécanismes financiers et logistiques fournis par les programmes nationaux, bilatéraux ou internationaux.

Pays en illustration : 2) la Chine …

Un autre exemple significatif du sujet nous est fourni par la Chine dont le développement actuel s’est largement appuyé sur une implication de sa diaspora.

Dans l’objectif d’attirer et d’exploiter au mieux le potentiel technique, scientifique, culturel et économique de ses migrants, les autorités chinoises ont très tôt modifié les contextes réglementaires (visas à entrées multiples, contrats de travail, …), ou aménagé de manière incitative leurs conditions d’intégration économique (exemption de taxes et d’impôts, avantages compensatoires aux variations de salaires, primes de retour, …).

Les membres de la diaspora chinoise ont de même pu bénéficier, à tous les niveaux de l’Etat y compris de manière décentralisée, d’un support logistique ad hoc (création de parcs technologiques dédiés), mais aussi de la mise à disposition d’infrastructures de communication et d’information spécifiquement adaptées pour favoriser les échanges qu’ils devaient maintenir avec l’extérieur.

Sur le plan politique, une instance gouvernementale a été créée : le « Department for Overseas Chinese Affairs (Qiaoban) » dédié aux affaires touchant la diaspora chinoise, est rattaché directement aux plus hautes instances de l’Etat. Il dispose de représentations régionales, locales et internationales au sein des ambassades chinoises à l’étranger.

La « All China Federation of Returned Overseas Chinese » est par ailleurs la structure fédérative qui assure le développement des relations entre les expatriés et le pays en promouvant des échanges culturels, touristiques ou des échanges de délégations. Sa branche humanitaire « Overseas Chinese Economic andCultural Foundation of China » a récemment collecté en 3 ans 60 millions de dollars pour bâtir près de 600 écoles.

En 1990, la loi sur la protection des droits et intérêts des expatriés stipulait que les migrants revenus au pays et leurs familles disposaient désormais du droit de quitter le territoire chinois et de repartir s’installer à l’étranger.

Fruit de cette politique ou origine de cette politique, 70% des investissements étrangers directs qui parviennent en Chine, moteur de croissance essentiel de l’économie chinoise, ont pour source la diaspora chinoise (y inclus Hong Kong et Taïwan) qui a massivement investi dans les industries de main-d’œuvre des « Special Economic Zone ». Les autorités politiques ont, dans ce sens, donné instruction aux exécutifs locaux d’accorder des conditions préférentielles aux investissements des expatriés (baisses d’impôts, droit de l’héritage, droit foncier pour l’établissement d’industries, etc …).

L’investissement immobilier privé a, lui aussi, fait l’objet de mesures incitatives en faveur des membres de cette diaspora chinoise.

Enfin, la coopération technique et scientifique s’est en particulier illustrée par des investissements, faisant jouer tous les mécanismes de lobbying auprès des grandes compagnies et des institutions occidentales. On a vu ainsi le « MIT chinois » la Tsinghua University recevoir des expatries 70 % de ses dotations.

Les exemples sont ainsi nombreux, de Singapour, de la Corée du Sud, de l’Amérique Latine (Colombie, Brésil, Mexique, Venezuala), bref de ces gouvernements et de ces groupes sociaux qui ont mis en place les structures d’échange et de coopération nécessaires et efficientes, conscients que le développement et l’aide au développement ne pouvaient plus désormais se satisfaire de l’unilatéralité pratiquée les décennies précédentes.

Et nous … et nous … Où en est on ?

L’Afrobaromètre 2008 constate que sur le panel de populations de 18 pays d’Afrique étudiés, si plus de 20 % déclarent recevoir au moins une fois par an (41 % au Cap Vert, 27% au Sénégal) des revenus provenant de proches expatriés, ils ne sont que 4% à Madagascar qui ravit la dernière place de ce classement à la Tanzanie (2%).
Ce chiffre très justement commenté dans Madagascar Tribune par le forumiste Vahiny – qui m’a gâché mon effet d’annonce ;-) – ne doit pas laisser conclure que « les émigrés malgaches soient moins généreux, mais seulement qu’ils viennent de milieux plus favorisés … » … Donc moins solidaires ?

Sur le plan associatif, le Journal Officiel de la république française recense plus de 1700 créations d’associations dont les statuts font état du mot « Madagascar » .

Dont
- Interventions sociales (930)
- Culture, pratiques d’activités artistiques, pratiques culturelles, chant choral, musique (429)
- Associations caritatives, humanitaires, aide au développement, développement du bénévolat, (266)
- Conduite d’activités économiques (156)

De cet effectif, 35% seraient actives (estimation par sondage). Majoritairement d’origine malgache (beaucoup sont aussi le fait de sympathisants européens attachés au pays et à l’action humanitaire), ce tissu associatif dénote un profond attachement de la communauté gasy expatriée à ses valeurs et à ses racines, mais reflète aussi pour beaucoup leur désir de continuer à intervenir dans la vie et le développement du pays. Mais que leur offre t on ?

Sur le plan bancaire, la BFV – Société Générale et la BNI – Crédit Agricole, proposent des services spécifiques aux résidents gasy de France (représentation en France pour la BFV, épargne, crédit immobilier, transferts de fonds, investissements). Mais au niveau de l’Etat, point de structure gouvernementale qui, à l’image de ce qui a été vu, ait pu montrer une volonté politique et économique de mieux impliquer ET MOTIVER la diaspora malgache. Il est vrai que le rôle des ambassades et des consulats pouvait partiellement couvrir ce projet. Mais …

L’absence de volonté politique est le reflet d’une relation ambiguë entre l’Etat malgache et sa diaspora. Celle-ci, on l’a vu (cf notre article) est, en particulier depuis 1975, partiellement le fruit d’une forme d’émigration politique. Dans ce sens elle porte différents courants d’opposition aux régimes successifs. Au gré des renversements de pouvoir les relations diaspora malgache – hommes d’Etat décrivent des jeux d’amour et de haine dont personne ne sort gagnant et certainement pas les diasporas en termes de reconnaissance, ni le pays en termes de progrès. Les alliances se renversent vite quand les opposants d’hier parvenus au pouvoir voient se lever une nouvelle contestation.

La diaspora malgache semble ainsi n’avoir d’intérêt aux yeux des hommes politiques malgaches que comme vecteur d’opposition au gré des changements de régime, au gré des exils et des projets de reconquête du pouvoir.

Ceux là même qui refusaient aux migrants et émigrés le droit de vote quand ils étaient au pouvoir, vivent dans les revirements de situation un revirement de leur propres attitudes. La « Gasypora », caisse de résonance de leur opposition et de leurs luttes de reconquêtes en même temps qu’outil de lobbying auprès des institutions des pays d’accueil dont ils quêtent une reconnaissance internationale de leur légitimité perdue, est vue comme un danger dès lors qu’ils sont installés au pouvoir. Ratsiraka, Ravalomanana et Rajoelina l’ont vécu et le vivent.

La méfiance des gouvernants par rapport à la « Gasypora », méfiance malheureusement reliée par les médias pro-gouvernementaux auprès des nationaux restés au pays, a probablement obéré la mise en place de structures de coopération efficientes.

Le tissu associatif malgache expatrié, fruit de volontés isolées, souffre probablement de l’inexistence d’une quelconque fédération qui pourrait apporter un soutien logistique, méthodologique et informationnel et assurer leur mise en relation tant avec les institutions des pays d’accueil, qu’avec les instances internationales et bien évidemment avec le gouvernement de l’Etat malgache et la société civile (ONG).

Une initiative semble avoir été prise avec Hetsika Diaspora, association qui a vu le jour en 2000, laquelle affichait une vocation de fédérer et représenter le tissu associatif malgache. La base Forim (Forum des Organisations de Solidarité Internationale issues des Migrations) la décrit affiliant deux associations respectivement de jeunes et de femmes. Son site web hetsika-diaspora.gasy.org, qui n’est pas en accès public mais en accès réservé (??!!), semble définir une orientation fortement politisée – de fait, peu fédératrice – qui ne peut être propice à la satisfaction d’enjeux de coopération et de développement.

Pourtant, les moyens et la volonté des pays d’accueil et des institutions internationales sont là …

L’union Africaine ( ) et la Banque Africaine de développement, le PNUD et l’Union Europeenne () , La Banque Mondiale pour ne citer que ceux là ont lancé des programmes d’accompagnement et de financement des politiques de mobilisation des diasporas (voir notre article) mais aussi de financement d’actions de projet de développement qui mettraient spécifiquement en relation les associations d’expatriés avec les tissus économiques et les ONGs locales.

Les gouvernements des pays d’accueil, mais aussi les collectivités locales, sont eux aussi à l’origine d’actions favorisant cette coopération qui impliquent des structures officielles et civiles spécifiquement dédiées au co-développement.

Le gouvernement français est ainsi particulièrement actif dans la lignée de sa politique de coopération. Il a posé le concept sémantique de co-développement, et initialisé une politique active dans le domaine posant les principes d’une coopération spécifiquement élargie aux diasporas. Cette politique veut faire émerger les projets au niveau local, encourager la coopération décentralisée, valoriser l’épargne des migrants, rendre plus facile l’accès au crédit, inciter le secteur bancaire à aménager ses dispositifs en faveur du co-développement et mobiliser à la fois les administrations et les diasporas.

La mise en place du FORIM (Forum des Organisations de Solidarité Internationale issues des Migrations) qui regroupe en 2007 quelques 700 associations issues d’une vingtaine de pays d’Afrique, dessine un lieu de concertation entre les associations de migrants et les administrations françaises sur la politique d’aide au développement.

« (le Forim) … est une instance de représentation des OSIM (Organisations de Solidarité Internationales issues des Migrations), chargée de promouvoir les initiatives de ces associations en leur servant d’interface ». (« Rapport sur le co-développement ». GODFRAIN/CAZENAVE. Janvier 2007)

Par ailleurs, sous l’égide d’un « Ambassadeur délégué au co-développement », rattaché administrativement au secrétaire général du MAE français, des programmes concrets, dont ont pu bénéficier le Mali ou le Maroc à titre expérimental, ont été lancés. Les crédits sont déconcentrés au niveau des ambassades qui sélectionnent des programmes mettant nécessairement en œuvre les migrants. L’ambassade de France à Madagascar a ainsi lancé un appel à projets de développement strictement à destination de la diaspora malgache de la Réunion.

Au niveau collectivités locales, le programme de Paris sous son “Paris label co-développement Sud”, qui soutient les projets spécifiquement “ouverts aux associations domiciliées à Paris dont les adhérents sont des migrants » caractérise l’engagement général des acteurs de la vie publique française sur le sujet (Conseil régionaux, Conseils généraux, Villes, Ministère de l’Immigration … ).

En conclusion …

Les solutions et les expériences sont là. Les axes d’intervention possibles sont éminemment faciles à caractériser. Il suffit d’un peu de volonté et d’imagination en s’appuyant sur les modèles préconisés et les référentiels de réalisations déjà menées, y compris par les malgaches eux-mêmes.

Engagement général, dit on … Où est donc celui qu’on pourrait attendre des acteurs politiques malgaches ? Le tissu associatif qui intervient déjà en humanitaire, social, en développement économique, en formation, en relation ou non avec les ONGs du pays, a ainsi bien du mérite à mener et réussir ses actions en dépit de l’inexistence des structures de support que d’autres pays sont capables d’offrir à leurs ressortissants expatriés.

Faute de volonté politique…

Et pourtant les enjeux de développement exigeraient qu’aucun projet politique n’ignore plus cette diaspora malgache … L’ignorer relève à notre avis du non-sens, du plus grand aveuglement politique et économique et d’un cynisme absolu.

… Alors même que la démarche doit dépasser les clivages politiques mais aussi les égoïsmes naturels. C’est de citoyenneté et de responsabilité dont il s’agit. …

___________________________________________________________
(*) Les gouvernements des pays du Nord ont par ailleurs un double intérêt au sujet : 1) pallier à la baisse des volumes nominaux qu’ils attribuent à l’aide au développement 2) mieux gérer leurs flux migratoires. Que le Ministère de l’immigration de la République Française se nomme désormais « Ministère de l’Immigration, de l’Identité Nationale et du Développement Solidaire » n’est pas anodin.

(c) Patrick Rakotomalala (lalatiana pitchboule)-Novembre 2009


Un superbe morceau de texte de “Citoyenne Malgache”

15 septembre 2009

Je vous propose ici un morceau de texte de mon amie citoyenne malgache … sincère, engagée, sensible, drôle …
Patrick R. (lalatiana pitchboule)

Appelez-moi citoyenne…

Cette crise aura tout de même comme impact positif de réveiller leur citoyenneté chez beaucoup de malgaches. Cependant, ce dur métier de citoyen, comme le dira le forumiste Kakilay, je devrais le pratiquer tous les jours sans l’avoir jamais appris. Et le problème est là. Même pour les moments importants comme les élections, des moments qui décideront pourtant de ma vie et, parfois je n’en fais pas cas et je ne vais pas voter, préférant profiter de mon home pas toujours sweet, plutôt que de faire la queue pour élire je ne sais plus qui… Oui, je l’avoue, je ne sais même pas pour qui voter… Les présidentielles, c’est facile. On aime ou pas le personnage, il convainc ou pas… Les législatives, c’est plus dur… dois-je choisir le parti ou la personne ? De toute façon, je n’ai pas bien compris à quoi les députés servaient. Ils ne remplacent pas vraiment ma bouche pour parler, mais ils la remplacent surtout pour manger. Ils votent les lois, bien sûr. Est-ce pour cela qu’ils font la loi dans leur circonscription ? Il n’y a pas de quoi rire, nous sommes des millions de pauvres hères à penser ainsi. Et nous pesons de tout notre poids électoral pour décider qui va décider de notre vie. C’est presque de la loterie, et pas une élection.

En choisissant mon pseudo Citoyenne malgache, je faisais seulement référence à mon appartenance à un pays. Je me suis toujours considérée comme une bonne citoyenne puisque je remplissais mes devoirs électoraux et fiscaux et surtout… je travaille – beaucoup – pour le développement de mon pays. Jusqu’au jour où…un TGV dérailla dans mon pays : évidemment, nos voies ferrées ne sont pas faites pour supporter ce genre de véhicule !

Et c’est le réveil en douleur… travailler ne suffisait donc pas, puisqu’un petit groupe de gens avait la possibilité de détruire en quelques semaines, le travail de toute une vie. Il était temps de passer au dessus des valeurs individuelles pour s’intéresser aux valeurs collectives, à la citoyenneté, à la démocratie. Les amis virtuels auront été les meilleures ressources pour cette recherche. C’est incroyable comme le net regorge d’informations sur le sujet. Mais Madagascar dispose aussi d’une bonne documentation, et certains documents existent en version malgache. Un effort de dissémination à grande échelle, ainsi qu’une transcription pour les non-instruits serait plus qu’indispensable, à défaut d’avoir une école de la citoyenneté.

A la recherche de la citoyenneté perdue…

Parmi toutes les définitions trouvées, j’ai surtout apprécié celle de l’association roumaine Animus qui œuvre dans l’éducation citoyenne : « la citoyenneté est la pratique d’un code moral, un code qui se préoccupe des intérêts d’autrui, enraciné dans l’auto-développement personnel et la coopération volontaire plutôt que dans le pouvoir coercitif de l’intervention de l’Etat. La citoyenneté contribue à l’intégration de l’individu dans les structures sociales ou culturelles de la société ». Toutes les autres définitions demanderont globalement au citoyen d’être un acteur de la vie de sa cité. La participation peut avoir plusieurs formes et elle n’est pas obligatoire. Mais elle exige qu’on s’exprime et être responsable.

S’exprimer donc…

Le citoyen a un devoir d’interpellation par rapport à la gestion de l’Etat, de sa circonscription, de sa communauté. Il est vrai que notre désintéressement citoyen a encouragé le développement de la culture d’impunité dans notre pays. Une fois les élections validées, nous donnons une carte trop blanche à nos élus et dirigeants. Nous nous contentons de nous retrouver le jour du lynchage, ou mieux, nous les réélisons malgré tous les reproches qu’on leur a faites. Nous n’avons pas encouragé nos dirigeants à être redevables. Peut-être parce nous ne savons même pas qu’ils doivent être redevables.

Attention chien gentil !

Mais pourquoi se limiter aux côtés négatifs ? Nous avons aussi un devoir d’encouragement. Et c’est d’ailleurs cette culture de dénigrement systématique qui mine notre chemin vers le développement. Les efforts passent inaperçus, voire rabaissés, jusqu’à entraîner une démotivation des responsables. Soyez excessivement positif et encourageant et vous verrez pousser les miracles autour de vous. Au lieu de nous amuser à diaboliser nos présidents, nous devrons apprendre à déterminer les acquis pour pouvoir identifier le chemin qui reste à faire.

Je vais donc me détacher de l’esprit chagrin du genre humain qui ne crie qu’après le mal. (En effet, avez-vous jamais vu un écriteau annoncer Attention ! Chien gentil ?). Car il faut que je fasse état de ce que j’ai apprécié du régime précédent, pour pouvoir le retrouver avec le prochain président, quel qu’il soit. Ny mihoatra tsy ferana. J’ai eu l’occasion de le faire à travers mes commentaires sur des forums, concernant l’effort de formation des responsables à tous les niveaux, ainsi que modèle du personnage de Ravalomanana sur les 75% de malgaches ruraux.

Mais les réalisations du régime Ravalomanana mériteraient tout de même plus que de simples commentaires et même plus qu’un article. Tout le mérite ne lui revient certes pas, mais son mérite est d’avoir fait en sorte que la population s’active et qu’on commençait à se défaire de nos boulets du moramora qui nous lestaient lourdement. C’est ainsi que personnellement, j’ai eu la chance de rencontrer des personnes qui ne se sont pas limitées à me stimuler par Yes, you can, mais ont fait plus en me faisant comprendre Yes, you must. Et le contexte de ces dernières années m’a permis des réalisations pour lesquelles je peux annoncer fièrement, Yes, I did ! A voir les nombreux jeunes et moins jeunes qui ont pu réussir, créer, s’équiper, il me semble que mon cas n’est pas anecdotique.

Je ferais aussi mention du MAP (que les détracteurs qualifiaient de MAP-iesona), qui, comme tout document important, contenait son lot d’imperfections. Mais je louerais surtout la démarche d’application régionale du MAP, couplée à l’approche Rapid Results Initiative (RRI), qui a surtout contribué au développement de capacité au niveau régional. Ce n’est qu’en développant nos capacités que nous pouvons nous construire.

Qu’avez-vous avez fait aujourd’hui pour défendre vos valeurs citoyennes ?

En attendant de trouver le président parfait qui n’existe peut-être pas (encore), essayons d’être des citoyens modèles. C’est beaucoup plus à notre portée. Et de bons citoyens font les bons dirigeants.

Ne restons pas indifférents au sort de notre pays. Soyons pour, soyons contre, mais exprimons-nous. La démocratie nous mets en égalité, et la voix d’un docteur en droit vaut autant que la mienne ou celle du vendeur de journaux du coin. Impliquons-nous à tous les niveaux, prenons des responsabilités quand nous en avons la capacité et la possibilité, c’est nous les vraies forces du changement.

Pour ma part, j’ai compris la base, je commence à m’impliquer, et sans prétention aucune, vous pouvez maintenant m’appeler Citoyenne.


De l’identité de la Diaspora Malgache : tentative d’approche … (1ère partie)

1 septembre 2009

Une communauté transparente difficile à caractériser …

La diaspora malgache s’est construite en plusieurs flux de ce qui s’est avéré plus une émigration de savoir qu’une émigration de travail. Contrairement aux migrants de l’Afrique et du Maghreb qui, à l’origine, se sont expatriés en masse pour répondre à des besoins de main-d’œuvre des industries et des services des pays développés du nord, le migrant gasy partait en Europe pour y acquérir une formation supérieure propre à satisfaire ses aspirations sociales dans une société malgache qui a traditionnellement toujours considéré le savoir comme valeur essentielle.

La parfaite intégration de ce migrant – reconnu « sans problèmes » (excellent niveau de formation, culture parfaitement adaptée aux valeurs européennes) en termes d’immigration et d’intégration – le rend inintéressant pour le sociologue ou l’anthropologue européen  dont la logique d’études, bâtie sur des logiques assimilationnistes,  n’accorde prioritairement d’intérêt qu’aux relations interethniques à “problèmes”. Cela rend, de fait, le sujet d’étude difficile et hasardeux quand il s’agira de caractériser ce groupe social et ses potentialités. D’autant qu’il s’agit de rattacher à  cet ensemble non pas  les seuls ressortissants malgaches issus des mouvements migratoires de la période post-coloniaux, mais aussi tous ceux qui, de leur origine parfois lointaine ou métissée, nationaux ou binationaux, gardent un attachement profond au pays de leurs ancêtres.

Majoritairement installée en France (métropole et DOM-TOM, à la Réunion en particulier) , mais aussi en Allemagne, Suisse, Belgique, Italie, Norvège, désormais au Canada et aux USA nouveaux espaces symboliques de succès ou sur le continent Africain, la diaspora malgache, par ailleurs, n’a fait l’objet que d’un faible nombre d’études sociologiques ou anthropologiques. En corollaire, l’inexistence  de statistiques ou d’enquêtes probantes constitue  en soi une caractéristique de cette diaspora « transparente » aux yeux des pays d’accueil : les chiffres donnent ainsi de 25 000 ou 50 000 … à 150 000 ( !!!) malgaches en France -.

Cette  transparence relative est aussi symptomatique de la relation ambiguë et du désintérêt des gouvernements malgaches successifs envers ces représentants de Madagascar à l’étranger. La longue histoire de cette émigration qui s’est partiellement fondue dans ses sociétés d’accueil, n’a pas suffisamment établi les liens formels qui auraient dû se tisser avec son pays d’origine.

Des flux migratoires successifs fruits d’une soif de savoir traditionnelle …

La volonté farouche du malgache d’acquérir du savoir à l’extérieur pour se construire une reconnaissance sociale se rattache peut être à des réminiscences anciennes gravées dans notre inconscient collectif : les premiers malgaches partent en Angleterre, envoyés par Radama Ier pour y étudier au début du XIXème. De la même manière, reflet de la valeur très ancienne accordée à l’enseignement et à la connaissance et grâce à la floraison, sous Radama II et Rainilaiarivony, d’écoles et de temples sur tout le territoire, en 1894, les écoles du royaume comptent  plus de 200 000 élèves, ce qui faisait de Madagascar proportionnellement l’un des pays les plus scolarisés au monde.

Ceci étant, le premier mouvement de migration ne relevait pas de cette logique : 40 000 « poilus » malgaches enrôlés pendant la 1ere guerre mondiale constitueront en effet la première vague migratoire. L’exposition coloniale de 1931 permettra par la suite à quelques enfants de grandes familles de venir en Europe y suivre des études de médecine ou de théologie.

La seconde guerre mondiale verra une nouvelle vague migratoire de tirailleurs et de gradés vers la France. De ces premiers mouvements, qui avaient vu ces malgaches gagner le droit d’être français, certains se sont installés en métropole, les autres retournant au pays porteurs d’une identité malgache aiguisée par un sentiment d’ingratitude de la France vis-à-vis d’eux.

A l’issue des évènements de 47, certains étudiants nationalistes, issus de grandes familles, furent contraints à l’exil en France et y ont poursuivi leurs études, éparpillés dans toute la France par un gouvernement français soucieux de ne pas laisser se développer à Paris un regroupement de nationalistes potentiellement dangereux.

Ils seront rejoints par des lycéens venus suivre des études supérieures répondant à une injonction des familles fascinées par le savoir, et qui devaient trouver dans leur formation supérieure le moyen de se mettre au niveau des cadres de l’administration coloniale.

« Si cette rencontre apparaît anecdotique au regard de l’histoire globale de la migration malgache, elle révèle néanmoins le sens que ces étudiants de la première génération donnèrent à leur passage vers la France : traverser l’épreuve sans se renier comme malgaches et réintégrer leur société pour y occuper la place (par le biais des diplômes français) qui devrait être la leur, c’est-à-dire devenir les égaux effectifs des Français ». Chantal Crenn.

A l’indépendance, l’acquisition d’un savoir universitaire de qualité en France et en Europe du Nord reste le passage symbolique obligé pour pouvoir occuper les postes à plus haute responsabilité.

Jusqu’en 1975, la très grande majorité de ces étudiants revient cependant au pays, globalement assurée d’une promotion sociale satisfaisant ses ambitions.

Les années 75 voient une nouvelle vague de migration intense, face à la paupérisation, l’instabilité politique et une malgachisation de l’enseignement qui, bien que revendiquée identitairement plus tôt, est vue comme un enfermement. L’émigration jusque là temporaire est désormais envisagée définitive, pour satisfaire les ambitions intellectuelles, mais aussi les ambitions de réussite sociale et matérielle des migrants malgaches qui voient parfois leur parentèle les suivre dans le cadre de regroupements familiaux. Ceux là qui ont fait le choix de s’installer en Europe – réussir à l’étranger est désormais le signe de reconnaissance sociale -  et de satisfaire ainsi l’idéal familial de la réussite universitaire et professionnelle, pensent impératif de « se fondre » dans la société d’accueil.

Un dernier mouvement massif d’immigrés malgaches, plus composite et marqué par la réhabilitation identitaire à Madagascar. est caractérisé depuis les années 90, provoqué par les échecs économiques et politiques du pays,

Pour cette dernière génération, les sentiments de fascination propres à leurs aînés, à l’égard de la France, semble s’annihiler pour laisser la place à une vision plus nette et plus réelle de la vie d’immigré. Cyrielle Orenes

Cette génération « de travailleurs – étudiants », très fortement attachée à sa culture qu’elle valorise  et entretient farouchement, ne voit plus l’Occident en idéal intellectuel mais bien comme une zone d’immigration de travail. Ces migrants, qui rencontrent désormais la précarité, peuvent envisager de suivre des études professionnelles courtes plus à même de leur permettre une intégration rapide sur le marché du travail.

De fait, ces récentes années, les flux migratoires semblent baisser : le rêve occidental a perdu de son attrait, à l’image des difficultés que les derniers migrants ont connues (restriction des droits de séjour, chômage, précarité … ). Par ailleurs, les infrastructures d’enseignement supérieur de l’Ile peuvent désormais satisfaire localement la traditionnelle soif de savoir des malgaches dans une revendication identitaire plus forte que jamais….

… 2ème partie : suivre le lien …

Lalatiana Pitchboule – 31 Aout 2009


De l’identité de la Diaspora malgache : tentative d’approche … (2ème partie)

1 septembre 2009

La diaspora malgache, établie sur des générations et des migrations successives, répondant à des logiques différentes dans leurs genèses respectives, ne peut donc être ni définie ni caractérisée de manière stricte.

L’attachement viscéral du malgache expatrié – et du métis – à ses origines, à sa terre, à sa culture et à son ancestralité reste l’élément invariant. Mais les amalgames sont imbéciles, qui ne prennent pas en compte les différences mais aussi l’enchevêtrement profond de ces groupes qui ont bâti une identité particulière.

Identité et intégration …

Le rapport à la culture européenne et française en particulier, le rapport aux études, l’importance de la famille, l’attachement au pays, posent le socle de cette identité. Sur ce socle, la capacité d’adaptation du malgache, sa relative dissémination, son niveau élevé d’éducation, son professionnalisme, sa faculté à s’approprier une attitude d’ouverture qui fait une synthèse cohérente de sa culture d’origine et de celle de son pays d’accueil, et de fait sa civilité, lui ont permis de bénéficier au sein des sociétés européennes d’une image de « bon étranger » qui échappe aux stigmatisations classiques et jouit d’un réel capital de sympathie.

Elément de son intégration, l’attachement profond du malgache à la religion définit une fonction particulièrement forte en termes de construction identitaire, quand sa pratique religieuse fervente le distingue profondément de l’ensemble des français, opérant en cela un subtil mélange de cartésianisme et de spiritualité.

Par ailleurs, l’identité ethnique et l’identité de caste sociale, à laquelle se rattache toutefois le migrant malgache, déterminent un attachement au groupe de souche et sa valorisation. La multiplicité et l’émiettement d’associations éparses bâties pour conforter cette identité reflètent probablement cette caractéristique.

Sur le plan de l’identité culturelle, une très forte revendication culturelle, menée de manière éclectique à travers des manifestations sportives ou artistiques sélectives, voit le malgache mener une promotion de son pays et tenter de conserver le lien avec sa culture d’origine.

Enfin, l’identité politique du migrant malgache est elle-même polyforme. Issu d’une émigration, on l’a vu, souvent d’origine politique – de la période coloniale aux périodes post-coloniales – le malgache migrant vit donc souvent un profond désaccord avec le régime politique en place à un instant donné. Les différents changements de régime politiques ont ainsi construit des sensibilités politiques différentes, et souvent violemment opposées, toutefois empreintes d’une expérience effective de la démocratie.

Ces éléments identitaires définissent un groupe social éparpillé, curieusement peu structuré où, à quelques exceptions près, l’informel et l’initiative de l’individu ou de petits groupes constitués fait règle en terme d’action collective.

L’associatif et le religieux,  éléments structurants de la diaspora malgache … ?

Les attributs identitaires évalués précédemment marquent les structures, essentiellement associatives, qui se sont bâties au fil du temps, d’abord pour faciliter l’adaptation et l’intégration du migrant étudiant puis pour lui permettre d’entretenir un lien communautaire.  Une multitude d’associations éparses à vocation indifféremment culturelle, sportive, sociale, artistique, politique ou humanitaire fixe ainsi l’enracinement de ces malgaches à leur culture et à leur pays.

Mais l’émiettement et l’éparpillement de ces associations ne fait l’objet d’aucune fédération qui soit. A Paris, les foyers Cachan et Arago, qui fondent le cordon identitaire de la diaspora malgache, constituent un des seuls noyaux communautaire effectifs (il n’est pas anodin que l’une des premières initiatives de la HAT ait été une tentative de main mise sur la direction du foyer Arago). Toujours en France, le CEN (Comité Exécutif National) qui prend en charge l’organisation annuelle du RNS (Rencontre Nationale Sportive) manifestation sportive qui rassemble plusieurs  milliers de participants, athlètes et familles, illustre toutefois les capacités de mobilisation de cette communauté. La manifestation du GTT de mai 2009 à Bastille est une autre illustration de l’aptitude de la diaspora à se rallier de manière étendue par delà les frontières.

Sur le plan religieux, enfin, la FPMA (Fiangonana Protestanta Malagasy aty Andafy) qui fédère à travers ses 31 paroisses quelques 5000 fidèles, présente une tentative aboutie d’organisation de groupes à l’identité spirituelle et à l’activité communautaire marquée.

Internet et ses journaux gasy en ligne, Sobika.com – portail de référence   de la diaspora -  mais aussi les réseaux sociaux (FaceBook, Twitter) sont les vecteurs d’information et d’échange de cette communauté largement ouverte aux nouvelles technologies : la gasy blaogy s’est ainsi révélée d’un impressionnant dynamisme en termes d’expression des opinions lors des évènements. Mais hors ces supports, point d’émergence d’un journalisme et d’une presse véritablement dédiés à l’information de la diaspora où l’informel et le bouche à oreille ouvrent un boulevard à la rumeur.

En première conclusion  …

Cette diaspora a son identité … Cette diaspora agit pour son pays … à travers son tissu associatif qui intervient en social, en humanitaire ou en développement … A travers ses attaches familiales … à travers ses investissements.

Si on a affaire ici à une communauté globalement virtuelle, il reste que le niveau de formation de ses membres, leur technicité, leur culture politique et démocratique et souvent leur réussite professionnelle traduit un énorme potentiel en termes de contribution au développement économique, politique, social et culturel de la Grande Ile. Ce potentiel ne demande qu’à être mobilisé, organisé et développé bien au-delà des initiatives et des actions déjà menées et des structures en place. Par ailleurs, il est patent que la nouvelle génération aspire véritablement, à l’identique des revendications identitaires actuelles des jeunes malgaches restés là bas, à un retour vers le sol de leurs origines. Ces jeunes brûlent d’un nouvel idéal qui est non plus « paraître » mais « agir » et restituer au pays ce qu’ils pensent lui devoir.

Dans ce sens, il est choquant que ces malgaches ne puissent encore jouir du droit de vote dans leur propre république, décision qui serait pourtant le premier pas symbolique significatif d’une volonté politique de mieux les intégrer à la vie et au développement de leur patrie ….

Mais tout cela n’est toujours affaire que de vision prospective, de volonté et de courage politique …

… Suite au prochain numéro “Développement et diaspora malgache : initiatives, limites, exemples et perspectives…”

(c) Patrick Rakotomalala (lalatiana pitchboule)-Novembre 2009

pierre

pierre à tailler


Diasporas et développement … entre la volonté politique et la citoyenneté …

30 juillet 2009

Une étude des enjeux du développement de nos pays ne peut se passer de prendre en compte l’impact immédiat ou futur des diasporas nationales.

Dans ces pays pauvres, les difficultés économiques d’une part (le manque de travail) et le rêve d’un épanouissement et d’une reconnaissance sociale obérés par des situations politiques difficiles ont poussé certains de leurs ressortissants, toutes catégories sociales confondues, à quitter leur pays d’origine en un exil volontaire ou involontaire pour d’autres « paradis économiques », se dispersant ainsi aux 4 coins du monde (Europe, Amérique du Nord et désormais Asie).

Longtemps considérée nuisible au développement de leurs pays d’origine, (« hein ??? … Il y aurait plus de nos ressortissants médecins qui exercent à l’étranger que chez nous !!! »), l’émigration de leurs ressortissants et en particulier d’une part de leurs élites, devrait faire désormais l’objet de toutes les attentions de la part des politiques s’ils la regardent sous l’angle des apports potentiels au développement du pays.

Ces populations de migrants peuvent vivre, en termes d’intégration dans les pays d’accueil, des situations allant d’une parfaite réussite et insertion sociale et professionnelle, à des situations de précarité, de chômage, ou même d’exclusion. En grande partie reflets de la société civile de leur pays d’origine respectif, ces migrants peuvent caractériser en ce sens, un flux OU un reflux de forces techniques, économiques, politiques, sociales et culturelles potentiellement riches pour leurs patries.

Selon une estimation officielle, on estime à 3 millions le nombre d’Africains qui auraient émigré « volontairement » vers les pays du Nord (1 million aux USA, 0,3 million au Canada, 1,7 million en Europe – hors immigration issue du Maghreb). Venues pour y poursuivre des études supérieures, ces populations de migrants africains ont en général un niveau de formation supérieur à la moyenne des immigrés. Une étude des populations de doctorants africains aux US et au Canada a récemment démontré que 44% de ces intellectuels décident de rester dans leur pays d’accueil. On estime ainsi que UN TIERS des ressources intellectuelles de haut niveau de l’Afrique s’est désormais installé dans le Nord.

La Banque Mondiale a initié en 2007 une initiative pour accompagner les gouvernements de l’Union Africaine afin qu’ils puissent au mieux mobiliser leurs Diasporas dans le cadre de leur développement respectif. Les axes possibles de mobilisation de ces diasporas qui focaliseront les interventions de la BM sont identifiés :
(a) L’utilisation de l’épargne à court et moyen terme et des capacités de financement des diasporas dans les économies de leurs pays.
(b) Le retour permanent au pays.
(c) Le « retour VIRTUEL” des compétences et des expertises, sur la base d’une mise en œuvre intensive de réseaux d’échanges VIRTUELS de connaissances et de services (i.e diagnostic clinique, tutorat d’étudiants à distance, ingénierie, …) s’appuyant sur les nouvelles technologies.

Open House for Mobilizing the African Diaspora for Development et Concept Note : Mobilizing the African Diaspora for Development

L’impact immédiat des diasporas sur le développement local

Quand il n’intervient pas de manière associative dans le domaine de l’économie sociale ou du développement économique, social et culturel de la patrie d’origine en partenariat avec des compatriotes restés au pays (mouvements associatifs, ONGs sur des projets d’infrastructures ou de développement social, etc …), l’engagement volontaire – quand il existe, parce qu’il n’existe pas toujours [1]- des émigrants vers leur pays et leurs familles (transferts de biens, transferts de fonds) représente des flux financiers largement significatifs. On a constaté que, dans certains pays africains, les contributions des émigrés en France « dépassent l’aide publique au développement octroyée, par le pays hôte » (Dembélé,2001).

Un document des Nations Unis met en évidence l’importance de ces flux à l’échelle mondiale, en estimant qu’entre 1970 et 1995 cet apport est passé d’environ 2 milliards de dollars US à plus de 70 milliards. Cette somme est de loin supérieure à l’aide publique au développement accordée à l’ensemble des pays du Tiers Monde.

Cette manne ne laisse bien évidemment pas indifférents ni les financiers qui s’octroient au passage une part non négligeable de ces transferts (cf les coûts de transferts Western Union) quand ils ne mettent pas en place, dans le pays d’accueil, des systèmes d’incitation à l’épargne destinée au développement. Hypocritement, ces flux financiers sont d’ailleurs souvent intégrés dans les montants affichés de l’aide au développement.

Cet apport constituera « parfois la seule source de revenus pour beaucoup, dans les pays pauvres » mais des effets induits pervers peuvent toutefois faire jour : mise en dépendance, frein aux initiatives locales soumises à ces effets de dépendance, « parasitisme », thésaurisation. Canaliser ces apports, favoriser et mobiliser l’épargne des émigrés dans des investissements productifs s’avère ainsi être un enjeu crucial de nouvelles formes de partenariats entre les membres de ces diasporas et leur pays d’origine.

Valoriser les expertises et les potentiels techniques des diasporas

Les diasporas intellectuelles ont joué un rôle évident dans l’évolution, la croissance et le développement de leurs pays d’accueil. Dans le contexte actuel de la mondialisation, on estime (Meyer, Kaplan, Charum, 2001) qu’environ un tiers des migrants hautement qualifiés chercheurs en Sciences et Techniques travaillant dans le Nord proviennent des pays en voie développement.

Si on veut estimer que la mise à profit de ces ressources et compétences s’avère potentiellement bénéfique pour les pays d’origine, deux stratégies sont envisageables :
1) Le « retour de cerveaux », lequel est conditionné par les conditions politiques et sociales qui soient rassurantes pour ces migrants qui jouissent à l’étranger d’une reconnaissance sociale et d’une liberté qu’ils craignent de pas retrouver à leur retour chez eux. Dans ce sens, facteur probable de leur développement, les nouveaux pays industrialisés du Sud–Est asiatique (Taïwan, Corée du Sud, …) avaient mis en place des politiques de réintégration systématique de leurs nationaux formés à l’étranger. Dès les années 80, l’Organisation internationale pour les migrants (OIM) et le programme Transfer of Knowledge Through Expatriate Nationals (TOKTEN) du PNUD mettaient en œuvre des programmes d’incitation au retour au pays d’origine des émigrants hautement qualifiés.
2) La mise en œuvre de réseaux de mobilisation à distance et de reconnexion des chercheurs, des ingénieurs, intellectuels, entrepreneurs de la diaspora avec la communauté des chercheurs, des ingénieurs, entrepreneurs présente sur le territoire national. L’Inde a mis en place là dans les années 80-90 les initiatives nécessaires, pour répertorier, mobiliser et reconnecter leurs diasporas scientifiques et technologiques avec leurs collègues du territoire national en place.(Assogba)

La réalité des diasporas est complexe. Leurs formes et leurs modèles varient. Mais si ont doit considérer qu’elles peuvent représenter un vecteur réel de développement, la volonté politique s’avère essentielle pour en tirer ce qui peut et devrait l’être, d’autant que ces diasporas ne jouissent pas ou prou d’une organisation formelle.

Mais la contradiction profonde est là …

La mise à profit de tous les potentiels que représentent ces scientifiques et techniciens, ces travailleurs, entrepreneurs, commerçants, acteurs culturels d’autre part, exigerait des conditions politiques, juridiques, économiques sociales adaptées pour optimiser leur implication dans le développement de nos pays.

Malheureusement, ces intellectuels, qui ont parfois coûté si cher à former représentent (à tort ?) un danger politique pour les pouvoirs en place, d’autant qu’ils peuvent jouir de capacités de lobbying au sein des sociétés qui les ont accueillis. Leur retour est ainsi souvent freiné par des rivalités culturelles, économiques, sociales et politiques sans regard du gâchis occasionné.

« Les mutations démocratiques en cours en Afrique invitent à s’interroger sur cette catégorie d’acteurs dominants que constituent les intellectuels. Quand les dictatures y prennent un peu partout les masques de la démocratie, il convient de questionner leur savoir, leur pouvoir. Car, au-delà des structures institutionnelles, il y a tout simplement les hommes qui changent peu, ou pas fondamentalement, et avec lesquels il faudra inventer des espaces sociaux démocratiques : c’est un défi. Un nouveau défi pour l’Afrique (Toulabor, 1993) »

La mise en place de mesures incitatives pour attirer l’épargne des migrants vers des investissements productifs, et des structures de coopération formalisées entre les organisations des diasporas (techniciens, experts, …) d’une part et les sociétés civiles, les tissus économiques, les intellectuels et les entrepreneurs locaux pourrait servir de relais à la faiblesse ou à la baisse des financements internationaux.

Mais ce n’est là, encore et toujours qu’affaire de volonté politique, de et de démocratie d’une part, mais aussi de citoyenneté et d’identité d’autre part …

(c) Patrick Rakotomalala (lalatiana pitchboule)-Novembre 2009

note : [1] Lors de l’enquête Afrobarometre 2008 qui étudie l’évolution des démocraties en Afrique, 41 %, 26% et 17% respectivement des Ivoiriens, des Sénegalais et des Maliens résidents dans leur pays déclarent bénéficier au moins deux fois par an de transferts de fonds de la part de leurs amis ou parents expatriés à l’étranger….

Combien sont ils chez les Malgaches ? … Suite au prochain numéro.


Madagascar et l’Océan Indien : enjeux géostratégiques …???

26 juillet 2009

Je m’interrogeais il y a quelques temps sur les enjeux de la France (si elle en avait) dans la région, lors de l’ouverture de la base d’Abu Dhabi… Ce document de l’IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques) éclairera peut-etre le sujet …

Pour les pays d’Extrême-Orient comme pour les nations exportatrices d’énergie (dont les pays d’Asie du Nord-Est font partie), l’océan Indien représente une voie de passage indispensable en direction des marchés européens et occidentaux. Cet océan, le troisième plus étendu au monde, présente la particularité de ne pas compter de puissance de premier rang1 parmi ses Etats riverains. Ce sont même généralement des Etats pauvres qui, des côtes de l’Afrique orientale à l’archipel indonésien, ont un accès direct sur ses eaux. Pour les pays d’Asie du Nord-Est, l’océan Indien est en passe de devenir un véritable enjeu de puissance, d’abord en raison des liens qui unissent ces Etats aux différents pays qui composent son littoral, mais également en raison des multiples enjeux commerciaux, l’océan Indien étant le principal lieu de transit des approvisionnements de ces pays.

Les enjeux sont multiples, et si les puissances asiatiques sont directement concernées par les évolutions sécuritaires dans la région, les grandes puissances extérieures mais impliquées dans l’océan Indien, comme les Etats-Unis et la France, ne peuvent rester insensibles. Il convient ici de s’attarder sur quelques éléments de réflexion concernant l’avenir de cette région … .

lire la suite … http://www.iris-france.org/docs/pdf/regardtaiwan/2007-07-10.pdf

(c) Patrick Rakotomalala (lalatiana pitchboule)-Novembre 2009


Quizz Test à l’usage EXCLUSIF des partisans de la HAT

25 juillet 2009

1èr Volet
Au regard de la situation actuelle et son évolution depuis le début de l’année 2009, répondez aux questions suivantes :

1ère Question : Le prix des produits de première nécessité a-t-il augmenté ?
Si oui : 1 point . si non -1 point
2ème Question : Le chômage a-t-il augmenté ?
Si oui : 1 point. Si non : -1 point
3ème question : Le nombre d’entreprises qui ont fermé leurs portes est il en progression ?
Si oui : 1 point. Si non : -1 point
4ème Question : L’insécurité a-t-elle augmenté ?
Si oui : 1 point. Si non : -1 point
5ème Question : L’insalubrité dans la capitale a-t-elle augmenté ?
Si oui : 1 point. Si non : -1 point
6ème Question : La libre expression de la presse et des journalistes est elle mieux assurée ?
Si oui : -1 point. Si non : 1 point
7ème Question : Le nombre d’arrestations d’opposants a-t-il augmenté ?
Si oui : 1 point. Si non : -1 point
8ème Question : La concorde s’est elle installée dans les relations entre les malgaches ?
Si oui : -1 point. Si non : 1 point
9ème Question : A-t-on créé de nouvelles cellules d’enquête et d’intervention (cmne, fis) ?
Si oui : -1 point. Si non : 1 point
10 ème Question : Etes vous arrivé à lire les 9 questions précédentes ?
Si non : -1 point. Si oui : 1 point

Solution : Faites le Total de vos points. 10 points, passer au Volet 2. Moins de 5 points, faire d’urgence un check up médical complet pour cause de défaillances sensorielles d’une gravité proportionnelle au nombre de points d’écart par rapport à la note nominale 5..

Volet 2
1ère Question : La population doit elle souffrir aujourd’hui des sacrifices pour un mieux être demain et approuvez vous la formule « on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs » ?
Si oui : -1 point. Si non : 1 point
2ème Question : Approuvez vous la déclaration de Andry Rajoelina qui se donne 2020 comme horizon pour la modernisation du pays ?
Si oui : -1 point . Si non : – 1 point
3ème Question : Estimez vous qu’une majorité de malgaches pensent comme vous ?
Si oui : -1 point . Si non : -1 point
4ème Question : Pensez vous que le pourcentage de chances pour que la HAT réussisse à rétablir la situation est supérieur à 50% ?
Si oui : -1 point . Si non : -1 point

Faites le Total de vos points.

Solution :
Impétueux et irréfléchi, vous êtes un révolutionnaire capable de projeter un taux de risque élevé vers l’avenir. Que le peuple souffre 10 ans ne vous importe pas. Vous pouvez avoir un doute sur la potentialité de succès de l’opération HAT, mais vous être prêt à en courir le risque et à prendre en otage les populations du pays.


Les 5 règles de la propagande de guerre …

17 juillet 2009

Lalatiana VS Ramambazafy … 2ème round …

15 juillet 2009

Ah ben Voila …

Le sieur Ramambazafy-Journaliste-Redacteur-En-Chef-Correspondant-de-NewsPress s’est fâché …houlalalala … Il est même TRES TRES fâché …

Voir l’article sur Madagate : Journalisme à Madagascar : Quand Patrick Rakotomalala alias « Lalatiana Pitchboule » salit le nom de Madagascar Tribune et celui de Rahaga Ramaholimihaso

Grand bien lui fasse… Me voila désormais “démasqué” … :-)

Je tenais à mon anonymat, parce que contrairement à monsieur Ramambazafy, je ne me prétends pas journaliste, parce que j’existe sans écrire, et parce que, en tant qu’entrepreneur, je ne me donnais pas le droit de prendre en otage de mes convictions et de mon militantisme mes collaborateurs ou mes élèves.

Sa réaction, qui ne surprendra personne, ne fait qu’apporter de l’eau au moulin de mon papier précédent : comment des médias à l’audience de TV5 et de Newspress peuvent ils encore accorder la moindre crédibilité à ce rédacteur qui confond journalisme et hystérie ???

Alors nous voilà en train de débattre par journaux en ligne interposés.

Que me reproche t il ?

De l’avoir cité nommément … oui … je le reconnais … ai-je eu tort … ? … peut être par rapport aux siens, à ses enfants ou petits enfants auxquels il est vrai je n’ai pas pensé. Je pourrais (très sincèrement) regretter de les avoir blessés… Mais si le « connard » que je suis a si peu de valeur, c’est quoi cette crise d’hystérie … Je suis perplexe …

De l’avoir traité de noms d’oiseaux ( “journaleux”, de “pseudo-journaliste” auteur de “publications imbéciles et indécentes”) …? Bon … Je reconnais y avoir été un peu fort … Je n’aurais pas peut être pas dû me laisser aller à mon agacement et me rabaisser ainsi au niveau de ses propres écrits … ça ne m’a pas nécessairement valorisé …

Ceci étant, je ne fais qu’exprimer mon opinion … JE N’AIME PAS « RAMAMBAZAFY-JOURNALISTE » en tant que journaliste… je n’aime pas ce qu’il écrit … je n’aime pas comment il écrit … je n’aime pas comment (il le prouve encore aujourd’hui) il crache sa haine et sa colère après tous ceux qui ne pensent pas comme lui … Je n’aime pas comment sa haine et sa colère ne lui font voir et dire qu’une face des choses … Je n’aime pas qu’il utilise son rôle et sa RESPONSABILITE de correspondant de NewsPress pour ne diffuser de Madagascar que les nouvelles qui l’arrangent…. Je n’aime pas qu’il signe ses dépêches « Ramambazafy-Correspondant de NewsPress-HAT » … Je n’aime pas l’idée qu’il soit représentatif de la presse malgache …

Je n’ai rien contre lui personnellement … Je ne le connais pas … C’est le journaliste dans son rôle de journaliste, et ce qu’il écrit que je réfute …

Et JE LE DIS … S’il ne l’assume pas, c’est son problème … qu’il soigne son problème d’image …

Pour en revenir au cœur du débat : je disais strictement « … Mais en soi, s’il ne s’adresse qu’à son public et aux seuls partisans du pouvoir dont il fait le panégyrique, il ne devrait rendre compte qu’à ses compatriotes. Ceux là sauront remettre les choses dans leur contexte de réalité. Quand on attribue à ce pseudo-journaliste le rôle de correspondant local d’une agence de presse française, laquelle agence de presse alimente LE média de référence de la francophonie, à savoir TV5, on atteint un degré insoupçonné dans l’invraisemblable …
»

C’est à ceux qui s’approprient et relaient son message que je m’en prenais … Cette dernière polémique ne fait, je le redis, que me conforter dans ma position initiale …

Je ne tiens pas à polémiquer au-delà de ça … me défendre de ses accusations de « intox, désinformations et diffamations » … affirmations gratuites … qu’il les démonte et je serai ravi de la contradiction … Ceci étant, je n’énonce jamais de vérités, MOI … j’énonce des faits … et j’émets des opinions … C’est le confort de ma position de rédacteur-blogueur-non-journaliste-forumiste-polémiste-débatteur …

J’ai dit ce que mes convictions me poussaient à dire … et je n’en retirerai rien … Quant à ses menaces … Baaaahhh … Demain est un autre jour … Et s’il devait m’arriver quelque chose, je me verrai bien nouveau martyr de la libre expression … :-)

Que ceux qui m’approuvent se lèvent … :-)

Ps : Cet article refléte-t-il ce que sera l’information et la liberté d’opinion version TGV-HAT … ? LOLLL

alerte aux gaz ...


Madagate >> NewsPress >> TV5 … Invraisemblable ? … Non … Vrai

13 juillet 2009

NewsPress (www.newspress.fr), agence de presse française qui alimente de ses informations en particulier TV5, continue de diffuser à propos de Madagascar, ces dépêches de presse qui sont une insulte au journalisme, pour ne pas dire une insulte à l’intelligence.

Celui qui a choisi « Ramambazafy-journaliste » comme source d’information sur Madagascar est ou a été aux ordres. A moins qu’il ne soit profondément débile. S’il est encore aux ordres il est aussi débile que celui qui lui a imposé ce choix … Et que personne ne réagisse dans un organe de presse de l’envergure de TV5, personne qui puisse réaliser que même en cas de collusion, il ne peut y avoir pire en termes d’image m’abasourdit.

Qu’un rédacteur partisan exprime une opinion est une chose, quelle qu’elle soit, ou de quelque pertinence qu’elle puisse paraître.

Que ce rédacteur se dise journaliste est une autre chose, si on considère que le message qu’il diffuse touchera le plus grand nombre : sa responsabilité, de fait, exigerait qu’il n’émette que des messages ou des analyses étayées par des faits. On a sinon affaire à de la désinformation et de la propagande pure. Mais en soi, s’il ne s’adresse qu’à son public et aux seuls partisans du pouvoir dont il fait le panégyrique, il ne devrait rendre compte qu’à ses compatriotes. Ceux là sauront remettre les choses dans leur contexte de réalité.

Quand on attribue à ce pseudo-journaliste le rôle de correspondant local d’une agence de presse française, laquelle agence de presse alimente LE média de référence de la francophonie, à savoir TV5, on atteint un degré insoupçonné dans l’invraisemblable …

Et quand les écrits de ce dit « journaliste » confinent à l’appel à la haine et à la propagande primaire pour un pouvoir unanimement reconnu comme issu d’un coup d’Etat, on a à faire face à un vrai scandale…

Et il y a de quoi « péter un câble » quand on voit l’audience accordée à ce journaleux (*) qui voit ses publications dans Newspress reprises jusqu’à l’AFP !!!! ()

Ils sont fous ou quoi ??? Qu’ils ne s’étonnent pas si après ça les malgaches hurlent à l’implication de la France dans le coup d’Etat. Je m’étais ouvertement gaussé de la nullité de cette chaîne Journaleux Madagascar>>Newpress >>TV5 dans un papier dénonçant de manière factuelle la publication de dépêches qui énonçaient pour le moins des contre-vérité (i.e : Madagascar : Wade reconnaît Rajoelina – avec photos(*) – Agence NEWS Press – 29/05/2009 19:10:00), au mieux des assertions non étayées, quand il ne s’agit pas de simples jugements de valeur .

Ce papier m’a valu l’interdiction de mon blog pour « diffamation des médias ». , Il a depuis été re-publié depuis sur mon nouveau blog. ()

J’avais toutefois espéré, avec un peu de prétention probablement déplacée, que cette alerte avait suffi pour faire cesser ces publications imbéciles et indécentes en constatant qu’on n’avait plus rien vu sortir de la plume tordue du sieur pendant quelques semaines.

Eh bien non … « Jeannot Ramambazafy-journaliste-rédac-chef-de-Madagate et-correspondant-de-Newspress », celui que certaines rédactions malgaches appellent « jeannot le fou » n’a pas été muselé par la Rédaction de NewsPress. Et la publication a repris de ces dépêches imbéciles ensuite réintégrées par TV5 ou relayées par l’AFP.

C’est simplement insupportable.

En supposant – ce que je veux croire, parce qu’il y à coté de cette aberration de très bonnes choses en termes de production et d’analyses dans ces organes de presse – que ces dépêches soient passées à coté du nécessaire process de validation par la rédaction, au moment ou l’on s’interroge fortement sur l’implication de la diplomatie française dans les évènements de Madagascar, j’interroge les rédactions de TV5 et Newspress :

Que pensent elles de leur image et de leur représentation quand de la plume de ce rédacteur on lit :

… à propos de l’UE et de la visite du prince Al Waleed… « Je sais, je n’ai pas un langage de diplomate. Mais si personne ne veut appeler un chat un chat, heureusement que j’existe. Non seulement ce prince est très charmant et humain (un jour, j’ai vu un film sur lui et j’ai été frappé par sa manière de redistribuer les richesses de son pays à son peuple) mais il n’est pas un donneur de leçon. En plus il est très croyant.

Où je veux en venir ? C’est simple : le vent du vrai changement a souffler sur Madagascar. Il est grand temps pour les bailleurs de fonds comme l’UE de s’y aligner de vraiment devenir des « partenaires » pour le bien du peuple malgache. Qui de vous, Blancs d’ici ou d’ailleurs, avez-même osé penser, il y a peine une dizaine d’années, qu’un Noir serait le Président de la nation la plus puissante de la planète. Aidez-nous donc à accélérer notre développement (et non plus notre émancipation style Jules Ferry). Vos descendants n’en sortiront que plus grandis. Oui mais, les intérêts, les intérêts financiers. N’est-ce pas ? Quand le moment de votre revirement arrivera, car il arrivera, je rirais bien dans ma tombe, pour l’éternité. A réveiller l’enfer. Jeannot RAMAMBAZAFY – Journaliste Antananarivo, le 6 juillet 2009”

Savent-elles que le portail www.madagate.com en question, dont est rédacteur en chef monsieur « Jeannot Ramambazafy-journaliste » est la propriété de Augustin Andriamanananoro, Ministre des Télecommunications de la Haute Autorité de la Transition ?

Savent-elles que ce même Augustin Andriamananoro a été le fervent soutien de Andry Rajoelina et son porte parole avec tout le lot de désinformations sur lesquelles s’est bâti le coup d’état malgache ?

Ont-elles conscience de leur ridicule et de leur perte de crédibilité à laisser lire sur leur support ()

“« Rossy, Icône de Madagascar : « … la démocratie continue à s’installer dans le pays, donc on fait la fête partout. » Agence NEWS Press – 19/06/2009 16:45:00 Ville de festivals et de concerts, Morondava, située à 700 kilomètres au sud ouest de Tananarive a accueilli Andry RAJOELINA, président de la HAT*, le nouveau gouvernement de Madagascar. Rossy, longtemps exilé, véritable Star de la grande ile, était venu fêter l’évènement. Notre correspondant Jeannot Ramambazafy qui était sur place l’a rencontré. […] (**)

Jeannot Ramambazafy – rédacteur en chef Madagate Morondava, le samedi 13 juin 2009 * Haute Autorité de Transition NEWS Press presse@newspress.fr »”

en guise de dépêche de presse ?

Réalisent-elles leur complicité sur une opération de désinformation et de propagande, parce que les dépêches en question, une fois revêtues de leur caution morale et une fois publiées dans le flot des informations de TV5 (ou même de l’AFP) sont reprises par la propagande du pouvoir en place : « Vous voyez, MEME TV5 et Newspress disent la même chose que nous » ? Voir le site de la présidence ().

Alors je suppute, je suppute … serait-il possible que le sieur en question, qui assure un certain ton et une certaine orientation de l’information sur les évènements de Madagascar, ait été imposé aux rédactions ? … Serait il possible que ces rédactions ne soient pas dupes mais que, contraintes et forcées, elles laissent hypocritement passer ces écrits en espérant que le ridicule poussé à l’extrême de ce journaleux finisse par faire réagir le prescripteur initial ? Ce serait bien irresponsable …

A moins que les soutiens de Rajoelina et de son coup d’Etat relèvent effectivement d’instances que je n’ose plus nommer ici (mais suivez mon regard) qui s’avéreraient suffisamment puissantes pour juger négligeable le ridicule de la situation….

Lalatiana Pitchboule

(*) photos signées de l’agence gouvernementale !!!

(**) je laisse les gens juger d’eux-mêmes du niveau du discours et de l’interview de Rossy menée …


Interdiction du blog Madagoravox.canalblog.com … Même pas mal !!!

13 juin 2009

La précédente version de mon blog madagoravox a fait l’objet d’une interdiction par les administrateurs de l’hébergeur Canablog.com. Je contrevenais, parait il , à la charte du site …

Un mail laconique donnait :
“Le 12 juin 2009 16:56, CanalBlog a écrit :
Le blog ci-dessous a été rejeté par les modérateurs de CanalBlog :
- Titre du blog : madagoravox
accessible à l’adresse http://madagoravox.canalblog.com/ , blog dont vous êtes le responsable.
Motifs du rejet : – diffamation à l’encontre de plusieurs médias, insultes et injures…”

Passé l’ébahissement premier devant l’incongruité apparente de l’évènement, on gamberge évidemment bien un peu …

De nature “prétentieuse” selon certains de mes détracteurs (lesquels ont du jubiler devant la mauvaise plaisanterie qui m’a été faite), je me suis toujours efforcé d’éviter l’insulte et l’invective dans ce que j’écrivais par respect de la belle langue, respect de l’autre et respect de moi même… L’argument de l’injure ne tenait donc pas … pas plus que l’argument de pédophilie (si si si … je vous assure)… pas plus que l’incitation à la haine raciale (… c’est vrai que je n’aime pas les “cons” et les manipulateurs mais quand même …)

De fait, il ne restait effectivement plus que le “délit” de Diffamation , qui pouvait avoir motivé cette destruction brutale et sans préavis de 3 mois d’écriture ..
Deuxième gamberge et recherche : je pensais que diffamatoire voulait dire “calomnie, médisance, mensonge avéré, transformation délibérée de la vérité dans le but de nuire…” … GroSSE Naïveté !!! Et je découvre que diffamatoire est qualifié comme suit par le législateur français : “L’article 29 de la loi du 29 juillet 1881 définit la diffamation comme suit :
« toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne…auquel le fait est imputé est une diffamation… »
Pour caractériser la diffamation les allégations doivent porter atteinte à l’honneur et à la considération de la personne visée.
Une simple critique ou appréciation de valeur ne sera pas retenue comme diffamatoire.
La victime d’allégations diffamatoires doit être mise en cause pour un fait précis. Si la liberté d’expression est garantie, il n’en demeure pas moins que des limites ont été posées par le législateur”

Oufffff … je reformule donc :
1) imputer un fait à une personne en portant ainsi atteinte son honneur ou à sa considération est une diffamation …
2) le fait imputé doit être un fait précis, sinon il n’y a pas diffamation
3) une simple critique ou un jugement de valeur n’est pas diffamatoire …
4) faut de toutes façons pas toucher à l’honneur et à la considération des gens … Ca c’est dur, de préserver le prétendu “honneur” de gens qui ne sont pour nous que d’immondes sal…fêtards. D’autant qu’en général ils sont sur ce sujet extrêmement chatouilleux ( Ca gratte toujours où ça fait mal) … bref …

Si je dis Aupoussin est un enfoiré … ce n’est donc pas diffamatoire puisque c’est un jugement de valeur … Ah zut .. c’est une injure … bon … oubliez …

Si je dis, certains médias ont publié 6 dépêches douteuses : comment qualifier cette “allégation” ??? C’est un fait précis … (zut!) … c’est un jugement de valeur et une critique (ouff!) … Mais ça porte atteinte à leur honneur et à leur considération (re-zut!) …
M’ENFIN !!! Mais on s’en sort pas … !!!

Blague dans le coin … Ca pose quand même un problème de fond quant à liberté d’expression et aux limites que certains nous accordent …

Mais comme je suis têtu … je reconstruis donc mon blog … Pas de chance, écrivant comme beaucoup à la volée, je n’en avais pas de sauvegarde … ça m’apprendra … la prochaine fois j’écrirai au brouillon … bon … après cette fois ci :-)

Le cache de google m’a toutefois permis de récupérer la toute dernière page contenant les articles qui ont certainement déclenché l’intervention des ailés modérateurs zélés lésants de canalblog … sont pas prêt de me revoir ceux là … lolll … c’est dommage j’aimais bien leur module de statistiques…

Quant à savoir les acteurs de l’attaque en question …????

Mon amie Citoyenne m’interrogeait … “est-ce qu’il y aurait un lien avec ton email du 3 juin à Newspress ?” ( voir ci après)

On ne peut rien affirmer … Ce serait encore de la diffamation … LOLLL

Mais l’idée qu’il s’agisse d’une initiative spontanée d’un administrateur zélé de Canalblog est largement improbable.
Alors … Oui, je reprochais par hypothèse un certain nombre de choses aux médias français de FranceMonde … Ai je eu tort de le faire nommément … Peut être … Mais ça ne changera rien à la réalité des faits, à savoir leur publication d’un certain nombre de dépêches non étayées …

Alors d’où vient le coup …

… Du TGV … ??? Il est possible-probable que des gugusses irrités se soient en masse adressés à Canalblog en se plaignant de mes “insultes” et “diffamations’ … La guerre de la communication continue … Et il y a certainement plein de cannards qui ont perdu l’eau qui jubileront de cette disparition …

… Des médias français incriminés .. possible … et il se seraient directement adressés de la même manière à Canalblog pour me faire cesser mes conneries … il est vrai que je n’ai pas été gentil avec eux .. ça m’apprendra à me prendre pour Schneidermann (Arrêt sur Image) … Tiens lui aussi s’est fait casser à une époque … peut être qu’on ne devrait pas toucher aux médias … C’est dangereux

Ca m’agace d’avoir perdu tout ce boulot … Mais pas outre mesure … Ce n’était pas ma vie … Mais l’évènement est pour le moins interpellant en termes de liberté d’expression, de guerre de communication, et de pouvoir sur les médias …

Maintenant que vais je faire ? recommencer ? .. avec encore plus de rage ? m’écraser et me ranger ??? me dire, parano, ouille … fais gaffe il y a les RG désormais dans le coin …

Sans rêver jouer les martyrs, je pense que je ne peux intellectuellement pas m’écraser … Ce serait nier les valeurs d’engagement que je prône … Mais bon …

Donc … Même pas mal … Je suis simplement interrogatif … et interpellé par les enjeux de l’évènement …

Bien à vous

La suite de l’analyse ici


Quand une télévision et une agence de presse françaises se font les porteurs de la propagande TGV … (bis)

13 juin 2009

Si nous nous plaignons couramment dans nos pays, de la main mise et de l’ingérence de l’ancienne puissance coloniale sur nos médias et notre vie politique, il est amusant de constater qu’un lobby malgache ait réussi à infiltrer un vecteur média français d’importance …

Quelle mouche a donc piqué TV5 et NewsPress pour qu’ils laissent passer coup sur coup, en plein WE de pentecôte, à propos de Madagascar 6 dépêches dont le ton et la superficialité laissent pantois.

voir la requete : http://newspress.fr/Recherche.aspx?q=madagascar

laquelle rend :

Pas de Coup d’Etat à Madagascar selon la Cour Suprême: Texte intégral
Agence NEWS Press – 01/06/2009 10:30:00

Rappel sur le scandale Daewoo à Madagascar : une folie
Agence NEWS Press – 30/05/2009 13:15:00

Madagascar : Wade reconnaît Rajoelina – avec photos
Agence NEWS Press – 29/05/2009 19:10:00

Madagascar : Andry; l’itinéraire d’un nouveau Chef d’Etat
Agence NEWS Press – 28/05/2009 18:30:00

Madagascar est à nouveau sur les rails
Agence NEWS Press – 19/05/2009 18:55:00

Quand on lit ce qui suit, on se dit qu’à l’école du journalisme, les auteurs et responsables de la publication de ces dépêches n’en sont en effet pas au B/A BA … ils en sont encore à tracer des bâtonnets.

Dans l’ordre :

Opus 1)
Pas de Coup d’Etat à Madagascar selon la Cour Suprême: Texte intégral

La validation le 18 mars par la Haute Cour Constitutionnelle (et non pas « cour suprême ») de la prise de pouvoir et de la création d’une Haute Autorité de Transition, a probablement ridiculisé Madagascar aux yeux de l’opinion internationale par le fallacieux et l’artificialité des arguties juridiques laborieusement bâties pour tenter de justifier ce qui a été reconnu, y compris par le gouvernement français et le président de la république, comme un coup d’état. Un étudiant en première année de droit constitutionnel aurait matière à disserter sur le sujet. Le ridicule de cette argumentation a certainement « plombé » pour longtemps la légitimité du pouvoir TGV auprès de la communauté internationale : quelle crédibilité pouvait on effectivement asseoir en cautionnant ce genre de farce.

Par ailleurs, la Décision n° 03-HCC/D2 du 23 avril 2009, dont fait état le communiqué stipule :

“Article 4.- La Haute Cour Constitutionnelle ne peut statuer sur la conformité à la Constitution de l’ordonnance n°2009-003 du 19 mars 2009 instituant le régime de la transition vers la IVème République”,
infirmant ainsi sa prise de position initiale laquelle affirmait en Mars la constitutionnalité de la prise de pouvoir et de la création d’une Haute Autorité de la Transition.

Comment un constitutionaliste qui lirait cet article dans lequel la cour reconnaît son incompétence, pourrait-il le traduire en “la cour affirme la constitutionnalité de la prise de pouvoir contestée” … ??? Ils nous ridiculisent encore.

Opus 2 )
Rappel sur le scandale Daewoo à Madagascar : une folie

Quel journal, quelle agence de presse digne de ce nom peut elle faire une dépêche intitulée « Rappel sur … » et se satisfaire de citer un article paru en Novembre 2008 … soit il y a 7 MOIS, sans plus d’analyse ??? !!! Comment qualifier l’attitude qui mènerait à penser qu’une chronique publiée l’année dernière puisse encore être d’une pertinence absolue : paresse intellectuelle … ou propagande primaire.

Il aurait pour le moins été judicieux d’évaluer que le dossier de l’achat des terres arables dans les pays pauvres a depuis largement évolué. Et l’idée qu’on s’en était bâtie à l’époque, au-delà des bénéfices qu’on a trop vite fait d’oublier, a depuis largement évolué. La FAO, l’IFPRI (International Food Policy Research Institute), l’IIED et le FIDA ont produit un document conjoint intitulé “Accaparement des terres’ par les investisseurs étrangers dans les pays en développement : Risques et opportunités”
On y trouve en particulier la déclaration suivante de Rodney Cooke, Directeur de la Division consultative technique du FIDA :
« J’éviterais le terme générique de “spoliation des terres”, Réalisés de la bonne façon, ces accords peuvent apporter des résultats positifs pour toutes les parties et être un outil de développement ».

Il aurait par ailleurs fallu prendre en compte que le nouveau pouvoir HAT désormais en place, prétend négocier avec des saoudiens des opérations du même esprit.

Opus 3)
Madagascar : Wade reconnaît Rajoelina

Là encore : surprenante information. La reconnaissance par Wade de Rajoelina n’a été annoncée que par Rajoelina lui-même, sans qu’il y ait eu le moindre communiqué officiel conjoint. Comble du ridicule, les autorités sénégalaises et la presse sénégalaise publient le lendemain « Le chef de l’Etat a recommandé au président de la Haute Autorité de la Transition de la République Malgache, Andry Rajoelina, « de ne jamais se départir de la position de l’Union africaine et de la communauté internationale » laquelle on le sait condamne formellement la prise de pouvoir qualifiée de coup d’état et exige un retour à la constitutionnalité… On est loin de la reconnaissance précipitament et imprudemment déclarée.

Il ne faut pas oublier que les visites envisagées initialement au Mali et au Burkina Fasso dans le prolongement de la visite au Sénégal et de son déroutement d’avion, ont été annulées « diplomatiquement » : le personnage y a peut être décrété infréquentable.

Nous n’oublierons pas non plus, que le personnage parait-il reconnu par le président Wade, est passé de manière extrêmement discrète en transit à Paris … enfin … discrète auprès des autorités françaises … pas auprès de ses opposants qui l’ont harcelé de manière humiliante tout au long de son séjour et de ses déplacements.

Et enfin, il est choquant que les photos publiées sur le site newspress sur la rencontre Wade/Rajoelina soient étiquetées “HAT” !!!
Je laisse le lecteur décortiquer de la même manière les 3 dépêches suivantes

Où est l’erreur ???

Je préfère pas apporter moi-même la réponse à cette question. Mais on ne peut que conseiller à ces agences de presse de changer de correspondant à Madagascar. Celui ci n’apportera pas grand chose à leur crédibilité. Je leur recommande pour ma part les éditorialistes de Madagascar-Tribune.com : ils sont à mon avis d’une autre envergure journalistique, et ne sont aux ordres d’aucun pouvoir.


L’interdiction de Madagoravox… Suite et fin

19 juin 2009

Bon … allez… c’est la dernière fois qu’on en parle, parce que ce n’est pas plus intéressant que ça … On a d’autres choses plus intéressantes à faire …

Quand je m’interrogeais sur “A qui profite le crime ?”, à propos de la destruction du site, j’avais envisagé plusieurs hypothèses à deux balles … J’avais même émis “C’est la faute au Tim et à notre Président Marc, qui tirent de cette interdiction le plus grand bénéfice ” … Ce n’était bien sûr là qu’un canular :-D , destiné à mettre en boîte MAC (Mon Amie Citoyenne) qui m’a valu de sa part quelques violents coups de cuillère en bois sur la tête …ouille !!! … promis je ne le referai plus …

Mais en fait … Le plus grand bénéficiaire du crime, ça aura été … MOI !!! Lalatiana Prezidà !!!

Et les grands perdants de l’opération, les auteurs effectifs de cette destruction, qui se seront ridiculisés en pensant me brimer alors qu’ils m’ont offert :

1° une publicité spontanée INESPEREE sur la Gasy Blaogy – publicité relayée aussi en cela par des supports à fort lectorat : Fijery et Nj’s … Merci à eux – qui m’a valu une audience et un pic de connexion jamais atteints (420 connexions le 15/06) … MORT DE RIRE !!!

2° des témoignages de soutien, plein de chaleur et d’amitié …
Et ça, ça vaut tous les honneurs du monde !!! ET ça donne une P… de pêche pour avoir envie d’aller plus loin…

Merci à vous New Africa, Niry, Lucie, Nj’s, Andriambavilanitra, Citoyenne Malgache (laisse ta cuillère à la maison la prochaine fois), Ragasy, Ndimby et tous les autres … Merci à tous les autres qui ont été sensibles à cet incident profondément et scandaleusement répressif et anti-démocratique … Et surtout … GRAND Merci à ceux du TGV qui ont fait grimper le taux de fréquentation pour constater leur déconvenue (*) …

Il y en a qui ont pris le pouvoir en arguant d’une fermeture de télé … Et si l’histoire se répétait … ? … Lalatiana Prezidà auto-proclamé !!!
Non … Arrêtez je rigole !!!

(*) Hou , que ça fait du bien de se f… de leur gueule !


Tintin en Egypte …

19 juin 2009

Piqué un fou rire devant l’article de Madagate à la “gloire” de son patron en voyage devant les pyramides

On voit donc le sieur Ministre, radieux sous un soleil de plomb , dans un superbe polo orange (pourquoi Orange, au fait) – ah que j’en voudrais un comme ça – trôner devant une pyramide avec en arrière plan deux touristes déambulant … Et Ramambazafy-journaliste de sous-titrer cette photo d’une légende inénarrable : “Le ministre Augustin Andriamananoro passe-t-il son temps à faire du tourisme ?”

Puis deuxième fou rire sur les lignes suivantes :
“Lors de la 28ème session ordinaire du Conseil d’administration de l’Union Panafricaine des Postes (UPAP), qui a eu lieu au Caire (Egypte), les 6 et 7 juin 2009, Madagascar a été représenté par le ministre des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies, Augustin Andriamananoro. Cette présence implique indubitablement que la Haute Autorité de la Transition (HAT) de Madagascar, présidée par Andry Nirina Rajoelina est reconnue par l’Union Africaine (l’UA) elle-même.

Faut il vraiment qu’ils soient aux abois pour tenter gagner un alibi de reconnaissance en participant à une table ronde technique … C’est d’un grotesque !

De la même manière, fin Avril une invitation de Ban Ki Moon adressée à Rajoelina, a laissé dire au pouvoir TGV « On s’achemine petit à petit vers la reconnaissance internationale du régime de la transition. A preuve, le Président de la Haute autorité de la transition, Andry Nirina Rajoelina « est convié à assister et participer à la Conférence des Nations unies sur la crise économique et financière mondiale qui se tiendra au siège de l’Organisation à New York ».

Si cette invitation de Rajoelina par l’ONU avait été confirmée, elle n’aurait pas été anodine. Mais il serait surprenant que l’ONU ait envie de se mette à dos l’Afrique australe (braquée comme elle l’est (SADC, COMESA) sur cette affaire.

Et là … 3ème fou-rire :
« L’Assemblée générale de l’ONU a annoncé mardi qu’elle avait repoussé à fin juin la Conférence sur la crise économique et financière mondiale initialement prévue du 1er au 3 juin afin de donner plus de temps aux délégués pour négocier le projet de document final.
La « Conférence au plus haut niveau sur la crise économique et financière mondiale et son impact sur le développement » aura lieu du 24 au 26 juin
lolll

Alors on parie : Y-Va-T-Y ou Y-Va-T-Y-Pas le Andry Lapinou ? Opportunité de reconnaissance … ou risque de voir RA8 sur une Tribune le 26 en son absence ???

Là, j’imagine les deux neurones de son cerveau en train de jouer au ping-pong ou aux quatre coins qu’il a ronds … ’

Et ça me fait vraiment rigoler …


L’affaire Daewoo … et si le scandale n’était pas là où on l’a dit …

22 juin 2009

L’affaire Daewoo et de ses 1.3 millions d’ha de terres arables accordées à la Corée du Sud en bail emphytéotique par le gouvernement de Ravalomanana, argument de sa déstabilisation, valait elle le scandale qui en a été fait ?

A l’époque les surfaces envisagées ont été vues comme effarantes … « Hein !!??? UN MILLION TROIS CENT MILLE HECTARES !!! ???… » le chiffre paraissait monstrueux : la moitié de la Belgique … !!!!

Aujourd’hui, les projets chinois au Congo, en Zambie, au Soudan ou en Tanzanie ont largement dépassé le cap du million d’ha et pour autant n’émeuvent plus que les organisations écologiques et alter-mondialistes. On a de la même manière oublié qu’au Brésil c’est de 6 millions d’ha qu’il s’agissait depuis le début des années 2000.

Quant à Madagascar, selon l’opinion largement installée par les médias, l’opération ne servait que les seuls intérêts du géant Coréen qui « bésait » largement notre pays et nos paysans. Cette opinion laissait supposer au moins une monstrueuse opération de corruption de Ravalomanana et de sa « clique » qui pourraient de fait, si c’était le cas, légitimement être accusés de haute trahison pour avoir spolié la Nation et les populations paysannes à leur seul bénéfice.

Mais a-t-on jamais évalué réellement quels étaient les enjeux réels du dossier pour les DEUX parties ? La réponse à cette question a souvent été traitée de manière unilatérale, en écho à une inquiétude somme toute légitime parce que :
- Le peu de transparence des modalités et des circuits d’investissement laissaient craindre une aggravation de la corruption.
- La consultation des populations locales sur le projet n’a pas été lisible, laissant envisager qu’elles aient été tenues à l’écart ou même pire qu’elles soient carrément lésées.
- La société civile semble avoir été tenue à l’écart du dossier,
- Enfin, sur la colère d’avoir vu brader le caractère sacré de la terre, s’est en plus greffé un argument écologique : l’exploitation agricole massive et intensive de ces terres représentait un risque en termes de préservation de la diversité biologique mais aussi un risque en termes de sécurité de la production alimentaire détournée vers des cultures intensives d’exportation.

Quels étaient les enjeux pour la Corée ?
Il faut bien voir que la Corée, pour sa survie et son indépendance alimentaire (la Corée du Sud est, on ne doit pas l’oublier parmi les 5 premiers importateurs mondiaux de céréales) tenait à s’assurer A LONG TERME et A MOINDRE COUT d’un espace agricole avant que la ruée des investisseurs Saoudiens, Koweitis, et autres Indiens, Qataris, Libyens, Chinois, Djiboutiens, Bahreinis, sur ce nouvel or vert ne fasse augmenter son prix. La chute des revenus du pétrole et sa disparition annoncée engagent des enjeux de survie essentiels pour ces pays pauvres en ressources en eau et de fait en état de dépendance agricole essentielle.

Le gigantisme du projet tenait certainement à cette préoccupation. A moins qu’il ne soit agi que d’un énorme coup de bluff …

Les enjeux étaient forts … Suffisamment pour que le « gel » de l’opération sur Madagascar ait été immédiatement suivi de la conclusion d’un contrat en Avril 2009 de 690 000 hectares au Soudan.

Maintenant, il vaut peut être mieux que ce soient les soudanais qui « vendent leur âme » plutôt que les malgaches …

Je me suis en effet demandé si dans les tensions actuelles entre les deux Corées, la frénésie d’investissements agricoles de la Corée du Sud n’était pas une carte pour acheter la concorde avec la dictature du Nord : « tu veux du blé mon frère … donne moi la paix … ».

Par ailleurs Il est probable que l’intérêt de la Corée pour Madagascar ne se soit pas limité qu’aux seules terres arables et que les coréens aient eu de fait des arrières pensées sur le pétrole malgache. Le contrat soudanais de 690 000 ha relève probablement de ces mêmes arrières pensées géo-stratégico-énergétiques.

Mais nonobstant cet élément, on ne doit pas perdre de vue qu’à la base dans ce genre de deal, tout comme les deals pétroliers, les durées et les volumes envisagés sont tels que raisonner et évaluer sur du court terme est une erreur primaire. Qui plus est, aujourd’hui, dans ce genre de projet pharaonique avec les moyens d’information (et de désinformation) actuels, avec l’audience et la vigilance paranoïaque des lobbys alter-mondialistes, il est peu probable qu’une relation qui ne soit pas établie sur un mode gagnant – gagnant à court, moyen et long terme puisse politiquement perdurer.

La haine que certains éprouvaient envers Ravalomanana les a poussés à voir dans ce dossier au pire un crime de haute trahison, au mieux de l’incurie de sa part. Mais doit on, à l’identique, imaginer qu’un gouvernement et un géant coréens qui investissent massivement dans plusieurs projets (Russie, Soudan …) pour répondre à des enjeux vitaux d’approvisionnement agricole, soient d’une incompétence telle qu’ils ne se seraient pas préoccupés de la pérennité de leur investissement…
« Monsieur le Président, on fait un deal qui va être tellement pourri sur des matières premières dont nous avons un besoin vital , deal qui va tellement léser vos paysans que quand vous aurez quitté le pouvoir dans 4 ans, on se fera virer par le nouveau gouvernement en place … ».

Bon je sais. Je suis un incorrigible idéaliste. Et je présuppose ici qu’une compagnie qui a acheté un gouvernement n’ira pas nécessairement acheter le suivant ( )… La Françafrique n’a jamais fait ça … Les retournements d’alliances ( ), les nationalisations, ne sont évidemment pas des armes à la portée des gouvernements …je plaisante, bien évidemment…… Mais en fait, le pari est un pari bien risqué … et les investissements en jeu et les enjeux long terme des Coréens valaient ils une arnaque minable qui se serait retournée à terme contre eux … ?
La question de la terre étant une BOMBE POLITIQUE, les Coréens comme les indiens, comme les saoudiens de demain (parce qu’ils viendront, soyez en sûrs) avaient tout intérêt à négocier un accord équilibré sur le long terme.

Le phantasme du colonialisme associé à l’image des indiens chassés de leurs terres pour être parqués dans leurs réserves nous ont profondément marqués en termes d’inconscient collectif … Ils nous ont tellement marqués que personne ne s’est levé pour envisager le moindre intérêt et bénéfice pour M/car.

Quels étaient les enjeux pour Madagascar ?

Les bénéfices directement induits par l’opération n’étaient pourtant pas négligeables … Allez … à la louche, rien que pour en embêter certains qui vont hurler à ma mauvaise foi : à raison de 20 000$ le km de route réhabilitée et 12 000 $/salle de classe on a, si on devait répartir par moitié le budget d’investissement initialement prévu de 7 000 000 000 de $ : 175 000 kms de routes !!!! et 300 000 salles de classes … !!! Ca énerve, hein !!!

Oui je sais … Ces chiffres sont théoriques … mais si on posait ce genre d’ordres de grandeur on ne ferait peut être pas autant de conneries …

Dans l’émotion, dans la manipulation, dans l’excès d’idéologie, on en a oublié les fondamentaux : en termes de théorie du développement, les enjeux de l’agriculture sont d’abord la satisfaction des besoins alimentaires essentiels, puis la production d’excédents … On a tiré très tôt sur le pianiste, par manque de transparence de son projet, il est vrai. Mais s’est on posé les bonnes questions ? Et a-t-on entendu l’avis des premiers concernés : les paysans. Le projet Varun n’avait pas à mon avis que des avantages. Mais les paysans, les vrais, ceux qui tiraient un bénéfice immédiat dans la redistribution des excédents de production, ont-ils eu voix au chapitre quand il s’est agi d’annuler le projet ?

A moins de 7,5% de croissance annuelle de la production agricole dans les pays de l’Afrique sub-saharienne (dont M/car), et ce quel que soit le mode de production agricole choisi, en biologique, en expérimental ou en extensif, en durable ou en agro-industriel, il reste que faute d’investissement massif dans l’agriculture, les objectifs 2015 du Millénaire de réduction de la famine et de la pauvreté ne seront pas atteints. Ce qui veut dire que à moins d’investissements massifs dans le domaine, la condition de nos populations paysannes ne peut évoluer durablement. Les besoins d’investissement publics sont dans cette région de l’ordre de 14 milliards $ annuels, investissements indispensables en termes d’irrigation, d’infrastructures, de recherche, valorisation des sols, de mise en place de politiques foncières ( ) … Pourquoi se priver d’un projet qui se négociait (paraît il) en termes d’investissements en irrigation, infrastructures, recherche, valorisation des sols ?

Par ailleurs, on peut bien évidemment remettre en cause le système capitalistique actuel (je suis le premier à le faire), la finance devenue folle, la mondialisation outrancière… Mais le phénomène « d’accaparement des terres agricoles » auquel on assiste aujourd’hui n’est-il pas aussi une des facettes de la délocalisation … Après avoir délocalisé l’industrie « allons vers le soleil, les ouvriers coûtent moins cher », après avoir délocalisé les services « allons vers le soleil les opératrices et les informaticiens coûtent moins cher » on délocalise désormais l’agriculture « allons vers le soleil, les terres et les paysans coûtent moins cher »…

Mais à part les puristes en développement durable que je rejoins souvent bien volontiers, qui donc pourra dire que les délocalisations des industries et des services n’ont pas apporté de richesse aux pays d’accueil ?

Les irresponsables et autres imbéciles capables d’asséner « les routes ne donnent pas à manger » devraient eux aussi passer au tribunal pour haute trahison : les enjeux de ces infrastructures sont vitaux pour le désenclavement des zones rurales, la circulation des marchandises, la distribution des récoltes sur les marchés et les revenus paysans..

Il faut aussi prendre en compte les réalités : la mise en valeur des surfaces en question pouvait elle se satisfaire des seuls paysans nationaux avec la faiblesse endémique de moyens qui caractérise le monde paysan malgache, en attendant que le pays dégage suffisamment de plus value pour réinvestir massivement dans la résolution de ce problème agricole ?

En conclusion

A moins de prêter à Ravalomanana et à son gouvernement un machiavélisme diabolique ou une imbécillité sans fond, les directives et actions du MAP, qui visaient en particulier la sécurisation du foncier, contredisent l’idée que le projet Daewoo n’était que spoliation des paysans malgaches. Le plan de normalisation du foncier qui visait à enregistrer et formaliser les titres des petits propriétaires (75% d’enregistrement envisage à l’horizon 2015), devait sécuriser ces dits petits propriétaires paysans face aux géants et grandes compagnies agricoles.

En second lieu, dire « l’investissement agricole est une priorité » est enfoncer une porte ouverte. On décidera que l’affaire Daewoo était un scandale quand on nous aura prouvé que les intérêts long terme du pays ont été sacrifiés aux bénéfices sordides à court terme de Ra8 (si c’était le cas, je serai le premier à le pendre haut et court par les … oreilles).

Mais Daewoo (comme Varun) pouvait être aussi une formidable opportunité, à condition de veiller à l’équilibre de la transaction tout en préservant l’environnement, les traditions, en bref en veillant à l’avenir de nos enfants. Je sais … là encore on me reprochera mon angélisme et on me fustigera pour tout le crédit que j’octroie à Ra8… Mais il est vrai que à comparer les réalisations et résultats des 25 années de pouvoir de Ratsiraka et les 7 années de pouvoir de Ravalomanana malgré tout ce qu’on peut lui reprocher, je reste convaincu que l’homme oeuvrait « essentiellement » pour le développement de son pays.

Le scandale aura été l’utilisation sordide, politicienne et populiste de ce dossier (voir aussi le dossier « pourquoi ont-ils tous lâché Ra8) ( )sans avoir aucunement pris en compte l’intérêt REEL des population et du pays … Des opposants un tant soit peu responsables et attachés à l’intérêt de leur pays, auraient dû se battre pour :
- Exiger plus de transparence
- Défendre les intérêts éventuellement lésés des masses paysannes,
- Veiller au respect de l’environnement,
- Veiller à une répartition juste des résultats à moyen et long terme
Au lieu de hurler « au RavalLoouuuuuuup !!!!! » sans plus de réflexion.

L’autre scandale sera bien évidemment qu’après tout ce battage, le dossier Daewoo n’ait au bout du compte même pas été enterré ( ). Ou qu’il soit remplacé par un dossier Saoudien ou Qatari ou Koweiti … Si c’est pour le bénéfice du pays et de nos paysans je n’irai pas m’en plaindre … Mais le cynisme et l’hypocrisie derrière tout ça sont absolument insupportables.


Le pétrole à Madagascar … il y a manne et manne … (1ère partie)

5 juillet 2009

Quand on parle de pétrole, on n’en a en général qu’une perception mythique: entre le Texas de dallas « ton univers impitoyaAAble » , entre les émirs aux djellabas immaculées devant leurs puits ruisselants de richesse, entre la démesure perçue des tours de verres d’Abu Dhabi, et les îles artificielles de Dubaï bâties à coups de milliards de pétro dollars, le sentiment qui nous reste est souvent celui d’une manne source de tous les potentiels, source de l’absolue richesse, source des solutions immédiates à notre sous développement.

La réalité est pourtant toute autre. Nonobstant les questions de géopolitiques, de géostratégie et de leurs conflits inhérents, nonobstant les luttes mortelles pour la préservation ou l’acquisition des ces ressources (« papa, c’est où l’Irak ? »), nonobstant aussi les enjeux de la préservation de l’environnement largement entamée par les excès de l’utilisation outrancière de cette ressource, si certains pays nouvellement gros producteurs de pétrole (Norvège, Canada, …) ont pu jouir pleinement de la rente de l’extraction de leur or noir en termes de développement, force est de constater que d’autres – les pays pétroliers africains pour ne pas les nommer – n’ont pas tiré des revenus de leur production pétrolière le niveau de développement que cette ressource aurait dû leur fournir.

Alors même que ces pays Africains prennent désormais une part non négligeable dans les approvisionnements en « or noir » des pays développés (US National Intelligence Council : les US importeront 25% de leur pétrole en 2015 de l’Afrique subsaharienne), face au mythe du pétrole de Dallas-Ton-Univers-ImpitoyaAblE, s’oppose l’image de populations de ces mêmes pays confrontées trop souvent à une misère insupportable quant il ne s’agit pas de drames de la famine. Les récentes émeutes de la faim en témoignent. Et que des pays tels que Le Nigeria, le Cameroun ou le Tchad, tous producteurs de pétrole aient connu ces violences sociales en 2008 ne peut que nous interpeller. … Afrique-Et-Ta-Misère-InsupportaAAAablE ….

Si pour les spécialistes l’Afrique est le nouvel eldorado des prospecteurs d’«or noir», Elizabeth Tinoco de l’OIT à Genève, déclare que l’échec dans le combat contre le sous-emploi chronique et la pauvreté dans ces pays producteurs est une véritable «chance gâchée».

Au moment ou Madagascar s’inscrit désormais au nombre des pays producteurs émergents, si nous souhaitons éviter de « gâcher » nous aussi cette chance, il est urgent de faire le point sur les errements mais aussi les écueils qu’ont rencontrés ces pays potentiellement riches et foncièrement pauvres. Il s’agit en effet d’essayer de capitaliser l’expérience des Cameroun, Guinée Equatoriale, Gabon et autres Congos.

Cette nouvelle ressource, peut permettre à notre pays, vigilant, d’y trouver des moyens inespérés. Le pays peut aussi, au contraire, y trouver source d’aggravation de ses problèmes de développement et de ses problèmes de démocratie. S’avère ainsi nécessaire une tentative d’inventaire des dangers potentiels générés par l’arrivée de cette ressource dans les revenus de l’Ile en répondant à la question :

Pourquoi ces pays qui ont puisé du pétrole des milliards de $ de revenus n’ont-ils pas su tirer de cette manne ce qu’ils auraient pu en escompter et réduire la pauvreté de leurs populations ?

• Des contrats pervertis

L’opacité des contrats pétroliers établis – contrats de concession ou contrats de partage de production (1), qui seraient signés au seuls bénéfices d’une part d’une oligarchie locale qui y trouve une rente, et d’autre part au bénéfice des compagnies pétrolières (2) qui ont besoin de sécuriser à long terme leurs investissements, est avancée comme une première raison.

La volonté de sauvegarde à tout prix de ces deux groupes d’intérêt, lors de fluctuations de cours ou de crises économiques, se ferait alors, faute de transparence, au détriment de l’intérêt du pays lui-même et de son développement. « Ecoute mon pote, si les marchés dégringolent, là sur le coup je risque de perdre du pognon… alors tu te débrouilles chez toi avec ce que je pourrai te laisser … ».

• L’apparition des « kleptocrates », la concentration des ressources et des moyens, l’absence de démocratie

Dans le droit fil de la raison précédente, quand les enjeux de pouvoir ne relèvent que d’une volonté de domination et d’accumulation (« quand je serai Président, et que tu seras Ministre on s’en mettra plein les fouilles »), la volonté d’appropriation de cette rente va pousser à la concentration des acteurs au détriment de la mise en place d’une saine concurrence (« faudrait pas qu’on soit trop nombreux sur le gâteau, et en plus il vaut mieux se limiter à quelques grands pâtissiers pour mieux négocier notre rente »).

La déficience des institutions politiques et des structures de l’Etat, les faiblesses de l’administration, l’inexistence d’une justice et d’un pouvoir judiciaire libres, en particulier, le désordre politique, mais aussi la mise à l’écart de la société civile, empêchent l’émergence des contre-pouvoirs indispensables qui pourraient freiner le « banditisme » de ces kleptocrates essentiellement préoccupés par la consolidation de leur pouvoir. Ces contre-pouvoirs sont pourtant essentiels s’il s’agit de veiller à l’équilibre des transactions, mais aussi de veiller à la répartition juste, durable et équitable de la manne pétrolière.
Mais la perversion est extrême quand ces kleptocrates s’opposent violemment à toute forme de démocratie ou pire, quand ils peuvent dans ce déni de démocratie être poussés à enfermer leurs populations dans la pauvreté. Ils mettront ainsi en œuvre tous les moyens de coercition pour s’opposer à l’établissement d’une démocratie qui remettrait en jeu leurs intérêts et leur rente. « Vous n’allez tout de même pas me demander d’œuvrer pour le développement qui ouvrirait la porte à une démocratie qui elle-même me ferait perdre et mon pouvoir et ma rente, enfin ??? »

• La perversion financière et l’endettement

Entre la boulimie des dirigeants, et les investissements somptuaires lancés au lieu de privilégier les investissements dans le développement social, les besoins de financement de ces pays ont souvent usé et abusé du système des préfinancements pétroliers qui offrent des prêts de couverture, émis soit par l’acheteur de brut soit par des institutions financières pour couvrir le décalage entre la dépense budgétaire publique et l’encaissement des recettes adossées à une vente de pétrole brut effectuée sur le marché pétrolier international.
« Les préfinancements pétroliers constituent la moitié de la dette du pays, et sont exceptionnellement difficiles à renégocier dans le cadre d’un accord de rééchelonnement de la dette. Le fossé entre les attentes immenses et les résultats économiques lamentables des pays producteurs de pétrole est politiquement explosif. »(1)
Ces prêts de trésorerie dont l’émission est extrêmement prisée, en raison de la rémanence et de la solvabilité de la ressource, s’ajoutent à un gonflement dramatique de la dette face à l’augmentation des dépenses publiques. Les gouvernements s’endettent ainsi de plus en plus, « allant jusqu’à hypothéquer les revenus pétroliers ». Il s’agit là d’une profonde aberration : on devrait avoir des sous, et on croule sous les dettes. Un pays comme le Congo, dont les ressources pétrolières sont de 2 milliards de $ par an et dont 70% de la population vit sous les seuils de pauvreté, a du ainsi s’engager dans une initiative PPTE (Pays Pauvre Très Endetté) qui doit lui permettre de renégocier sa dette (source banque mondiale).

• L’aliénation économique et fiscale

La mise en place d’une économie de rente qui caractérise l’économie des pays pétroliers africains est le dernier danger à éviter. Quand l’idée même de rente s’oppose à la nécessité de diversification industrielle, quand la rente laisse croire que l’on peut délaisser le développement agricole, elle rend le pays extrêmement dépendant du pétrole (et précarise ses équilibre budgétaires dans des contextes de crise des cours), mais elle peut aussi mener à une perte fatale de compétitivité économique. Or, le secteur pétrolier gourmand en capitaux, ne peut fournir tous les emplois.
En dernier ressort, la performance de la fiscalité liée au pétrole, aliène dangereusement les systèmes fiscaux normaux : « on va pas s’embêter à développer d’autres secteurs d’activités, ou même l’emploi pour récupérer d’autres sources d’impôts … on a de toutes façons les sous du pétrole ».

• En conclusion

Et on arrive ainsi à un cas de divorce flagrant entre un peuple et ses gouvernants … je sais … divorcer pour des questions de sous, il y a plus élégant …Mais en l’occurrence, l’arnaque est insupportable.

Là encore, sans un contrat de mariage « en béton » entre le peuple et ses élus, fondé sur la transparence et la gouvernance … rien de possible sur le futur…

L’EITI (Extractive Industries Transparency Initiative), auquel avait souscrit le gouvernement Ravalomanana offrait ce contrat. Ce contrat aurait peut être valu au pays de ne pas souffrir du mot « manne et manne » … Certains n’ont pas voulu y croire … C’est encore une autre face du scandale de ce P… de coup d’Etat …

________________________________________ Notes

(1) Deux types de contrats pétroliers ( ) sont en général appliqués :
- contrats de concession : les états concèdent aux compagnies pétrolières des zones d’exploration sur des durées de 25 à 50 ans moyennant d’une part une redevance proportionnelle aux revenus, d’autre part une fiscalité et enfin des charges opérationnelles.
- Contrats de partage de production : les règles de partage de la rente pétrolière sont définies par exemple comme suit : Redevance minière (15%), Cost-Oil (50%), Profit Oil et Excess Oil (partage négociable), PID (1%) et Bonus.

(2) « A la lumière des règles de partage définis, force est de constater que les bénéficiaires des différents contrats pétroliers sont les compagnies pétrolières. Dans le cas par exemple des CPP, la part attribuable aux Etats se situant entre 31 et 35 % dans la plupart des pays de l’Afrique sub-saharienne, alors qu’ils sont de l’ordre de 51% (Etat) contre 49% (compagnie) en Algérie et en Libye. »

Lire aussi :
Etanilas NGodi. Géopolitique du pétrole en Afrique Centrale – 2008

L’industrie pétrolière et parapétrolière : contexte international 2008. IFP 2008


Le pétrole à Madagascar : la Taille (*) , l’Ame et la Manne … (2ème partie)

7 juillet 2009

Dans la première partie de cet article j’évoquais les EFFETS PERVERS de l’émergence des nouvelles ressources offertes par l’extraction et l’exploitation du pétrole : la perversion des contrats, l’apparition des « kleptocrates » et les barrages à la démocratie et au développement, la perversion financière et l’endettement et enfin l’aliénation économique et fiscale que cette manne inespérée pouvait déclencher.

Mais l’absurdité s’est avérée à son comble quand on a réalisé que la collusion des compagnies et des kleptocrates qui
1) bloquait le développement des processus démocratiques lesquels pouvaient remettre en question le pouvoir et de fait les rentes établies,
2) favorisait la mise en place de fait de véritables dictatures,
3) bloquait, de fait, la lutte contre la pauvreté,
4) favorisait la montée de luttes intestines sans merci ou même de guerres civiles lancées pour l’appropriation de cette manne,
au bout du compte, pour cause de fragilité des pouvoirs politiques en place contestés par des masses populaires à juste titre révoltées, REMETTAIT EN QUESTION LA PERENNITE DES INVESTISSEMENTS DES COMPAGNIES.

Profondément Débile, non ?

La prise de conscience de ces dérives et de ces absurdités a ainsi défini les enjeux essentiels d’une valorisation de la manne du pétrole qui puisse désormais permettre aux populations des pays producteurs de jouir le mieux possible des revenus de cette ressource.

La définition des processus de mise en place d’une meilleure gouvernance et d’une transparence effective des transactions ont été mises au premier plan des objectifs à atteindre par les instances internationales (Banque mondiale, …).

L’initiative EITI, (http://eitransparency.org/fr) Extractive Industries Transparency Initiative (ou ITIE en français : Initiative pour la Transparence des Industries Extractives) est ainsi née en 2002 lors du sommet sur le développement durable de Johannesburg. Cette initiative veut encourager la transparence des transactions entre respectivement les Etats et les Compagnies pétrolières ou linière) afin de fournir au public toute l’information souhaitable pour que les processus démocratiques s’exercent pleinement en termes de contrôle de l’exploitation des ressources et de redistribution des revenus.

« Le fait de savoir combien d’argent est reçu par les gouvernements et combien est remis par les sociétés est une première démarche importante quand on veut rendre les décideurs dans le gouvernement responsables de ces sommes. Les pays qui sont riches en ressources naturelles et qui appliquent les principes de EITI, peuvent bénéficier d’un climat propice et amélioré pour les investissements, en démontrant clairement aux investisseurs et aux institutions financières internationales que le gouvernement s’engage à renforcer la transparence et la responsabilité des recettes qui résultent des ressources naturelles. Les Sociétés et les investisseurs, en soutenant EITI dans les pays où ils opèrent, peuvent aider à mitiger les risques d’investissement : la corruption crée l’instabilité politique, ce qui menace à son tour les investissements qui sont à long terme ». http://eitransparency.org/UserFiles/File/keydocuments/factsheetaugust05french.pdf

Impliquant de manière non coercitive les gouvernements et les pétrolièrs, mais aussi les sociétés civiles et les organismes financiers internationaux, EITI définit le cadre général pour que les gouvernements et les compagnies qui y souscrivent justifient du respect de normes de gouvernance et de transparence communes.

Les gouvernements y gagnent en image et en crédibilité politique en s’affirmant lutter désormais contre la corruption tout en améliorant leur capacité de gouvernance. Les entreprises pétrolières et les investisseurs y gagnent en stabilisation et fiabilisation des transactions et des processus normalisés qui ne devraient plus laisser place ni à Ikotofetsy ni à Imahaka. Les populations y gagneront enfin par une juste redistribution des revenus rendus transparents.

Contrairement à ce que peuvent en penser les sceptiques, il ne s’agit pas ici seulement de déclarations d’intention mais réellement de la mise en place, sur la base de principes fondateurs des structures et des processus de contrôle à tous les échelons des transactions.

Les critères de conformité à l’EITI sont énumérés :

1. Tous les paiements matériels, versés par les entreprises aux gouvernements, au titre de l’exploitation pétrolière, gazière et minière (« les paiements ») et toutes les recettes matérielles, reçues par les gouvernements de la part des entreprises pétrolières, gazières et minières (« les recettes »), sont publiés et diffusés régulièrement au grand public sous une forme accessible, complète et compréhensible.
2. Lorsque de tels audits n’existent pas, les paiements et recettes font l’objet d’un audit indépendant crédible, conformément aux normes internationales en matière d’audit.
3. Les paiements et recettes sont rapprochés, conformément aux normes internationales en matière d’audit, par un administrateur indépendant digne de confiance, qui publie son opinion sur ce rapprochement de comptes et sur d’éventuelles discordances.
4. Cette démarche s’étend à l’ensemble des entreprises, y compris les entreprises d’Etat
5. La société civile participe activement à la conception, au suivi et à l’évaluation de ce processus et apporte sa contribution au débat public.
6. Le gouvernement d’accueil élabore un plan de travail public, financièrement viable, relatif aux éléments ci-dessus, avec le concours des institutions financiers internationales le cas échéant, ce plan étant assorti de cibles mesurables, d’un calendrier de mise en oeuvre et d’une évaluation des contraintes éventuelles sur le plan des capacités.

Il est par ailleurs à noter, que la Banque mondiale a renchéri à l’initiative en lançant l’initiative EITI++(Initiative renforcée pour la transparence des industries extractives) qui vient compléter l’objectif de transparence de l’EITI, limitée,elle, à la seule transparence des recettes, pour mettre en place l’ensemble des processus qui permettront aux pays de « consacrer les flux de recettes croissants qu’ils en tirent à la lutte contre la pauvreté, la faim, la malnutrition, l’analphabétisme et les maladies et aider ainsi les pays clients à se doter des capacités voulues pour tirer des profits durables de leurs ressources naturelles. »

Et nous … et nous ??? !!! …

Et oui .. Madagascar avec son gouvernement Ra8, soupçonné des pires travers, avait pourtant initialisé une démarche d’adhésion à l’EITI (*).

http://eitransparency.org/fr/node/283

La candidature de Madagascar à l’EITI a été acceptée en Février 2008. Le plan de travail a été agréé en Décembre 2008 après mise en place des structures EITI malgaches.

Madagascar avait jusqu’en Mars 2010 pour faire aboutir sa démarche et obtenir son label de conformité.

Autant dire qu’on est mal partis pour que ce délai soit respecté. Mais y a-t-il encore volonté de la faire aboutir ? Aujourd’hui, le site de l’EITI Madagascar (www.eiti.mg) (**) , structure de communication essentielle du dispositif A DISPARU, relégué dans une sous rubrique obscure du ministère des mines (www.mines.gov.mg/eiti/) . Que faut il en conclure ? Que la transparence n’est surtout plus une préoccupation de la HAT qui prétend renégocier tous les contrats miniers ?

Que les seuls pétroliers engagés dans l’EITI Madagascar aient été Exxon Mobil et Madagascar Oil , malgré l’engagement du président Sarkozy aux cotés de l’EITI, doit ainsi nous interpeller.

En conclusion :

Il ne s’agit pas d’angélisme quand il faut défendre ces dispositifs internationaux. Ils peuvent être pervertis, comme tout dispositif de principe. Mais ils posent des principes directeurs, des principes d’éthique qui nous semblent essentiels dans ce capharnaüm où on a perdu notre référentiel de valeurs. La Norvège, qui bâtissait jusqu’aux évènements de Mars un partenariat solide avec Madagascar, et qui abrite à Oslo le siège de l’EITI, illustre ainsi parfaitement à mon avis le mariage réussi de l’Ethique et du gouvernement. (***)

Par ailleurs, ces enjeux de bonne gouvernance et de transparence ne devraient toutefois pas concerner que la seule exploitation du pétrole ou le seuls problèmes d’extraction minière. Les solutions que nous devrons apporter et les politiques qui seront mises en œuvre peuvent et doivent s’étendre à toutes les questions d’exploitation de nos ressources qu’il s’agisse d’agriculture (Daewoo encore), de bois, de ressources minières, de ressources touristiques, de ressources de pêche, ou même de ressources humaines.

L’éthique, la gouvernance et la transparence, toutes valeurs propres à un développement réellement durable doivent s’appliquer à tous les secteurs de notre économie pour peu qu’ils soient ouverts massivement aux investissements extérieurs. Notre progrès économique et la mise en place d’une saine démocratie est probablement à ce prix.

(*) Je rappelle que la Taille est un ancien impôt prélevé par le seigneur sur les roturiers. En l’occurrence, s’il n’y a pas redistribution des revenus de pétrole, il y a ponction sur les peuples pour combler les déficits engendrés par les dérives de ces kleptocrates ….

(*) fallait il que Ra8 soit pervers ou imbécile pour lancer le pays dans une démarche où la reconnaissance de la conformité de M/car aux critères de l’EITI lui aurait interdit toutes les manœuvres et toutes les manipulations financières qu’on lui prête.

(**) pour ceux qui veulent évaluer l’activité antérieure de l’EITI Madagascar, passer en recherche Google la requête : « site :www.eiti.mg » qui restitue les pages « en cache » google du site www.eiti.mg qui a aujourd’hui disparu.

(**)Voir le papier « Non, l’Ethique de Gouvernement n’est pas une utopie… » http://madagoravox.wordpress.com/2009/04/


Trouvé sur le forum de Tribune du 17/09 : Contribution de Tia Tanindrazana

17 septembre 2009

Un post intéressant émis par le forumiste Tia Tanindrazana ,le 17 septembre 22:26. Je n’adhère pas à toutes ses affirmations, mais je reproduis la contribution telle quelle, pour sa synthèse et sa volonté d’objectivité …

Voici mes critiques vis-à vis de Andry TGV, de Ra8, de Ratsiraka et de Zafy. Je donne mes points de vue concernant leurs erreurs majeures puis leurs points positifs. Vous pouvez les corriger ou les compléter selon vos opinions et tendances respectives. Je le fais car à mon avis, ce sont ces 4 qui seront les favoris lors de l’élection présidentielle qui devrait avoir lieu dans 1 an au plus tard. Peut-être des changements de noms du côté de Zafy avec Tabera ? Et du côté Ratsiraka avec peut-être Pierrot ou Roland ou les deux ? Il faut bien voter car c’est l’avenir du pays qui se dessinera. De plus le risque de fraude est très élevé. Pour TGV, il fera tout pour se présenter même s’il n’a pas encore 40 ans. Le pouvoir de transition devrait être consensuel et inclusif avant cette élection (ce qui n’est pas le cas actuellement avec TGV-Roindefo) et espérons qu’il n’y aura pas de nombreux morts et blessés avant cette échéance. Enfin, espérons que cette élection ne sera pas une nouvelle source de violent conflit ou de guerre par la suite.

LES ERREURS MAJEURES DE ANDRY TGV
- Transformer un mouvement de revendication de droits (démocratie, justice sociale, libre concurrence) en prise de pouvoir soutenue par des militaires mutins (Coup d’Etat)
- S’entêter et s’accrocher au pouvoir faisant fi des accords de MAPUTO II car il est soutenu par les mutins et par la France
- Incapacité de redresser la situation économique et sociale du pays tout en accentuant sa destruction
- Refaire les mêmes erreurs de diktats, de brutalité, de non respect de la démocratie dans la conduite des simples affaires courantes de la nation et dans les fondamentaux de la vie publique : arrestation arbitraire, emprisonnement, violences physiques et tortures, vols et extorsion de fonds, intimidations, interdiction de manifestation d’opposants politiques, interdiction d’accès aux médias publics, tuerie, etc.

LES ERREURS MAJEURES DE RA8
- Diriger un pays comme une entreprise : absence de dialogue, autoritarisme et attitude vexatoire vis-à-vis de ses subordonnés et citoyens.
- Arrogance, méconnaissance de la règle de la démocratie en emprisonnant des personnes sans ménagement après la crise de 2002 et parfois durant ses 7 années de règne, fermeture des stations de radio et de télé (radio don bosco, télé VIVA, radios toamasina, sambava, etc.), absence d’explication, de conférence de presse, de débat contradictoire aux médias publics et au parlement à destination de la population concernant des affaires importantes telles DAEWOO, achat de Air Force II, refus d’adopter une réconciliation nationale après la crise de 2002.
- Mépris de la notion de partage de richesse, de la justice sociale en monopolisant des nombreux secteurs d’activité économique face à une population en grande partie pauvre et nécessiteuse.
- La tuerie à Ambohitsirohitra le 07 février 2009.

LES ERREURS MAJEURES DE ZAFY
- Incompétence économique en cherchant de financement autre que les voies légales et classiques issues du FMI, BM et les bailleurs bilatéraux.
- Attiser la haine anti-m.érina, créer de clivage profond entre m.érina et t.anindrana.
- Incapacité de redresser la situation socio économique du pays.

LES ERREURS MAJEURES DE RATSIRAKA
- Adoption de la voie Marxiste, le socialisme malagasy durant 14 ans (1975-1989) mettant à genoux le pays.
- Destruction de l’environnement économique, social et culturel de Madagascar en sacrifiant toute une génération durant cette période.
- Totalitarisme, mépris de la démocratie, utilisation de méthodes brutales, arbitraires et répressives en tuant des personnalités politiques (Joël Rakotomalala, Sibon Guy, etc.), civiles (Kung Fu, la tuerie du 10 Aout 1991), en emprisonnant des opposants politiques (Monja Jaona, Manandafy, Jaozandry, etc.), en créant une psychose de suspicion dans toute la société.
- Utilisation de l’ethnisme pour mieux s’accrocher au pouvoir et diviser les malagasy entre m.érina et t. anindrana alors que lui même est un métis m.érina.
- Incapacité à redresser la situation socio-économique tout en accaparant les richesses nationales : apparition des 4mi, descente de Madagascar au rang des 10 pays les plus pauvres au monde.
- Retournement de veste sans scrupule faisant perdre sa crédibilité : 1989 en devenant ultra-libéral et en 1996 avec sa république humaniste et écologique

POINT POSITIF DE ANDRY RAJOELINA
- Remise en question d’une gouvernance autoritaire mélangeant affaires publiques et privées.

POINTS POSITIFS DE RA8
- Prémisses d’un développement économique pour Madagascar
- Émergence d’un esprit d’entreprise et d’initiative auprès de la population
- Rejet de la domination et de la tutelle économique et culturelle de la France

POINT POSITIF DE ZAFY
- Naissance d’une démocratie : liberté d’expression et multipartisme

POINT POSITIF DE RATSIRAKA
- Mini résistance face à la tutelle de la France durant ses 7 premières années de pouvoir ???

Est ce que les erreurs vont se répéter ? Y aura-t-il les remises en question ?? A voir !!!!!


Lalatiana vs Ramambazafy-NewsPress … dernier gong

2 septembre 2009

01 Septembre
Suite à quelques dépêches agaçantes et  aberrantes de NewsPress sur Maputo, je voulais reprendre ma petite guéguerre Lalatiana Vs Ramambazafy-NewsPress.

Je me suis dit que développer le sujet sur le blog de Joyandet qui nous offre un espace d’expression était une bonne idée …

Mais … cherchant à compiler de nouvelles preuves,  j’ai eu à vivre, sur les anciennes,  une cruelle frustration : TOUTES les dépêches de Madagate qui étaient auparavant signées

“Jeannot Ramambazafy – Redacteur en chef Madagate – Hat – Correspondant NewsPress”

ne sont plus signées que …

“Jeannot Ramambazafy – Journaliste”  !!!

Aaaarghh et Zut … Il a effacé toutes ses empreintes  !

Y’a eu quelqu’un qui a du se prendre un GROS GROS savon et qui s’est empressé de faire un GROS ménage pour effacer des traces qui faisaient “unpeubeaucoup” désordre dans le paysage  … pas drôle ..

Même si je tire une “certaine satisfaction certaine” de lui avoir peut être un peu pourri  la vie.  Bref …

Dans son article “Lalatiana s’excuse …” – mais comment a t il pu interpréter le papier ci dessus pour des excuses   ??? -  il avait gommé du texte, prétendument reproduit en “honnête” droit de réponse,  le paragraphe de remise en cause  NewsPress & TV5.

Il a du sentir mettre en péril sa position de correspondant  et a du voir arriver un boulet de sa hiérarchie … qui a elle même dû se prendre un (petit) missile de plus haut. Il est clair que ces bêtises risquaient de faire perdre à la HAT et à ses soutiens, un vecteur de propagande international majeur.

Par ailleurs, même si elles restent généralement EXTREMEMENT partisanes (ça du journalisme d’agence ? …  Beeerrk), les dépêches de NewsPress sur Madagascar se sont depuis curieusement édulcorées. Certaines de ces dépêches sont même signées
” La Rédaction
presse@newspress.fr
Jean François Puech
Directeur de la Rédaction”
comme s’il était urgent de cautionner les textes sur Madagascar en question et de redonner une certaine crédibilité à l’information fournie par l’agence …

Une dépêche NP signée “Rolly Mercia, envoyé spécial à Maputo” m’interpelle toutefois. Envoyé spécial de NewsPress ??? je ne crois pas … Mais on reste à marée basse en fait de neutralité et d’objectivité… De Madagate à La Verité … ça évolue pas vraiment …

Ce serait drôle, si ce n’était tragique

(c) Patrick Rakotomalala (lalatiana pitchboule)- 2009


Réferendum constitutionnel …??? manipulation, oui …

25 juillet 2009

A propos de la promesse d’organiser d’ici la fin de l’année un référendum et une présidentielle, promesse arrachée par l’UE … Perte de temps et manipulation primaire … Mais manipulation qui risque d’être efficace …

Faire précéder la présidentielle d’un référendum constitutionnel est une manoeuvre à la ficelle bien grosse.

Je serais surpris que l’argument sur lequel sera bâti le futur référendum constitutionnel ne soit pas exprimé en “voulez vous, grâce à cette constitution, le progrès du pays, la fin des profiteurs, la sécurité, l’emploi et la richesse partagée pour tous … ? “. Il s’agit évidemment d’un plébiscite auquel on souhaite opérer. Sur ce type de message binaire, il y de fortes chances que, comme d’habitude dans ce genre de situation, le oui porté par la propagande du pouvoir en place l’emporte même si ce n’est que d’une voix et même si, sur les centres urbains des hauts plateaux en particulier, un non massif s’exprime qui voudra sanctionner le TGV de son coup d’Etat …

Ce n’est pas pour autant que le pouvoir TGV en tirera malgré un semblant (enfin) de légalité, plus de légitimité …

Et il n’en sera pas plus stable, en ayant ouvert la voix de la rue et le coup d’Etat comme mode d’expression politique. Qu’aura t il comme voie ? Se démettre ? Se résigner à ouvrir et négocier un vrai partage du pouvoir ? Ou mettre en place un régime autoritaire ou dictatorial … Vu le personnage, je laisse les gens imaginer …

Il faudrait que les démocrates épris de légalisme se mobilisent TRES fortement pour contrer cette manoeuvre. Et pas seulement en allant voter, mais aussi en militant, et en oeuvrant pour diffuser l’information et le danger de cautionner un pouvoir mis en place par un hold-up.

Une présidentielle sans référendum (et dieu sait si je déteste le messianisme de la politique malgache) aurait l’avantage de laisser les candidats exposer et débattre d’un projet politique et de laisser le peuple choisir la(les) personne(s) à qui il accordera sa confiance (et non plus de manière binaire : OUI ou NON) pour mener une transition vers la construction d’une nouvelle constitution …

Mais de fait, légalement le Andry ne pourrait pas se présenter … Cruel dilemme !!! Etre ou ne pas être Prézidà !!!!

On n’a pas fini de se battre pour défendre notre vision de la démocratie …


S’écouter … Oui … Un jour peut être :-(

25 juillet 2009

Deux logiques s’opposent, chacune prétendant défendre des valeurs de liberté, de justice, de démocratie. Chacune prétendant s’appuyer sur une légitimité et une représentativité populaire. Chacune cherchant dans les actions et dires du camp opposé les éléments susceptibles d’étayer ses propres convictions. Chacune trouvant dans les faits les interprétations qui iront dans le sens de son schéma de pensée. Chacune ayant les moyens de trouver chez l’autre les arguments de sa colère et de sa révolte. Chacune lisant les arguments de l’autre comme expression d’une mauvaise foi et d’une propagande insupportables.

Ce sont deux systèmes d’interprétation et deux systèmes de valeur qui s’affrontent violemment, la forme d’expression des valeurs des uns blessant les valeurs des autres.

Si on devait arriver véritablement à dialoguer, ce serait dans une démarche de respect mutuel ou chacun devrait dire « J’ACCEPTE TON RESSENTI, TU ACCEPTES MON RESSENTI ». La négation de l’autre qui s’exprime à travers les diktats « POINT BARRE !!! » et autres imprécations ou attaques personnelles ne peut pas aller dans ce sens !

Nous ne nous entendrons pas, sans confiance mutuelle. Mais elle n’est pas là. MOI je ne l’ai plus. JE n’ai pas confiance dans le pouvoir qui s’est mis en place et la doctrine radicale qu’il établit peu à peu (et que les uns adoptent désormais).

Militant convaincu, je me bats depuis 6 mois, pour défendre NOTRE vision et NOTRE lecture des évènements. Je le fais en étant convaincu que nous devons rester debout, par respect de ceux qui ne peuvent pas s’exprimer et qui vivent les mêmes sentiments que nous et en responsabilité vis-à-vis d’eux. Je le fais parce que je suis intimement convaincu qu’une voix qui se lève ce sera peut être une autre voix qui se lèvera aussi, mais qu’une voix qui se tait ce seront 10 voix qui s’éteindront.

C’est donc une vraie LUTTE pour nos idées respectives dont il s’agit. Elle pourrait être respectueuse et démocratique. Elle le sera quand l’agression, l’invective, l’imprécation, l’arbitraire, la délation, l’attaque personnelle systématique et les tentatives de museler les opinions adverses, ne seront plus de mise, pour laisser place au respect.

Bien à vous …


Une (petite) précision … quant à l’engagement de madagoravox …

18 juillet 2009

Je tiens à préciser que, comme beaucoup de blogueurs, je ne suis affilié à aucun parti, à aucun collectif, et en particulier à aucun TIM ou GTT… Si je les rejoins sur certaines idées (le retour à la légalité et à la démocratie) ou certaines initiatives, je ne les rejoins ABSOLUMENT pas sur CERTAINES formes de militantisme que je réprouve totalement. Je préfère l’attitude et le pacifisme respectueux de Ihanta Randriamandranto (qu’on est doucement en train d’oublier) aux vociférations (*) des faucons (qui en seront bientôt des vrais selon mon ami Ndimby) de “l’aile dure” …

Dans le même ordre d’idée je réprouve par ailleurs que certains de mes textes soient intégralement repris et postés sur certains forums du TIM ou d’ailleurs en faisant croire qu’il s’agissait d’un post que j’aurais moi même émis sur les sites en question … Alors, s’il est éminemment flatteur qu’on accorde une certaine valeur à nos écrits, respectez les blogueurs !!! Citez les, référencez les (c’est bon pour nos chiffres d’audience) mais, SVP, ne préjugez ni ne détournez leurs intentions et leur engagement …

Nous nous battons pour défendre des valeurs de vérité, de respect, de justice, de responsabilité, de transparence et de démocratie … ces attitudes nous desservent … (*)

Bien à vous

(*) l’image qu’une télé malgache a pu donner de la manifestation GTT à Bruxelles, du fait des dérapages de certains, a donné une image catastrophique du mouvement. Par respect de ceux qui sont là bas, ce sont des attitudes à bannir. Nous leurs devons notre dignité.


Sommes nous tous des moutons ou des fanatiques…?

11 juillet 2009

L’emprise d’un politique sur son public, quel que soit le système de valeurs sur lequel elle se bâtit – c’est-à-dire que son discours et sa stratégie fassent l’objet d’une inversion de valeurs ou pas – s’appuie TROP SOUVENT sur une vision du monde simplifiée et manichéenne. L’individu est ainsi fait que sa paresse naturelle le poussera naturellement vers le message politique le plus simpliste … C’est là le populisme

Ainsi le discours l’homme politique est il caractérisé par une monstrueuse et scandaleuse hypocrisie : si l’unique finalité de l’action politique n’est que la prise de pouvoir (ou la conservation du pouvoir), l’homme politique ne peut exister qu’en NIANT de manière MORTIFERE son adversaire.

Ceci est d’autant plus grave que, si son projet, faute de moyens et contraint par l’environnement n’offre pas d’alternative, ou si pire encore l’adversaire lui ressemble, la stratégie auquel il se fixe est nécessairement suicidaire. Mais comment peut il en être autrement, s’il doit justifier de son existence même pour prétendre à un minimum de légitimité auprès du public des partisans prêts à le suivre.

… L’enfer est toujours l’autre, la lumière est toujours au dessus de nous …

Mais si le tribun de talent et doté de charisme n’a pas lui-même de vision définie, si son action ne s’appuie sur aucune forme d’éthique que celle de la conquête du pouvoir, et si l’environnement masque sa capacité de nuisance, sa DANGEROSITE est alors EXTREME parce que ses enjeux ne sont pas de faire adhérer les masses à un discours et à des valeurs mais d’endoctriner les masses. Cet endoctrinement s’avère alors crucial pour sa survie politique.

Pour les individus qui se seront ralliés ou identifiés à sa cause et à ses discours, si le monde est tel que l’autorité politique le définit, les actes changent de signification. Dans ce sens, toutes les actions qui s’inscrivent dans le respect du discours deviennent légitimes. Toutes ces actions se caractérisent désormais par la perte du sens de la responsabilité.

Le sens de l’éthique et le sens critique ne disparaissent pas, mais s’adaptent à ce nouveau référentiel. Et la responsabilité ou la notion de responsabilité disparaît au profit de l’appartenance.

On rencontre là un véritable processus d’aliénation qui voit l’individu devenir étranger à lui-même (je ne te reconnais plus…, je ne te comprends plus, …) en perdant sa propre parole pour s’attacher à un référentiel accroché à sa propre angoisse.

A l’exception de ceux qui peuvent, parce que c’est leur métier et leur rôle (d’ailleurs le rôle du VRAI journalisme est là : se documenter, enquêter) peu de citoyens disposent réellement d’éléments consistants sur lesquels fonder leurs choix politiques. Il ne restera aux autres citoyens que l’émotion, l’évaluation spontanée de l’évènement et de l’image pour fonder leur sympathie pour un candidat ou un parti ?

Si les attitudes, les préférences et les comportements socio-politiques des citoyens peuvent résulter de processus rationalisés, ils découleront très souvent de processus émotionnels et affectifs inconscients.

La prise de conscience de ces éléments s’avère fondamentale si on veut sortir de l’hystérie actuelle (*) … Parce qu’il va bien falloir un jour qu’on se parle … et que les partisans « fanatisés » de TGV cohabitent de nouveau avec les partisans « fanatisés » de Ra8.

… pour que vive Madagascar …

Lalatiana Pitchboule

(*) je le redis haut et fort : Je suis un anti HAT/TGV profond et un pro-Ra8 séduit par l’entrepreneur et sa vision, déçu par l’homme. Mais notre intérêt n’est pas de guerroyer à long terme sur la valeur morale de nos engagements respectifs.*


Commonwealth VS Francophonie

11 juillet 2009

Tiré de www.ananzie.net
Commonwealth VS Francophonie. Deux logiques différentes, pour un même combat ?
par Stella Ayoko Dosseh

Tous deux créés après la seconde guerre mondiale, le Commonwealth et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF, renommée par la suite “la Francophonie” ) sont similaires sur de nombreux points, ce qui rend la comparaison entre les deux organisations très tentante : pour n’en citer qu’une, toutes deux rassemblent en grande majorité d’anciennes colonies de Grande-Bretagne, de France et de Belgique. Mais si ces deux organisations sont très similaires en termes d’origine, de valeur et d’objectifs, il n’en est pas de même quant a leurs méthodes, résultats et portée a travers le monde. Voir le lien [...]


Les quartiers pauvres contre la démocratie ? Le cas d’Antananarivo, Madagascar

9 juillet 2009

Un dossier intéressant sur le sentiment démocratique et les populations des quartiers .. Etude de cairn.info …
La crise politique de 2002 a mis en avant l’importance accordée par les Malgaches à la démocratie (Razafindrakoto et Roubaud, 2002). Six mois de mobilisation populaire ont en effet contraint le chef de l’État sortant, Didier Ratsiraka, à reconnaître sa défaite électorale face à l’actuel président, Marc Ravalomanana. Même tumultueuse, la transition démocratique, commencée avec les premiers scrutins réellement libres de 1992-1993, s’est indéniablement poursuivie, renforçant la démocratie : multipartisme, élections régulières, alternance politique, liberté de la presse. Certes, bien des progrès peuvent être encore réalisés. On sait par exemple que le groupe agro-alimentaire Tiko, dirigé par Marc Ravalomanana, a considérablement profité de la position et des décisions politiques de son dirigeant. On peut aussi reprocher à l’actuel chef de l’État de ne pas toujours respecter la procédure législative. On peut encore dénoncer une dérive certaine en matière de restriction de la liberté d’expression [3]. Ces limites indéniables et inquiétantes ne suffisent cependant pas à discréditer le caractère démocratique du régime. Le simple fait qu’elles puissent être énoncées librement dans la presse du pays en est une preuve. On sait d’ailleurs que les démocraties historiques n’échappent pas elles-mêmes à des critiques équivalentes, comme le montre l’exemple de l’Italie. Une enquête récente révèle d’ailleurs que les Malgaches sont largement convaincus que le respect des principes démocratiques est en progrès dans le pays (Razafindrakoto et al., 2005a). lire la suite [...]